Les travailleurs sont confrontés à l'épuisement professionnel avec la pandémie

Publié le 30/11/2021 à 13:26

Les travailleurs sont confrontés à l'épuisement professionnel avec la pandémie

Publié le 30/11/2021 à 13:26

Par La Presse Canadienne

Les trois principales raisons de l’épuisement professionnel étaient une charge de travail accrue, une rémunération insuffisante et des problèmes de santé mentale. (Photo: La Presse Canadienne)

Plusieurs travailleurs canadiens ont subi un épuisement professionnel pendant la pandémie, ce qui a convaincu au moins 20 % d’entre eux de se mettre à la recherche d’un nouvel emploi, indique un nouveau rapport.

Selon le document de la société de logiciels de ressources humaines Ceridian, 84% des 1304 travailleurs canadiens interrogés par Hanover Research le mois dernier se sont sentis épuisés au cours des deux dernières années.

Les chiffres ont été extrapolés à partir d’une enquête menée auprès de 6898 personnes travaillant dans des entreprises d’au moins 100 employés en Australie, au Canada, en Allemagne, en Nouvelle-Zélande, à Singapour, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Parmi tous les répondants, le taux d’épuisement professionnel était d’environ 81%, et au moins 34% des Canadiens interrogés ont décrit leur niveau d’épuisement professionnel comme élevé ou extrême.

«Les gens travaillent des heures insensées» a souligné le vice-président de l’acquisition de talents à l’échelle mondiale chez Ceridian, Steve Knox.

«Nous nous engageons tous dans deux ou trois heures de travail supplémentaires chaque jour et cela amène simplement les gens à vraiment tout remettre en question, et cette guerre continue de s’intensifier jour après jour.»

Les remarques de M. Knox et le sondage de Ceridian surviennent alors que les Canadiens ont traversé près de deux années de pandémie, ce qui a convaincu plusieurs travailleurs à repenser leur carrière, leurs besoins familiaux et leurs ambitions professionnelles.

Beaucoup ont utilisé la pandémie pour rechercher des emplois qu’ils peuvent accomplir depuis leur domicile, à distance ou avec la flexibilité dont ils ont besoin pour s’occuper d’enfants ou d’autres proches.

D’autres ont commencé à chercher un nouvel emploi parce qu’ils veulent des salaires plus élevés qui tiennent mieux compte de leur charge de travail ou qu’ils veulent un travail qui leur procure moins de stress.

M. Knox croit que ces gens étaient épuisés avant la pandémie, mais que la COVID-19 a exacerbé ces sentiments.

«Vous êtes toujours connecté, vous êtes toujours disponible, vous vérifiez toujours les messages et il semble y avoir un manque de respect pour le week-end», a-t-il noté.

«Je ne pense pas que nous ayons vu cela au même degré avant la pandémie.»

Le sondage de Ceridian a révélé que les trois principales raisons de l’épuisement professionnel chez les répondants canadiens étaient une charge de travail accrue, une rémunération insuffisante et des problèmes de santé mentale.

Environ 21% des répondants ont déclaré que l’épuisement professionnel les poussait à chercher un nouvel emploi et 39% ont affirmé qu’ils envisageraient de quitter leur employeur actuel si une bonne occasion se présentait.

Environ 45% de ceux qui ont dit être à la recherche d’un nouvel emploi ont précisé que c’était parce qu’ils voulaient une meilleure rémunération, notamment un salaire et des avantages sociaux plus élevés.

Un autre 38% a attribué la recherche d’un nouvel emploi à l’absence d’occasion de croissance.

Ceux qui recherchent un nouvel emploi veulent surtout voir les employeurs offrir « des soins et une attention personnels», a affirmé M. Knox.

«Les gens, à cause de la pandémie, ne s’occupent pas seulement des enfants, mais dans certains cas, des parents âgés, et trouvent que cela fait beaucoup», a-t-il indiqué.

«Alors ils veulent travailler pour un endroit où ils trouvent cet équilibre.»

M. Knox a vu les salaires augmenter et les travailleurs exiger une meilleure rémunération pendant la pandémie, et il observe que de nombreux chercheurs d’emploi sont à la recherche d’un nouvel employeur parce qu’ils veulent que leur temps et leur vie personnelle soient valorisés et respectés.

«Plutôt que tous ces types d’avantages que nous aurions vus auparavant, je pense que les gens recherchent vraiment (un emploi où) on s’occupe d’eux», a-t-il affirmé.

 

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