La rareté de main-d’oeuvre nuit au «fait au Québec», selon un rapport de KPMG

Publié le 18/01/2022 à 08:09

La rareté de main-d’oeuvre nuit au «fait au Québec», selon un rapport de KPMG

Publié le 18/01/2022 à 08:09

Par La Presse Canadienne

L’automatisation de la chaîne de production, l’immigration ou la rétention des étudiants étrangers comptent parmi les solutions que les entreprises et le gouvernement devront mettre de l’avant pour régler ce problème, selon KPMG. (Photo: La Presse Canadienne)

La majorité des chefs d’entreprises priorisent le «fait au Québec», mais la pénurie de main-d’œuvre pourrait représenter un obstacle pour le gouvernement Legault et les entreprises qui veulent rapatrier des activités de production dans la province, selon le rapport Focus Québec 2025, publié mardi par le cabinet comptable KPMG.

Les deux tiers des chefs d’entreprises interrogées par la firme disent vouloir maintenir la presque totalité de leur production au Québec. Ce taux monte à 75% pour ceux qui prévoient en maintenir au moins 80%. Même dans le secteur de la fabrication, 58% des dirigeants interrogés disent viser une production locale, un taux considéré «assez élevé».

Le manque de personnel représente toutefois une embûche, prévient Benoit Lacoste Bienvenue, associé directeur régional pour le Québec chez KPMG Canada. «Il y a parfois un écart entre ce que les entreprises veulent faire [rapatrier la production au Québec] et ce qu’il est possible de faire.»

Près de 1,4 million de postes vacants devront être pourvus d’ici 2029, selon l’Institut de la statistique du Québec. Le poids de la population active par rapport à la population totale devrait atteindre un creux en 2030. «C’est sûr que pour les entreprises qui veulent bâtir des activités manufacturières au Québec, ça, c’est un défi important.»

L’automatisation de la chaîne de production, l’immigration ou la rétention des étudiants étrangers comptent parmi les solutions que les entreprises et le gouvernement devront mettre de l’avant pour régler ce problème, selon KPMG.

Avec la perturbation de la chaîne d’approvisionnement, les professionnels de KPMG ont reçu plus d’appels de chefs d’entreprises qui demandaient conseil pour rapprocher leur production, raconte l’associé.

Un des défis est que certains profils de compétences sont devenus plus difficiles à trouver tandis que la mondialisation de la chaîne de production a entraîné une perte d’expertise. Pour certaines entreprises clientes de KPMG, la solution à plus court terme a été de rapatrier les activités aux États-Unis, lorsque l’expertise y était accessible.

Avec son rapport Focus Québec 2025, dévoilé mardi, KPMG s’est penchée sur les enjeux «majeurs» auxquels est confrontée l’économie québécoise. Le cabinet a mené un sondage auprès de 767 membres de son réseau d’affaires et partenaires stratégiques. L’échantillon est réparti à travers les régions du Québec et les différents secteurs économiques.

 

Les entrepreneurs intimidés par l’ESG

Le coup de sonde auprès des entrepreneurs permet aussi de constater que les dirigeants d’entreprises semblent intimidés par les enjeux ESG (environnement, sociaux et gouvernance).

Parmi les entreprises de 500 employés et plus, 73% avaient mis en place des objectifs et une politique de développement durable, toujours selon le rapport Focus Québec 2025. Cette proportion recule à 42% quand on tient compte de toutes les entreprises. M. Lacoste Bienvenue n’y voit pas un désintérêt de la part des entrepreneurs, mais il croit qu’ils ne savent pas par où commencer.

En fait, 76% des répondants affirment que le développement durable est un critère important lorsqu’ils développent de nouveaux produits. «Quand on pose la question, les gens considèrent que c’est un enjeu important dans leur défi à court terme. La question est de savoir comment bâtir cette stratégie ESG, comment la mettre en place, qu’est-ce que ça veut dire pour moi et comment ça touche mon entreprise. C’est là qu’on a du travail à faire pour aider les entrepreneurs.»

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les PME n’ont pas un désavantage par rapport aux grandes sociétés quand vient le temps d’adopter des pratiques ESG, affirme M. Lacoste Bienvenue. Les grandes sociétés sont, elles aussi, au début d’un mouvement qui «s’accélère». Les petites entreprises jouissent parfois d’une plus grande facilité lorsque vient le temps de faire des changements.

Les propriétaires de PME ont intérêt à se préoccuper de leur empreinte environnementale et de leur impact social, conseille l’associé. Il ajoute que les clients et les employés accorderont de plus en plus d’importance à cette question. Les institutions financières et les investisseurs institutionnels vont aussi accorder de plus en plus d’importance à ces critères avant d’octroyer des prêts ou d’injecter du capital dans une entreprise. «L’entreprise qui ne pense pas ESG va avoir de la difficulté à attirer des gens, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre», prévient-il.

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