La dette, nouvelle épée de Damoclès

Publié le 05/12/2009 à 00:00

La dette, nouvelle épée de Damoclès

Publié le 05/12/2009 à 00:00

Par Jean-Paul Gagné

L'économie mondiale est en train d'émerger de la pire récession depuis la crise des années 1930. Anticipant cette reprise, les marchés boursiers se sont emballés, affichant des hausses de 50 à 60 % depuis mars et d'environ 20 % depuis le début de l'année.

Cet enthousiasme est irrationnel, car il y a trop de cadavres dans les placards pour justifier une telle ferveur. Voici quelques faits à ne pas sous-estimer dans l'analyse des risques qui pèsent sur l'économie mondiale :

1. La reprise de l'économie américaine sera faible et lente. Le taux de chômage atteindra bientôt 10,5 %, et il faut en plus tenir compte du fait qu'au moins 7 % de personnes occupent un emploi précaire. Les consommateurs sont endettés plus que jamais. Ils perdent leur maison : 4,47 % des maisons étaient en voie d'être saisies à la fin de septembre. De plus, 9,94 % des propriétaires accusaient au moins un mois de retard dans leur paiement hypothécaire mensuel, et 23 % des maisons étaient hypothéquées pour un montant supérieur à leur valeur sur le marché. L'écart entre les riches et les pauvres ne cesse de s'élargir. Or, 70 % du produit intérieur brut américain (PIB) repose sur les dépenses de consommation.

2. Le gouvernement américain ne peut pas soutenir davantage la consommation. L'administration Obama a déjà autorisé le versement de 787 milliards de dollars américains (G$ US) pour relancer l'économie, qui s'ajoutent aux 700 G$ US de fonds débloqués par l'administration Bush pour sauver le système financier de la faillite. Washington s'achemine vers un déficit de 1 600 G$ US équivalant à 13 % du PIB, ce qui est pire que la situation qui prévaut en France (8,5 %), en Irlande (12 %) et au Royaume-Uni (7,1 %). On est loin du plafond de 3 % du PIB que l'accord de Maastricht avait reconnu comme " prudent ". La crise a fait disparaître cette norme, que les pays membres de l'Union européenne promettent de recommencer à respecter. C'est un voeu pieux, car les dettes qu'ils ont accumulées pendant la crise devront être refinancées à des taux plus élevés et leur service de la dette coûtera beaucoup plus cher. Or, le taux d'endettement de plusieurs pays (dont les États-Unis) dépassera bientôt de beaucoup le plafond de 60 % du PIB convenu dans l'accord de Maastricht.

Bref, on s'enlise partout dans un endettement énorme (le Québec ne fait pas exception) qui alourdira le fardeau fiscal des jeunes générations et qui fera stagner leur niveau de vie.

Certains pays risquent donc davantage d'assister à une dévaluation de leur devise et d'être incapables de rembourser leur dette, comme cela s'est produit dans les années 1930 et après la récession des années 1980-1982. Des prêts totalisant des centaines de milliards de dollars ont été consentis à des gouvernements en difficulté et à des sociétés appartenant à des pays émergents (comme la Russie et les Émirats arabes unis) par de grands prêteurs internationaux, qui pourraient devoir procéder à d'importantes radiations d'actif. Il faut donc prévoir d'autres crises de liquidité comme celle que vit présentement Dubaï World.

3. L'endettement constitue aussi une bombe à retardement pour plusieurs institutions financières. Alors qu'un grand nombre d'entre elles liquident des éléments d'actif pour se renflouer et rembourser les prêts obtenus des gouvernements, 24 grandes banques et 6 assureurs internationaux viennent d'être mis sous surveillance par des régulateurs financiers membres du Financial Stability Board.

Les grandes banques sont loin d'avoir fini de nettoyer leur bilan et d'avoir fait le ménage dans leurs engagements hors bilan. Non seulement leur bilan inclut encore des actifs toxiques, des prêts hypothécaires et des actifs immobiliers qui ne sont pas inscrits à leur valeur au marché, mais en plus, elles doivent encore des milliers de milliards de dollars, d'euros et de livres aux pouvoirs publics. Or, cet endettement n'est pas en voie de se résorber : la Banque d'Angleterre et la Banque du Japon viennent d'avancer respectivement 42 et 115 G$ US à des banques de leur pays.

Les risques d'un tel endettement sont sous-estimés. Ils pourraient paralyser la reprise économique et créer la panique sur les marchés financiers. Cela explique en partie la perte de valeur du dollar américain et la progression du prix de l'or, que même des banques centrales voient maintenant comme une valeur refuge. Difficile d'être optimiste dans un tel contexte.


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