La santé, au sommet des inquiétudes de Pierre Fortin, le Lucide

Offert par Les Affaires


Édition du 03 Octobre 2015

La santé, au sommet des inquiétudes de Pierre Fortin, le Lucide

Offert par Les Affaires


Édition du 03 Octobre 2015

Par Martin Jolicoeur

L'économiste Pierre Fortin.

«Nous sommes inquiets.» Ainsi s'ouvrait le manifeste «Pour un Québec lucide» publié il y a 10 ans. Mais pour l'économiste Pierre Fortin, l'un des principaux ténors du groupe de signataires, il ne fait aucun doute que les dépenses en santé figurent maintenant au sommet des préoccupations exposées à l'époque.

À lire aussi :
Le manifeste des Lucides, toujours d'actualité
Le manifeste des Lucides : une influence très limitée
Le manifeste des Lucides : tout n'est pas joué

«On n'a pas le choix. Avec la vitesse de croissance des dépenses en santé et du vieillissement de notre population, le financement de la santé dans l'avenir est devenu pour moi une source majeure d'inquiétude», a admis Pierre Fortin, professeur émérite au Département des sciences économiques de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), en entrevue avec Les Affaires.

Dans le budget 2015-2016 du gouvernement du Québec, la santé représente le plus grand poste de dépenses, à 32,9 milliards de dollars, comparativement à 16,9 G$ pour l'éducation.

«Je ne veux pas être méchant, mais tous les efforts du gouvernement actuel ne changent pas grand-chose à notre système de santé, affirme M. Fortin. Le gouvernement ne fait que peser sur le couvercle pour empêcher l'explosion de la croissance des dépenses et permettre aux ministres Martin Coiteux et Carlos Leitao d'atteindre l'équilibre budgétaire promis.»

Vers un mur

De 2007 à 2014, les dépenses en santé se sont accrues de 5 % par année, souligne M. Fortin. Pendant ce temps, le PIB du Québec n'a grimpé en moyenne que de 3 %, et toutes les autres dépenses du gouvernement, de 2,5 %.

À cette augmentation s'ajoute le vieillissement de la population, qui va de pair avec une réduction exponentielle de la population active (les 18 à 64 ans). Le Québec perd naturellement de 3 000 à 5 000 citoyens actifs par année. Or, les études montrent qu'un citoyen de 65 ans et plus coûte cinq fois plus cher en soins de santé que le reste de la population.

«Je ne suis pas un expert du secteur de la santé. Mais en tout respect, si tu vois un rhinocéros foncer à 100 km/h dans un mur de ciment, tu n'as pas besoin d'être un expert en zoologie pour prédire que ça va mal finir. Et je peux même vous dire que ce n'est pas le mur qui va écoper, mais le rhinocéros. C'est pareil en santé. À laisser les choses aller, les risques sont grands que ça finisse mal.»

Si une mise à jour du manifeste devait être faite aujourd'hui, Pierre Fortin affirme qu'elle serait probablement consacrée en grande partie au problème de l'explosion prévisible des dépenses dans ce secteur.

À lire aussi :
Le manifeste des Lucides, toujours d'actualité
Le manifeste des Lucides : une influence très limitée
Le manifeste des Lucides : tout n'est pas joué

À suivre dans cette section


image

Usine 4.0

Mardi 24 septembre


image

Marché du cannabis

Mercredi 23 octobre


image

Service à la clientèle

Mercredi 23 octobre


image

Communication interne

Mardi 26 novembre


image

Gestion de la formation

Mardi 03 décembre


image

Marché de l'habitation

Mercredi 04 décembre


image

Sommet Énergie

Mardi 21 janvier


image

Santé psychologique

Mercredi 22 janvier


image

Forum Contrats publics

Mardi 11 février

À la une

Les entrepreneurs, ces héros

Édition du 21 Septembre 2019 | Marine Thomas

ÉDITO. It’s lonely at the top. Qu’on le veuille ou non, la dynamique change lorsqu’on grimpe les ...

Pour une intervention sensée en santé mentale

Édition du 21 Septembre 2019 | Simon Lord

DROIT DES AFFAIRES. Une des fortes tendances en matière de relations de travail cette année est celle des cas...

Catherine Dagenais, la première femme à la tête de la SAQ

18/09/2019 | Karl Moore

BLOGUE INVITÉ. «N’hésitez pas à vous lancer, à dire à vos supérieurs ce que vous voulez apprendre», dit Mme Dagenais.