Quelques arpents de vigne

Publié le 29/11/2008 à 00:00

Quelques arpents de vigne

Publié le 29/11/2008 à 00:00

Par Pierre Théroux

Au nord d'Israël, entre les versants du mont Hermon et le lac de Tibériade, se trouve l'une des régions les plus faiblement peuplées de l'État hébreu.

Mais c'est ici, sur les hauteurs du plateau du Golan, que sont établis certains des vignobles les plus réputés d'Israël. On y trouve des sols favorables, mais aussi l'altitude et des variations de température qui ont permis aux vins israéliens de mûrir et d'acquérir ces dernières années une bien meilleure réputation.

Comme ceux produits par Golan Heights Winery, l'un des cinq principaux producteurs israéliens, dont les appellations Yarden, Gamla et Golan sont connues et exportées dans une vingtaine de pays.

La région compte aussi de plus petits domaines, tel le Château Golan, qui propose aussi des vins de qualité mais en plus petite quantité.

" Nous voulons accroître notre production tout en restant artisanaux. Nous ne visons pas à devenir un grand producteur ", dit Or Bar-Yamin, responsable des événements spéciaux au Château Golan dont l'exploitation s'étend sur 27 hectares.

Lors de ses premières vendanges en 1999, Château Golan a produit quelque 7 000 bouteilles. Aujourd'hui, le vignoble en produit environ 75 000 annuellement, principalement des cabernet sauvignon, merlot, syrah et sauvignon blanc.

L'établissement souhaite hausser ce nombre à plus de 100 000 bouteilles et " explorer les marchés étrangers ", souligne Mme Bar-Yamin.

Le nouvel... ancien pays viticole !

La culture de la vigne en Israël remonte aux temps bibliques : la région, dit-on, fut l'une des premières productrices de vin. On attribue même le statut de premier vigneron à Noé, qui planta un cep dès la fin du déluge. C'est quand même en Galilée, faut-il le rappeler, que Jésus fit son premier miracle en changeant l'eau en vin !

L'industrie vinicole israélienne commença à se développer véritablement à la fin du 19e siècle. En 1882, le baron Edmond de Rothschild a aidé les pionniers juifs à s'y établir en leur offrant des cépages de son Château Lafite de Bordeaux.

La coopérative vigneronne créée par le baron de Rothschild sera cédée en 1906 à ses exploitants. Elle deviendra la société Carmel Mizrahi, l'un des vignobles les plus prospères d'Israël, qui contrôlait encore récemment jusqu'à 90 % du marché. Aujourd'hui, Carmel accapare environ 50 % du marché.

Il a fallu toutefois attendre un siècle avant de voir le vin israélien gagner ses lettres de noblesse. " Longtemps, le vin israélien n'a pas eu une très bonne réputation ", dit Gad Elbaz, président de l'agence de vins et spiritueux IsraVin, fondée à Montréal il y a trois ans.

Les vins étaient surtout appréciés en Israël et par les communautés juives à l'étranger, parce qu'ils étaient cachers et répondaient à des besoins religieux, dit M. Elbaz.

Changement de cap

Cela a changé sous l'impulsion d'un oenologue américain qui, lors d'une visite au Golan vers la fin des années 1970, a découvert une région dotée des attributs nécessaires à la production de grands vins.

Golan Heights Winery, un regroupement de coopératives agricoles de la région, fut le premier établissement à faire pousser des vignes sur les hauteurs du Golan. Ses premiers vins, en 1984, allaient confirmer ce potentiel et amorcer ce que plusieurs experts appellent désormais la révolution vinicole israélienne.

Dans les années qui ont suivi, plusieurs cépages légers, sucrés et en majorité blancs, ont été remplacés par d'autres considérés comme plus nobles (cabernet sauvignon, merlot, sauvignon blanc, chardonnay) et mieux adaptés. Aussi, le nombre de producteurs de vin a augmenté et plusieurs jeunes vignerons israéliens ont perfectionné leurs connaissances auprès de spécialistes.

Le vinificateur du Château Golan, Uri Hetz, a par exemple " complété sa formation dans un vignoble de la vallée californienne de Napa avant de se joindre à nous en 2001 ", souligne Or Bar-Yamin.

Aujourd'hui, le vin israélien est " reconnu comme un vin de qualité et a fait sa marque dans la catégorie des vins dits du nouveau monde, aux côtés des vins chiliens ou australiens ", note Gad Elbaz, en précisant qu'Israël ne produit pas seulement des vins cachers.

Des vins israéliens sont désormais cités dans des publications spécialisées telles que Wine Spectator et Decanter en plus de recevoir de très bonnes cotes de réputés critiques de vins comme Robert Parker.

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