60 secondes avec : Émile Roux, directeur général de la Société de développement social de Ville-Marie

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Août 2015

60 secondes avec : Émile Roux, directeur général de la Société de développement social de Ville-Marie

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Août 2015

Par Matthieu Charest

«On a tous un rôle à jouer pour réintégrer les itinérants, les entreprises aussi» - Émile Roux, directeur général de la Société de développement social de Ville-Marie.

Vous revenez de Chicago, où vous avez assisté au lancement de l'initiative 100 000 Opportunities. Pourquoi était-ce important d'y être et qu'y avez-vous appris ?

Il y a trois ans, Starbucks a lancé un programme afin de créer 10 000 occasions (des stages, des emplois ou de la formation) pour les jeunes de 16 à 24 ans en situation précaire. Puis, le pdg de la chaîne, Howard Schultz, a convaincu d'autres chefs d'entreprise de se joindre à lui [comme Wal-Mart, Target et Microsoft], et l'objectif est passé à 100 000. Je suis donc allé voir comment ça se passe aux États-Unis, puisque nous voulons reproduire leur modèle à Montréal, mais sans restriction d'âge. Nous voulons atteindre 1 000 contrats de travail d'ici 2018, soit environ 50 % de plus que ce que nous faisons actuellement. D'ailleurs, nous avons été choisis par Starbucks pour nous occuper de leur programme de réinsertion dans la région de Montréal, pendant deux ans. Pour nous, c'est un contrat majeur. Nous allons commencer dès septembre, et nous voulons profiter de l'impulsion pour en faire le maximum, pour intéresser le plus d'entreprises possible, peu importe leur taille.

Quel intérêt cela représente-t-il pour une entreprise de participer à un tel programme ?

Il y a des retombées positives pour leur image de marque. Mais il n'y a pas que ça. Les avantages d'un programme de responsabilité sociale se font même sentir à l'interne. Ça permet aux employés de se rendre compte qu'ils ont un impact sur leur société. Et il faut briser la perception selon laquelle on ne peut pas réinsérer certains itinérants. Ce n'est pas vrai. La plupart veulent travailler, et on a tous un rôle à jouer pour les réintégrer, les entreprises aussi. Surtout dans un contexte d'austérité, la solution, c'est que le privé joue un rôle. Mais les entreprises ne sont pas seules, nous allons les accompagner et leur présenter de bons partenaires pour y arriver. Avec Starbucks, par exemple, nous avons commencé par organiser une journée de bénévolat avec une cinquantaine de personnes. Ça nous a permis d'aller plus loin avec eux. Je dis toujours aux entreprises : «Commencez par un candidat. On va y aller une étape à la fois». Et ça fonctionne très bien.

Quels sont vos projets à court et moyen terme ?

En novembre, nous voulons lancer une agence d'emploi sur le Web pour les sans-abri ou les gens éloignés du marché du travail. Il y a toute une tranche de la population qui n'est pas visible dans les réseaux traditionnels, et en leur créant un profil en ligne, ça facilite grandement la recherche d'emploi. Comme aux États-Unis, il faut que nous réunissions une grande coalition, les gouvernements, les entreprises et les OBNL, autour d'une table afin de créer des occasions. La meilleure façon de sortir les gens de l'itinérance ou de la pauvreté, c'est par l'emploi et la formation.

Émile Roux, directeur général de la Société de développement social de Ville-Marie

Globe-trotter, Émile Roux a pris la direction de la Société de développement social de Ville-Marie en avril 2015. Cet organisme se définit comme le «premier courtier en valeurs sociales en Amérique du Nord». Sa mission : agir en tant qu'intermédiaire entre les entreprises privées et les programmes de réinsertion, en trouvant des emplois, des stages et des formations aux personnes en situation d'itinérance ou éloignées du marché du travail.

À la une

Comprendre l'impact d'une hausse des taux d'intérêt

BLOGUE INVITÉ. L’évaluation de tout actif financier est tributaire des taux d'intérêt.

Le G20 relance le chantier d'une taxation des géants du numérique

15:01 | AFP

Washington renonce à une condition posée fin 2019 par l’administration Trump.

Accès aux poteaux de Bell: Legault doit intervenir selon Québecor

Bell doit faire connaître ses commentaires plus tard aujourd’hui.