Ottawa trop optimiste envers l'hydrogène, juge le commissaire à l'environnement

Publié le 26/04/2022 à 10:39

Ottawa trop optimiste envers l'hydrogène, juge le commissaire à l'environnement

Publié le 26/04/2022 à 10:39

Par La Presse Canadienne

L’équipe du commissaire à l’environnement, Jerry DeMarco, s’est penchée sur les chiffres avancés par le ministère des Ressources naturelles pour estimer le potentiel de l’hydrogène afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. (Photo: La Presse Canadienne)

Ottawa — Le gouvernement fédéral a surestimé l’apport que pourrait jouer l’hydrogène dans l’atteinte des cibles climatiques du Canada en se basant sur des «hypothèses irréalistes», conclut le commissaire à l’environnement.

«À notre avis, ces hypothèses sont trop optimistes et pourraient compromettre l’atteinte des objectifs de la Stratégie canadienne pour l’hydrogène», peut-on lire dans un rapport publié mardi par son bureau.

«Des modélisations judicieuses sont requises pour réussir à changer la trajectoire des émissions de gaz à effet de serre du Canada», insiste-t-on en soulignant que ces dernières ont augmenté au cours des dernières années malgré l’objectif d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050.

L’équipe du commissaire à l’environnement, Jerry DeMarco, s’est penchée sur les chiffres avancés par le ministère des Ressources naturelles pour estimer le potentiel de l’hydrogène afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Le rapport souligne que selon un «scénario transformateur», Ressources naturelles Canada a évalué que le recours à l’hydrogène pourrait permettre une réduction allant jusqu’à 15%, mais que le ministère a écarté des données moins optimistes.

«Nous avons constaté que dans l’un de ses rapports sur les demandes croissantes en hydrogène, Ressources naturelles Canada estimait qu’en 2030, l’hydrogène ne représenterait que 0,5% de la cible de 2030 et 5,5% de la cible de 2040. Le ministère n’a pas trouvé cette projection attrayante et a choisi d’adopter des chiffres plus ambitieux dans la modélisation de la Stratégie canadienne pour l’hydrogène», indique-t-on.

Qui plus est, les auteurs déplorent que le «scénario transformateur» mis de l’avant par Ressources naturelles Canada repose notamment sur des «politiques audacieuses et parfois inexistantes» dont il présumait l’adoption.

L’équipe du commissaire a aussi relevé que plusieurs coûts associés à la production d’hydrogène n’ont pas été pris en compte. En effet, on note que Ressources naturelles Canada a «supposé un prix de l’électricité très faible dans l’ensemble des provinces» et a négligé des coûts reliés aux infrastructures nécessaires.

Le rapport, qui fait partie d’une série de cinq audits déposés mardi, recommande à Ottawa de retourner à la table à dessin en effectuant une modélisation qui prend notamment en compte la réduction d’émissions par secteur et le «déploiement réalisable des technologies et des infrastructures de soutien».

 

Lacunes dans la tarification du carbone

Dans un autre audit, le bureau du commissaire à l’environnement identifie des lacunes dans la tarification du carbone d’un bout à l’autre du pays. Par exemple, les auteurs évaluent que les critères fédéraux à l’égard des programmes provinciaux visant les grands émetteurs sont «peu contraignants».

«Environnement et Changement climatique Canada a déterminé que les programmes provinciaux étaient suffisamment rigoureux dans la mesure où les évaluations laissaient clairement présager que la mise en œuvre des programmes n’entraînerait pas plus d’émissions qu’un scénario sans système de tarification», peut-on lire.

Des faiblesses seront corrigées par une mise à jour pour 2023 à 2030 qui a été annoncée, mais les experts jugent ces améliorations insuffisantes.

«Les provinces et territoires continueront de pouvoir adapter les normes de rendement à leur propre situation, sans être tenues d’égaler le niveau d’efficacité du programme fédéral ou de répondre à une norme de rendement minimale. Les spécialistes ont aussi souligné le fait que la mise à jour du modèle fédéral n’avait pas traité adéquatement la question des normes de rendement faible.»

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