Les grands patrons dans le monde prévoient une récession, qui a peut-être déjà commencé

Publié le 17/06/2022 à 11:54

Les grands patrons dans le monde prévoient une récession, qui a peut-être déjà commencé

Publié le 17/06/2022 à 11:54

Par AFP

L'enquête a été réalisée entre le 10 et 24 mai, c'est-à-dire avant la décision de la banque centrale américaine (Fed) de relever drastiquement les taux de 0,75 point de pourcentage, ce qui a fait chuter le marché boursier, craignant une récession. (Photo: 123RF)

Washington — Presque huit grands patrons sur dix, de l'Amérique du Nord à l'Europe en passant par l'Asie et l'Amérique latine, s'attendent à une récession dans leur zone d'activité, certains estimant qu'elle sévit déjà, selon une enquête du Conference Board publiée vendredi.

L'institut de recherche économique américain a interrogé 750 PDG et hauts dirigeants. Parmi eux, quelque 61% jugent qu'une récession est imminente, au mieux d'ici fin 2023, et 15% de plus estiment que le ralentissement est déjà en cours.

Une récession se définit par deux trimestres d'évolution négative du Produit intérieur brut.

L'enquête a été réalisée entre le 10 et 24 mai, c'est-à-dire avant la décision de la banque centrale américaine (Fed) de relever drastiquement les taux de 0,75 point de pourcentage, ce qui a fait chuter le marché boursier, craignant une récession.

«Des prix énergétiques historiquement élevés, de nouvelles perturbations dans la chaîne d'approvisionnement, des risques géopolitiques accrus et une érosion de la confiance des consommateurs exercent tous une pression à la baisse sur la croissance mondiale», a énuméré Dana Peterson, économiste en chef du Conference Board. 

«Cela s'ajoute aux confinements en Chine et aux cascades de conséquences de la guerre en Ukraine», poursuit l'économiste.

L'inflation vient au premier rang des préoccupations des dirigeants aux côtés de la crainte de représailles cybernétiques après les sanctions contre la Russie.

Face à la hausse des prix et à la volatilité des coûts de l'énergie, les entreprises ont deux stratégies prioritaires. D’abord, elles transfèrent ces surcoûts sur les consommateurs en augmentant leurs prix finaux, comme le reconnaissent 51% des sociétés. 

Ensuite, elles coupent dans leurs coûts de production, ce que font 47% des entreprises, selon l'enquête.

Une autre crainte a émergé dans le sillage de l'invasion de l'Ukraine par la Russie et des sanctions occidentales qui ont suivi, celle de représailles de Moscou par la voie de cyberattaques.

Pas moins de 90% des dirigeants craignent désormais des piratages venus de Russie, et 44% d'entre eux se disent «très inquiets». Cela représente une volte-face majeure par rapport à leur état d'esprit avant la guerre en Ukraine, où ces attaques étaient la préoccupation de seulement 16% des patrons.

Ces dirigeants restent une majorité (62%) à être favorables à de nouvelles sanctions secondaires, c'est-à-dire mettant à l'index des pays qui continuent à faire des affaires avec Moscou. Mais plus d'un tiers (35%) en redoutent les conséquences, estimant que l'impact négatif de nouvelles sanctions sur l'économie sera supérieur aux bénéfices.

Autre conséquence de la guerre en Ukraine et du bond des prix du brut dont la Russie est un producteur majeur, les dirigeants (28%) sont davantage motivés pour accélérer le recours aux énergies renouvelables.

Enfin, l'accroissement des tensions entre la Chine et les États-Unis attire l'attention des PDG: 38% d'entre eux estiment que ce climat délétère, résultant de la guerre en Ukraine, va avoir un «impact majeur» sur la conduite de leurs affaires dans les douze prochains mois.

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