La fin d'une époque

Publié le 14/10/2009 à 13:38

La fin d'une époque

Publié le 14/10/2009 à 13:38

Par Jean-Paul Gagné

Peu de temps après avoir acheté Blue Bonnets en 1958, l’homme d’affaires Jean-Louis Lévesque fit tirer une Cadillac parmi les 18 000 clients du parc hippique.

C’était l’âge d’or des courses de chevaux. C’était une fête d’aller aux courses les dimanches après-midi, mais aussi un endroit légal pour parier et espérer gagner des lots d’argent.

Loto-Québec a planté le premier clou dans le cercueil de cette industrie. Les parieurs, petits et gros, ont eu alors à leur portée et sans se déplacer plusieurs jeux de loterie qui pouvaient leur faire gagner des gros lots.

Les casinos

Quelques années plus tard, l’arrivée des casinos, où on peut parier et jouer aux cartes 24 par jour et 7 jours par semaine, a achevé petit à petit l‘industrie des courses de chevaux.

Sous la pression des hommes de chevaux, le gouvernement Québec a essayé par divers moyens de sauver l’industrie du cheval de courses, dont vivent quelque 3 000 personnes partout au Québec. Mais après y avoir investi 450 millions de dollars d’argent des contribuables, le gros bon sens a fini par l’emporter. Une fois fermé le pipeline d’argent public, la seule issue du promoteur était de donner ses clés au syndic, qui procédera à la liquidation des biens de l'entreprise.

C’est dommage pour les amoureux des chevaux de course et pour tous ceux qui ont vécu de cette industrie, mais il n’y avait pas d’autre issue possible.

Le Québec n’a jamais été doté d’un grand centre de courses de chevaux comme il en existe à Toronto et aux États-Unis. Nous n’avions peut-être ni le marché, ni le promoteur qualifié et riche qui aurait pu investir massivement dans cette industrie, sans trop en demander aux contribuables.

La fin d’une époque

Bien sûr, cette fatalité est d’une tristesse inouïe pour les éleveurs, qui n’ont même pas eu du promoteur en faillite les bourses qu’on leur avait fait miroiter, pour les conducteurs de chevaux et pour les employés des centres hippiques.

Le gouvernement viendra en aide encore une fois aux éleveurs, mais modestement et temporairement, pour les aider à réorienter leur entreprise. C'est correct. Ils sont eux aussi des victimes d'un promoteur qui n'a pu réaliser son rêve.

C’est le propre du capitalisme de voir naître et mourir des entreprises et même des industries. Il en résulte des victimes, mais d’autres occasions d’affaires surgissent, qu’il faut savoir saisir.

Si vous pensez qu’il aurait pu en être autrement, faites-nous le savoir.

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