François Legault vante l'entente de Québec avec le Cirque du Soleil

Publié le 27/05/2020 à 10:52, mis à jour le 27/05/2020 à 16:18

François Legault vante l'entente de Québec avec le Cirque du Soleil

Publié le 27/05/2020 à 10:52, mis à jour le 27/05/2020 à 16:18

Par La Presse Canadienne

(Photo: 123RF)

Malgré les critiques de l’opposition dénonçant un manque de transparence, le prêt de 200 millions $ US offert au Cirque du Soleil constitue une proposition « brillante » et pavera la voie à un éventuel rapatriement du contrôle de l’entreprise entre les mains d’actionnaires québécois, croit le premier ministre François Legault.

D’un côté, les propriétaires actuels bénéficieront d’un soutien financier dans le cadre de leur plan de relance. De l’autre, l’État québécois dispose d’une option pour racheter la participation des actionnaires étrangers.

« On donne la chance aux actionnaires, pendant quelques années, de nous démontrer qu’ils sont capables de ramener la rentabilité au Cirque, puis, le montant qu’ils recevraient (...) serait proportionnel à leur succès. Je pense que c’est gagnant-gagnant », a dit M. Legault, mercredi, en point de presse.

Le Cirque ne génère pratiquement aucun revenu puisque ses activités sont paralysées par la pandémie de la COVID-19. Cela a forcé la société à annuler ses 44 spectacles et à licencier la quasi-totalité de son effectif, soit environ 4700 personnes.

Le prêt sera versé uniquement si les actionnaires actuels, le fonds d’investissement TPG Capital, la firme chinoise Fosun et la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ, restent en scelle. Cela n’est pas garanti, puisque le Cirque, qui tente de se recapitaliser en raison de sa dette d’environ 900 millions $ US, pourrait accepter une autre offre.

Dans le cadre de l’entente, l’État québécois, à un prix qui sera établi à la valeur du marché, pourrait forcer une transaction à une date qui n’a pas été dévoilée ou racheter la participation des firmes étrangères, qui détiennent 80 % du Cirque, si elles décident de retirer leurs billes.

« Si c’est nous qui gagnons l’offre, bien nous allons pouvoir discuter (avec) tous les Québécois qui pourront être intéressés à l’acheter (le Cirque) », a dit M. Legault.

Au Québec, Québecor ainsi que le cofondateur du Cirque Guy Laliberté, qui a vendu ses dernières actions à la CDPQ en février dernier, ont déjà manifesté un intérêt.

Des réponses plus tard

Par ailleurs, lors de la période des questions à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a affirmé que les détails de l’entente seront dévoilés si l’argent est versé, sans toutefois fournir d’échéancier.

« Il y a un processus qui est complexe avec les créanciers du Cirque, ce sont eux qui vont décider (qui seront les prochains propriétaires), a-t-il dit, en réponse à une question du député de Québec solidaire Vincent Marissal. Quand cela sera finalisé, toutes les ententes seront divulguées. »

M. Fitzgibbon avait annoncé un soutien financier de Québec à l’occasion d’une mêlée de presse, mardi, ce qui a déplu aux partis d’opposition. Pour le porte-parole solidaire en matière de finances, il y a « beaucoup plus de questions que de réponses ». En suggérant que l’État québécois devrait être « en partie propriétaire » plutôt qu’un simple prêteur, M. Marissal a dit que l’aventure était risquée.

« On veut voir le fameux “deal” avant d’embarquer les Québécois, les Québécoises, dans une autre aventure qui pourrait être désastreuse, coûteuse, ruineuse », a-t-il lancé, en point de presse, avant la période des questions.

La porte-parole libérale en matière de culture et de communications, Isabelle Melançon, a estimé que l’annonce avait été « nébuleuse ». Au Parti québécois, le responsable des questions d’économie, Martin Ouellet, s’est demandé pourquoi il fallait « aller si vite et si fort avec le Cirque » alors que plusieurs autres entreprises souffrent.

Adéquat

D’après M. Fitzgibbon, l’instrument financier négocié avec les actionnaires du Cirque placerait Québec parmi les premiers créanciers de la société.

Pour le professeur titulaire au département de management à HEC Montréal Louis Hébert, le soutien financier offert par le gouvernement Legault est « convenable » et « raisonnable ».

En figurant dans le haut de la liste des créanciers, Québec risque d’avoir plus de pouvoir par rapport à une prise de participation minoritaire dans la compagnie, a-t-il estimé au cours d’un entretien téléphonique.

« C’est une première créance, cela veut dire que l’État québécois devient partie prenante et sera beaucoup mieux placé pour savoir ce qui se passe et avoir une influence sur les décisions, a dit M. Hébert. Lorsqu’on est actionnaire minoritaire, les autres peuvent voter contre vous. »

L’aide financière offerte par Québec est assortie de multiples conditions, dont le maintien du siège social, actuellement situé dans l’arrondissement montréalais de Saint-Michel, au Québec.


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