Pétrole: début du sommet OPEP+, le cartel tenté de figer sa production

Publié le 02/12/2021 à 09:09

Pétrole: début du sommet OPEP+, le cartel tenté de figer sa production

Publié le 02/12/2021 à 09:09

Par AFP

Le groupe de 23 membres, emmené par l'Arabie saoudite et la Russie, a deux options sur la table: augmenter en janvier sa cible d'offre de 400 000 barils par jour, comme c'est le cas chaque mois depuis mai, ou la maintenir inchangée par rapport à décembre, à 40 millions de barils quotidiens. (Photo: 123RF)

Londres — Les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs alliés ont entamé jeudi leurs discussions pour décider de leurs volumes de production du début d'année prochaine qui, à cause du variant Omicron, pourraient rester constants.

Le sommet de l'OPEP+, qui se tient par visioconférence, a commencé aux alentours de 8h15, heure du Québec (14h15 à Vienne, siège social du cartel), a indiqué une source proche de l'Organisation à l'AFP.

Le groupe de 23 membres, emmené par l'Arabie saoudite et la Russie, a deux options sur la table: augmenter en janvier sa cible d'offre de 400 000 barils par jour, comme c'est le cas chaque mois depuis mai, ou la maintenir inchangée par rapport à décembre, à 40 millions de barils quotidiens.

Si la première piste a longtemps eu les faveurs des observateurs de marché, de nombreux analystes parient désormais sur la deuxième après la détection du nouveau variant de la COVID-19, dont on ne connaît pas encore la dangerosité.

Cette hypothèse «est de plus en plus attendue», souligne Neil Wilson, de Markets.com.

Car les restrictions sanitaires mises en place pour contrer sa propagation, qui se multiplient à travers le monde, pourraient fortement grever la demande mondiale de brut, de l'ordre de 3 millions de barils par jour au premier trimestre 2022 selon les analystes de Rystad.

«L'OPEP+ serait bien inspirée de tenir compte de ce scénario (…) avant d'augmenter sa production en janvier», souligne Carsten Fritsch, de Commerzbank.

 

Incertitudes

Ce serait la première pause dans la stratégie de réouverture graduelle des vannes entamée au printemps par l'OPEP+, à la faveur de la reprise de la demande après la débâcle de la pandémie.

Si les analystes sont unanimes, les responsables de l'alliance n'ont cependant pas donné beaucoup d'indices à même de certifier que l'issue du sommet est jouée d'avance. 

«Dans cette période incertaine, il est impératif de rester prudents dans notre approche et de nous tenir prêts à réagir aux conditions du marché», a commenté le ministre angolais Diamantino Azevedo.

En marge d'une réunion technique mercredi soir, le secrétaire général du cartel Mohammed Barkindo a évoqué «des progrès en matière de reprise économique mondiale», mais il a insisté «sur la nécessité de rester attentif aux incertitudes et aux conditions changeantes (du marché), dont le nouveau variant», rapporte l'OPEP dans un communiqué.

L'alliance doit aussi composer avec le possible retour en grâce de l'Iran, maintes fois évoqué, mais toujours repoussé.

Le producteur historique de l'OPEP est écarté du marché depuis la dénonciation en 2018 par Donald Trump de l'accord de 2015 sur le nucléaire, censé empêcher Téhéran de se doter de l'arme atomique.

Le ministre iranien des Affaires étrangères a estimé jeudi qu'un accord sur son programme nucléaire était «à portée de main», estimant «sérieux» les pourparlers qui ont repris en début de semaine à Vienne.

 

Sourde oreille

Un maintien des quotas actuels irait par ailleurs à l'encontre des souhaits de Washington, qui appelle le cartel, de concert avec d'autres consommateurs de premier rang, à ouvrir davantage les vannes.

Devant l'absence de réaction des 23, les États-Unis, rejoints par la Chine, l'Inde ou le Japon, ont même annoncé puiser dans leurs propres réserves stratégiques afin d'augmenter temporairement l'offre et de calmer la flambée des cours du brut, par crainte qu'elle pèse sur la reprise économique.

Cette «initiative majeure», selon le président américain Joe Biden, concerne au total entre 65 et 80 millions de barils selon les estimations des analystes, dont 50 millions pour les seuls États-Unis.

Le maintien de son objectif de production par l'OPEP+ serait également une fin de non-recevoir envoyée à l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Son directeur Fatih Birol formulait mardi le souhait que les membres de l'OPEP «poursuivent leurs politiques actuelles, qu'ils continuent d'accroître leur production».

Les cours des deux références du brut, le WTI américain et le Brent de mer du Nord, étaient près de l'équilibre jeudi à 8h30, heure du Québec, à respectivement 66 et 69 dollars américains le baril.

Ils ont perdu environ 15% depuis jeudi dernier.

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