Les Chinois dans les sables

Publié le 02/09/2009 à 16:48

Les Chinois dans les sables

Publié le 02/09/2009 à 16:48

Par Jean-Paul Gagné

Va-t-on faire un autre pied de nez à la Chine ?

Le projet d’investissement par PetroChina de 1,9 milliard de dollars dans deux projets de développement de sables bitumineux en Alberta fait des vagues jusqu’à Washington.

PetroChina veut acquérir un intérêt de 60 % dans deux propriétés d’Arthabasca Oil Sands Corp., qui, une mises en exploitation, produiraient 40 000 barils de bitume par jour. Cette production serait exportée en Chine, dont l’économie consomme sept millions de barils par jour.

Washington n’aime pas

Sans aller aussi loin que le Calgary Herald, qui demande au gouvernement Harper de bloquer cette transaction « pour des raisons de sécurité nationale » parce que PetroChina est contrôlée par le gouvernement chinois, qui, lui, est dirigé par un parti communiste, une commission américaine a indiqué son inquiétude au sujet cette transaction.

Selon Carolyn Bartholomew, présidente de la U.S.-China Economic and Security Review Commission, qui surveille les relations économiques entre les États-Unis et la Chine, l’investissement projeté par PetroChina au Canada présente un risque pour la sécurité nationale que les gouvernements américain et canadien doivent examiner. Toutefois, elle n'a pas demandé le rejet de ce projet.

Manifestement, certains dirigeants américains n’aiment pas voir arriver les Chinois dans leur arrière-cour, le Canada, où ils reluquent également le potentiel des sables bitumineux canadiens comme source d’approvisionnement en énergie pour leur propre pays.

Il est peu probable que Barack Obama se mêle de ce dossier, qui n’a pas l’importance que certains voudraient lui donner.

Harper devrait laisser passer

Stephen Harper, qui a déjà refroidi les relations entre la Chine et le Canada en donnant des leçons de respect des droits de l’homme au président chinois, a reçu plutôt favorablement le projet de PetroChina, soulignant que le Canada avait besoin d’investissement en cette période de récession.

L’Alberta en a aussi besoin, alors que plusieurs projets ont été mis sur la glace depuis le ralentissement de l’économie.

Le projet de ProChina sera toutefois examiné dans le cadre de la politique de surveillance de l‘investissement étrange au Canada. Son rejet serait étonnant.

En effet, il faut retenir que :

1. ce projet n’est pas très important dans l’ensemble des développements en cours et à venir dans les sables bitumineux albertains ;

2. les actions de PetroChina, qui compte des administrateurs indépendants à son conseil d’administration, s’échangent à la Bourse de New York; elle doit jouer les règles du jeu du monde capitaliste;

3. l’investissement de PetroChina est bénéfique à l’économie canadienne ;

4. il y a peu de différence entre exporter notre pétrole aux États-Unis et le vendre à la Chine ;

5. il est pertinent de renforcer nos relations avec la Chine, qui est appelée à jouer un rôle grandissant dans l’économie et la géopolitique mondiales.

Ce qui m’amène à penser que ce projet devrait être autorisé.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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