PharmAfrican et le triple rendement : économique, environnemental, et social

Publié le 13/11/2008 à 12:07

PharmAfrican et le triple rendement : économique, environnemental, et social

Publié le 13/11/2008 à 12:07

Par lesaffaires.com
Malgré la guerre qui fait rage dans le nord du pays, tout ne va pas mal, dans la République démocratique du Congo. Dans le sud, des entrepreneurs congolais entreprennent une formation au bout de laquelle ils pourront fonder leur propre entreprise de culture et de commerce de plantes médicinales, un produit que les compagnies pharmaceutiques prisent de plus en plus. Ce projet ambitieux a germé dans la tête de la Québécoise Carole Robert, une diplômée de HEC Montréal qui possède une vaste expérience en matière d'exportation. Son approche fait figure d'exception au Québec, même si elle existe déjà  ailleurs. Son entreprise porte deux noms : PharmAfrican et Fondation BDA. PharmAfrican recherche la rentabilité, tandis que le Fondation est un organisme à  but non lucratif voué au développement des compétences des entrepreneurs congolais. À terme, PharmAfrican, biopharmaceutique fondée à  Montréal en 2006, sera un client des producteurs congolais de plantes médicinales qui auront été formés grâce à  la Fondation Biotechnologie pour le développement durable en Afrique (BDA). Carole Robert est convaincue que les plantes médicinales sont promues à  un bel avenir. "Nous sommes arrivés au bout des découvertes de molécules synthétiques. Il faut compter environ un milliard de dollars pour développer un médicament. Les brevets des compagnies viennent à  échéances. Bref, l'industrie pharmaceutique est en crise." D'o๠viendront les médicaments du futur ? "Il faudra retourner à  la nature", dit la femme d'affaires. C'est dans ce contexte qu'en 2003, l'Organisation mondiale de la santé a publié les "Directives OMS sur les bonnes pratiques agricoles et les bonnes pratiques de récolte (BPAR) relatives aux plantes médicinales". Ces directives fournissent ainsi un sceau de crédibilité applicable sur la production des plantes médicinales qui s'y conforment. Dans la nature, les plantes ne donnent pas un rendement uniforme. Ce rendement est affecté par les conditions climatiques et météorologiques, par exemple. Les entrepreneurs formés par la Fondation BDA apprendront à  cultiver les plantes médicinales dans un environnement contrôlé, de sorte que chaque lot sera semblable aux autres. Preuve que les plantes médicinales reprennent leurs droits : les médicaments botaniques sont maintenant reconnus par la Food and Drug Administration américaine comme étant des médicaments d'ordonnance uniques. À partir des plants cultivées, PharmAfrican produira également de la nourriture fonctionnelle, c'est-à -dire une nourriture riche en valeur nutritive, pour laquelle il y a déjà  des acheteurs. Ces ventes assureront des revenus en attendant la commercialisation des médicaments botanique, pour lesquels PharmAfrican est prête à  déposer quelques brevets, explique Bernard Colas, avocat chez Gottlieb & Pearson et membre du conseil d'administration de la Fondation BDA. Un incubateur entrepreneurial agricole La fondation BDA supporte la coopération scientifique, le transfert de technologies et la formation en biotechnologie et en techniques bio-agricoles qui permettront aux producteurs africains de rencontrer les conditions et les standards de l'industrie biopharmaceutique. Le potentiel de production et de commercialisation est énorme : la zone subsaharienne du continent africain possède à  elle seule 60 000 espèces de plantes représentant 25 % de la totalité des espèces de la planète. Pourtant, seulement 83 des 1 100 espèces commercialisées dans le monde sont d'origine africaine. Par ailleurs, PharmAfrican et la fondation BDA travaillent en collaboration avec la World Wildlife Fund (WWF) pour protéger l'environnement et la biodiversité de la forêt tropicale. Le triple rendement La collaboration PharmAfrican-BDA est conà§ue selon un modèle entrepreneurial qui permet de rencontrer des objectifs financiers tout en intégrant des valeurs sociales et environnementales. L'approche intégrée vise le triple rendement (triple bottom line) : économique, social et environnemental. Le projet de Carole Robert suscite de l'intérêt. Le 8 novembre dernier, elle était invitée à  participer à  l'atelier "Révolution verte 2.5 : de la crise à  la convergence dans l'agriculture, l'agroalimentaire et la santé" organisé par le Groupe de réflexion Défi intégration santé de l'Université McGill, et parrainé par la fondation Bill et Melinda Gates. En octobre, PharmAfrican a remporté le concours Innovation PME, lors du 3e Sommet des professionnels de l'exportation. Son modèle d'affaires a été présenté lors de la conférence "Les affaires et le développement", organisé par le Conseil canadien pour l'Afrique, en septembre dernier. "Mon discours n'a pourtant aucune résonance, au Québec !" déplore-t-elle. "Pourtant, ailleurs, ce modèle d'affaires basé sur le triple rendement est bien connu. Par exemple, ces entreprises ont leur place à  la Bourse de Londres et elles sont présentes au Forum de Davos." L'entrepreneure a tout de même su convaincre pas mal de joueurs : parmi les partenaires de la Fondation BDA, on trouve Wyeth, l'Université de Montréal, Algorithme Pharma, la Fondation internationale Roncalli, la Fondation Prince Albert de Monaco, Terre sans frontière, l'Institut Supérieur Agro-Vétérinaire de Kinshasa, Lundin for Africa et l'Association for African Medicinal Plants Standards (AAMPS). Carole Robert mène actuellement sa deuxième ronde de financement. Les cours aux entrepreneurs africains ont commencé la semaine dernière. La femme d'affaires estime que PharmAfrican sera profitable dans trois ans. Histoire à  suivre… Pour aller plus loin : http://www.bdafoundation.org/ http://www.actavista.fr/spip.php?rubrique10

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