Les marchés publics forcés de se moderniser face à la pandémie

Publié le 24/04/2020 à 11:43

Les marchés publics forcés de se moderniser face à la pandémie

Publié le 24/04/2020 à 11:43

Par La Presse Canadienne
Une dame qui vend des laitues dans un marché public

(Photo: La Presse canadienne)

Les marchés publics canadiens, qui misent habituellement sur les importantes foules qui paient comptant l’achat des produits locaux, semblent particulièrement vulnérables en ces temps de distanciation sociale.

Mais ceux qui gravitent dans cette industrie assurent que les affaires sont étonnamment florissantes, alors qu’ils misent sur leur créativité afin de maintenir leur rentabilité en ces temps incertains et croient même pouvoir moderniser leurs manières de faire pour l’avenir.

L’un d’entre eux, Dave Kranenburg, dit même qu’il n’a jamais été aussi occupé en dépit du fait qu’il n’a pas mis les pieds dans un marché public traditionnel depuis des semaines.

Alors qu’il était confronté à la perspective de perdre environ 95 % de ses revenus annuels en raison des nombreuses fermetures provoquées par la pandémie de COVID−19, le copropriétaire de l’entreprise Kendal Hills Farm, située à Orono, en Ontario, a imaginé une nouvelle manière de faire des affaires. Il a créé une plateforme en ligne qui ressemble en quelque sorte aux étalages qui lui permettaient de gagner sa vie avant la crise sanitaire actuelle. 

M. Kranenburg et son partenaire d’affaires ont donc uni leurs efforts à ceux de plus de 35 autres fermiers de leur secteur et mis en ligne un marché public virtuel. Les clients peuvent naviguer au travers de l’offre des maraîchers du coin et savoir ce qui sera disponible la semaine suivante, et ils peuvent choisir de faire livrer leur commande directement à leur domicile ou encore à divers points de chute, selon les secteurs.

M. Kranenburg a confié que l’idée de transformer son entreprise en marché public en ligne faisait partie de ses plans depuis des années, mais a admis que ce projet était voué aux oubliettes jusqu’à ce que la COVID−19 lui force la main.

«Au départ, c’était très, très épeurant de savoir ce que ça représentait pour l’avenir de mon entreprise et des autres petits producteurs du coin, a évoqué M. Kranenburg lors d’un entretien téléphonique. Ça s’est transformé en projet exaltant et nous débordons maintenant d’optimisme pour l’avenir. Beaucoup d’entre nous espèrent que (...) ce ne soit pas une simple solution temporaire face à la crise. Elle répond à certains enjeux auxquels nous avons toujours été confontés, à titre de producteurs alimentaires.» 

M. Kranenburg et d’autres partenaires d’affaires ont rappelé qu’ils éprouvaient des ennuis avec leur chaîne de distribution depuis des années. Il a ajouté que le temps qu’il perdait à livrer ses marchandises aux marchés publics, aux restaurants et à d’autres clients potentiels limitait significativement celui qu’un fermier pouvait passer à s’occuper de ses champs ou de ses bêtes. 

En développant ce projet, et en embauchant des étudiants à la recherche d’un emploi pour effectuer ses livraisons, M. Kranenburg a mentionné que ce problème avait été réglé grâce au marché public virtuel.

Certains marchés traditionnels ont aussi dû faire le saut en ligne afin de rejoindre leurs clients habituels, alors qu’ils tentent de respecter les directives des autorités sanitaires et de demeurer à la maison.

M. Kranenburg et d’autres habitués des marchés publics croient néanmoins qu’il existe toujours un besoin pour les espaces traditionnels pour acheter et vendre des produits locaux, bien qu’il admette que les contraintes provoquées par la crise sanitaire actuelle changeront vraisemblablement leur conception et leur façon d’opérer.

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