Le Conseil du patronat veut encourager l’utilisation du français

Publié le 12/01/2012 à 17:27, mis à jour le 12/01/2012 à 18:02

Le Conseil du patronat veut encourager l’utilisation du français

Publié le 12/01/2012 à 17:27, mis à jour le 12/01/2012 à 18:02

Par La Presse Canadienne

Le Conseil du patronat veut encourager les entreprises québécoises à donner une plus grande place au français en recourant à un argument bien tangible: c'est bon pour les affaires.

 

Le regroupement des employeurs lancera sous peu une campagne pour inciter les entreprises à utiliser davantage le français comme langue de travail et dans les communications avec leurs clients.

 

"On croit que les employeurs au Québec doivent non seulement respecter (la Charte de la langue française), mais qu'il y a aussi un intérêt économique pour eux de favoriser le français", a expliqué jeudi le président du Conseil, Yves-Thomas Dorval, en marge d'un discours prononcé à Montréal.

 

Le Conseil du patronat organisera notamment, en septembre, un colloque pour faire prendre conscience aux entreprises des avantages de fonctionner en français.

"Les gens n'aiment pas se faire dire quoi faire, mais ils apprécient qu'on partage avec eux des réussites", a précisé M. Dorval.

Celui-ci a assuré que l'initiative ne constituait pas une réaction au vif débat sur le statut du français qui a éclaté l'automne dernier. Le quotidien La Presse a notamment révélé que la Caisse de dépôt et placement et la Banque Nationale (TSX:NA) comptaient dans leurs rangs des vice-présidents ne maîtrisant pas le français.

En fait, le Conseil du patronat n'a aucunement l'intention de "critiquer" ou de "décrier" les pratiques de certaines entreprises.

"On n'a pas de leçon à donner à qui que ce soit", a lancé Yves-Thomas Dorval.

Selon lui, près de 35 ans après l'adoption de la loi 101, il est encore nécessaire de sensibiliser le milieu des affaires quant à l'importance du français en raison de la mondialisation de l'économie.

M. Dorval souligne que les entreprises québécoises doivent pouvoir embaucher des spécialistes qui ne parlent pas français afin de répondre à des besoins spécifiques. Il leur faut toutefois mettre en place des "moyens de mitigation" pour éviter que l'anglais ne prenne le dessus, reconnaît-il.

"Dans un contexte d'économie mondialisée (...), l'anglais devient un élément incontournable, mais il ne faut pas nier qu'au Québec, la population a le droit d'être servie en français et de travailler en français", résume le représentant des employeurs.

La campagne est dotée d'un budget d'environ 150 000 $, dont la moitié proviendra de l'Office québécois de la langue française.

L'organisme gouvernemental dispose d'une enveloppe annuelle d'un million de dollars pour subventionner des projets semblables, menés par des syndicats ou des associations sectorielles, a indiqué jeudi un porte-parole, Martin Bergeron.

Des regroupements des domaines de l'assurance et de la restauration, entre autres, ont déjà organisé leurs propres campagnes avec l'aide de l'Office, a-t-il noté.

Il y a quelques mois, l'Office a fait l'objet d'une controverse en raison d'une campagne publicitaire visant à rappeler aux entreprises leur obligation de respecter la Charte de la langue française en matière d'affichage.

 

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