La sécheresse des Prairies a raison des producteurs de bœuf

Publié le 22/08/2018 à 10:44

La sécheresse des Prairies a raison des producteurs de bœuf

Publié le 22/08/2018 à 10:44

Par La Presse Canadienne

[Photo: 123rf]

Les producteurs de bovins des Prairies espèrent le meilleur, mais se préparent au pire, au moment où la sécheresse continue à réduire les pâturages dont ils disposent.


« Si ce n’est pas un problème financier pour certains éleveurs, pour d’autres ce sera un problème émotionnel », a expliqué Charlie Christie, le président des Producteurs de bœuf de l’Alberta.


La dernière saison a pris fin sur une note très sèche et il n’y a pas eu assez de neige pour augmenter les niveaux d’humidité. Le printemps a été long, froid et sec, laissant peu d’herbe pour nourrir les populations bovines.


De nombreuses régions de l’Alberta sont restées asséchées cet été, de sorte que les éleveurs ont commencé à acheter pour leurs animaux des aliments qu’ils cultiveraient normalement eux-mêmes, et les coûts ont explosé.


« C’est pour le moins un défi, a déclaré M. Christie, dont la ferme se trouve près de Trochu, dans le centre de l’Alberta. Maintenant, nous commençons à nous inquiéter pour l’année prochaine. »


Alors que les producteurs espèrent de la pluie, non seulement pour cette année, mais aussi pour préparer le terrain pour la prochaine saison, ils doivent également prendre des décisions difficiles lorsqu’ils observent les rendements de l’orge et les cultures céréalières qui constitueront leurs aliments d’hiver.


Ils ramènent les vaches plus rapidement chez eux, tirent les veaux de leurs mères plus tôt et mettent les veaux sur le marché. Certains éleveurs font déjà le choix de vendre des vaches aux parcs d’engraissement afin de réduire le cheptel global.


Le groupe de producteurs de bœuf surveille les stocks d’aliments pour les deux prochaines semaines avant de décider s’il demandera ou non l’aide du gouvernement.


« Vous ne voulez jamais demander la charité, a expliqué M. Christie. Cela dépendra simplement de la situation, mais chaque jour, la situation s’aggrave un peu un peu plus. »


De l’autre côté de la frontière, en Saskatchewan, le ministre de l’Agriculture, David Marit, a expliqué que la hausse des prix du foin rend plus difficile l’obtention d’aliments adéquats.


« En conséquence, nous prévoyons que certains producteurs n’auront pas d’autre choix que de liquider les animaux de leurs troupeaux, a dit le ministre dans un communiqué transmis par courriel. Les producteurs de bétail de ces zones arides ont demandé au ministère de les aider à résoudre ces problèmes. »


La Saskatchewan s’est adressée à Ottawa pour demander au gouvernement fédéral d’activer maintenant le report de la taxe sur le bétail afin d’aider les producteurs des régions touchées. Le report permet aux agriculteurs qui vendent une partie de leur troupeau de reproduction en raison de la sécheresse ou des inondations de reporter une partie du produit de la vente à l’année suivante.


Sur sa propriété près de Gull Lake, Rick Toney, de l’Association des éleveurs de bétail de la Saskatchewan, a indiqué que certains éleveurs ont décidé d’envoyer leurs troupeaux vers les rares secteurs à avoir reçu de la pluie. D’autres choisissent plutôt de dépenser pour acheter des aliments, mais ce coût est trop élevé pour certains.


« Quelle est l’économie ici ? Il y a beaucoup de gens qui cherchent à vendre 40 pour cent ou 60 pour cent ou tout leur troupeau. Les bovins arrivent sur le marché », a-t-il dit.


M. Toney dit que les conditions actuelles préoccupent plusieurs producteurs.


« Tout le monde va devoir se serrer la ceinture. Il y aura moins d’argent pour le service de la dette, moins d’argent pour tout. Que va-t-on avoir au printemps prochain comme pâturage ? Nous allons devoir nous croiser les doigts et j’espère que cette sécheresse finira. »


Les producteurs du Manitoba ont déjà commencé à communiquer avec la province au sujet de la faiblesse des stocks d’aliments, a révélé Brian Lemon, le directeur général des Producteurs de bœuf du Manitoba. Cependant, ils n’ont pas encore demandé d’aide.


M. Lemon a indiqué que les prix pour tous les aliments disponibles sont devenus trop élevés pour les éleveurs de bovins, qui ne peuvent pas en assumer les coûts. Et à un moment donné, il n’y aura tout simplement pas d’aliments disponibles.


« Les producteurs sont assez résistants. Nous ferons ce qui est bien pour nos animaux. Nous ferons ce qui est bien pour nos familles, a-t-il assuré. En bout de compte, ce n’est pas la première fois qu’il y a une saison sèche et ce ne sera probablement pas la dernière. C’est dommage. »


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