Les banques sauvées par l'argent de la drogue ?

Publié le 06/04/2010 à 17:01

Les banques sauvées par l'argent de la drogue ?

Publié le 06/04/2010 à 17:01

Par Jean-Paul Gagné

Blogue. Il faut parfois relire des textes deux fois pour s’apercevoir qu’ils parlent vrai.

C’est le cas d’un texte de l’hebdomadaire financier américain Barron’s (22 mars 2010) qui fait état d’une amende de 160 millions de dollars que la banque américaine Wachovia a accepté de payer pour régler une affaire de blanchiment d’argent survenue de 2004 à 2007.

Wachovia était la quatrième banque américaine. Elle a été fusionnée à Wells Fargo en 2009 dans la foulée de la crise financière. Elle avait fait trop de prêts hypothécaires à risque élevé (subprimes). Encore, une mauvaise gestion des risques.

8 milliards d’argent sale

La banque a reconnu n’avoir pas surveillé adéquatement des transactions de plusieurs milliards de dollars entre des maisons de change mexicaines et sa filiale britannique.

Quelque 4 200 transactions suspectes ont été faites pour une somme globale de 8 milliards de dollars dans des affaires reliées au trafic de la cocaïne.

L’enquête avait débuté en 2005 après qu’un chien eût découvert de la cocaïne à bord d’un avion. On a saisi quatre avions qui avaient été achetés précisément pour le transport de cocaïne. Quelque 20 000 kilos de cette précieuse marchandise furent saisis.

Après des avertissements de la Drug Enforcement Administration, de grandes banques américaines ont cessé à compter de 2007 d’accepter des transferts électroniques d’argent de bureaux de change mexicains.

Les transferts par le bureau de Londres de Wachovia ont arrêté d’un coup en 2007, après qu’un de ses employés londoniens eût dénoncé certaines transactions. Faut-il se surprendre que cet employé a été puni par Wachovia, qui, après une plainte au tribunal du travail britannique, a ensuite été compensé.

Sauvées par la drogue

Si je parle de ce cas effarant, c’est pour rappeler une déclaration qu’Antonio Maria Costa, chef du bureau des drogues et des crimes pour les Nations Unies, a faite au sérieux journal britannique The Observer en décembre dernier.

Selon M. Costa, c’est l’argent de la drogue qui a sauvé le système bancaire pendant la crise financière. Celui-ci dit avoir la preuve que l’argent venant du crime organisé était le seul argent liquide qui entrait dans les banques au plus fort de la crise.

Il estime à 352 milliards de dollars les profits provenant du commerce des narcotiques qui ont été absorbés par le système bancaire. Il dit avoir obtenu ses informations d’officiers de banques situés en Angleterre, en Suisse, en Italie et aux États-Unis.

Un porte-parole de l’Association britannique des banques a révélé n’avoir jamais entendu parlé d’une telle implication du monde interlope dans le sauvetage des banques, ajoutant que ces dernières ont été sauvées par les gouvernements.

Qui croire ?

Qui croire dans cette affaire ? Se pourrait-il que ce haut fonctionnaire des Nations Unies parle à travers son chapeau ?

Une chose est sûre, cependant, Wachovia a reconnu avoir été « victime » de 4 200 transferts électroniques d’argent représentant huit milliards de dollars.

Ne peut-on pas penser que d’autres banques ont aussi été des canaux de liquéfaction d’argent sale ?

Quant on ajoute à ces activités criminelles le marché des produits dérivés (évalué à 600 000 milliards de dollars US et se transigeant au comptoir), qui n’est pas réglementé, ne faut-il pas craindre le monstre qu’est devenu la grande industrie bancaire internationale ?

C’est une problématique sur laquelle le président Barack Obama, le premier ministre Gordon Brown et d’autres chefs doivent se pencher prochainement. Il presse que l’on mette rapidement en place un mécanisme de gestion du risque énorme que font planer ces « too big to fail » institutions.

Sans cela, je ne vois pas comment nous pourrions dormir tranquille.


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