Michael Sabia, un agent de changement

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Avril 2015

Michael Sabia, un agent de changement

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Édition du 11 Avril 2015

Par Les Affaires

Michael Sabia. [Photo: Jérôme Lavallée]

La nomination de Michael Sabia à la tête de la Caisse de dépôt et placement du Québec en mars 2009 avait déclenché une levée de boucliers au sein du Québec inc. et de la classe politique. Son mandat de cinq ans a été renouvelé sans problème en 2013, et le retour en force de la Caisse de dépôt depuis la crise financière de 2008 est salué par les analystes. Portrait d'un bourreau de travail.

*Écrit en collaboration avec François Normand, Antoine Letellier, Matthieu Charest et René Vézina.

Québec, vendredi 13 mars 2009. Le gouvernement libéral de Jean Charest crée une onde de choc : il nomme Michael Sabia, l'ancien patron de BCE, au poste de président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Un Ontarien à la tête du bas de laine des Québécois, c'est du jamais vu depuis sa création en 1965.

L'institution souffre alors des impacts de la crise financière de 2008, et aucun des membres du conseil d'administration n'a vu son mandat renouvelé. Trois semaines avant la nomination du nouveau patron, le 25 février, la Caisse déclarait un rendement négatif de 25,1 % pour l'exercice 2008, la pire performance de son histoire, bien inférieure à la médiane des caisses de retraite canadiennes (- 18,4 %). De plus, la Caisse est au coeur du fiasco du papier commercial adossé à des actifs (PCAA) qu'elle détenait avant la crise financière de 2008. Pour éponger cette perte, la Caisse a dû passer une charge (des moins-values non matérialisées) totalisant 5,9 milliards de dollars.

Michael Sabia prend donc la barre de la Caisse en pleine tempête, ce qui explique sans doute en partie pourquoi il a renoncé à son arrivée aux augmentations salariales annuelles et au régime de retraite. Son principal mandat à la tête de l'institution ? Récupérer les 39,8 G$ que la Caisse a perdus en 2008. Ce qu'il réussit à faire au cours de l'exercice 2011 (au 30 juin), année où l'actif net sous gestion s'établit à 158 G$. Avant la crise, il s'élevait à 155,1 G$.

«Aujourd'hui, les Québécois sont rassurés. Les résultats et la constance des rendements le démontrent. Michael Sabia a livré la paix», dit Diane Lemieux, ancienne députée péquiste et directrice générale de la Commission de la construction du Québec, nommée au conseil d'administration de la Caisse en 2014.

Pourtant, lors de sa nomination en 2009, les détracteurs de Michael Sabia sont nombreux au Québec. Jean-Martin Aussant, un député du Parti québécois ayant oeuvré en finance (il fondera plus tard Option nationale), met en doute ses compétences. «Michael Sabia ne possède ni expérience en gestion des investissements ni expérience en gestion du risque, ce qui va être très nécessaire à la Caisse dans son redressement.» L'ancien premier ministre Bernard Landry parle pour sa part d'une «provocation» du gouvernement Charest.

Chargée de recruter le nouveau patron de la Caisse, la ministre des Finances du Québec de l'époque, Monique Jérôme-Forget, affirme aujourd'hui que Michael Sabia était la personne toute désignée pour prendre les rênes de l'institution, en raison de son «intelligence», de ses «valeurs» et de ses «convictions».

À l'époque, Egon Zehnder International, un chasseur de têtes, soumet au gouvernement une vingtaine de noms. Cette liste passe rapidement à 5 candidats, puis à 3. Mais Monique Jérôme-Forget ne rencontre que Michael Sabia.

«À un moment donné, on se fait une idée de ce qu'on veut. Aussi, quand j'ai rencontré Michael, je savais que j'avais le bon candidat», dit celle qui est aujourd'hui conseillère au cabinet d'avocats Osler.

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