Les participants à l'économie circulaire sont plus riches qu'ils ne le croient

Offert par Les Affaires


Édition du 05 Octobre 2019

Les participants à l'économie circulaire sont plus riches qu'ils ne le croient

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Édition du 05 Octobre 2019

Par Laura O'Laughlin

Environ 80 % des consommateurs québécois participent à l’économie de seconde main. Cette économie secondaire ou circulaire comprend toutes transactions d’articles d’occasion, qu’ils soient achetés, vendus, loués, échangés ou donnés. (Photo: 123RF)

MACROÉCONOMIE. L'un des concepts les plus durables de l'économie moderne est peut-être celui du PIB - où la richesse des pays (et de leurs provinces) est mesurée par ce qui y est produit. Le PIB n'est pas sans erreur de calcul. Son inventeur, Kuznets, connaissait bien ses limites, notant que cette mesure ne tenait aucunement compte du bien-être. Les coûts de destruction de l'environnement sont également exclus de ce calcul ; la production qui pollue et celle qui ne pollue pas sont traitées de la même manière.

Le modèle linéaire de création de valeur commence par l'extraction et aboutit aux poubelles, maximisant ainsi la contribution du producteur au PIB. Les entreprises qui s'attendent à ce que leurs clients abandonnent constamment des biens et en achètent de nouveaux ignorent toutefois un changement radical dans l'attitude des consommateurs, et ce, à leurs risques et périls. Compte tenu des gains potentiels en matière de richesse et de bien-être que procure une économie circulaire, les consommateurs ont commencé à privilégier des méthodes d'acquisition moins linéaires. Des ouvrages récents, tels que En as-tu vraiment besoin ? et La Magie du rangement ainsi que la sensibilisation accrue à l'environnement n'ont pas seulement incité les consommateurs à reconsidérer leurs besoins, ils ont également changé la façon dont ceux-ci considèrent leurs options: où et quand acheter, et même décider s'ils achètent ou non.

Plutôt que d'acheter du neuf, environ 80 % des consommateurs québécois participent à l'économie de seconde main. Cette économie secondaire ou circulaire comprend toutes transactions d'articles d'occasion, qu'ils soient achetés, vendus, loués, échangés ou donnés. Bien que certains acteurs du marché donnent simplement ce qu'ils ont à leurs magasins d'épargne locaux, d'autres passent plutôt par des plateformes web telles que Kijiji et Facebook Marketplace, qui facilitent les transactions entre homologues. Les sites de commerce électronique tels que ThredUp (basé aux États-Unis, mais également accessible au Canada) présentent des transactions entièrement numérisées dans l'économie d'occasion, offrant ainsi une expérience de magasinage d'occasion en ligne qui ressemble beaucoup à de l'achat neuf. Grâce à l'automatisation, aux applications et aux mises à jour constantes, ThredUp est en mesure d'ajouter jusqu'à 30 000 articles par jour à son site, soit 150 fois plus que le roi de la mode rapide H&M.

Sur la base des données disponibles, l'économie de seconde main et circulaire semble prête à connaître une croissance massive malgré les difficultés pour la comprendre. L'indice d'économie d'occasion de Kijiji estime la valeur des transactions d'occasion au Canada à 28,5 milliards de dollars. Pourtant, seule une partie de ce montant est comptabilisée dans le PIB du pays, car ce dernier exclut une grande partie des transactions de seconde main, précisément parce que ces transactions sont effectuées à petite échelle, entre particuliers plutôt que par le biais d'une entreprise. Même dans ce cas, les achats d'économie de seconde main peuvent représenter une source de revenus substantielle pour les participants au marché, car ils rapportent en moyenne 440 $ par année aux vendeurs du Québec.

Bien entendu, l'économie circulaire pourrait se développer encore plus rapidement si la comptabilité économique tenait les organisations responsables des pertes et du gaspillage inhérents à un modèle de production linéaire. Néanmoins, même sans modifier la façon dont les économistes mesurent la croissance, il existe des avantages évidents pour les entreprises et les consommateurs qui produisent, achètent, vendent, revendent et font des dons en gardant à l'esprit la circularité. Même si le PIB ne représente pas (encore) la richesse créée par la durabilité, les consommateurs et les producteurs bénéficient de manière tangible de la richesse créée par la consommation circulaire durable. Par conséquent, les participants à l'économie circulaire sont presque certainement plus riches qu'ils ne le pensent.

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EXPERTE INVITÉE
Laura O'Laughlin est vice-présidente au cabinet de consultation Groupe d'analyse. Elle est aussi fondatrice de l'Institut des générations, un organisme sans but lucratif qui s'intéresse à l'équité entre les générations.


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