La crise entre le Canada et l'Arabie saoudite sera longue

Publié le 07/08/2018 à 11:54

La crise entre le Canada et l'Arabie saoudite sera longue

Publié le 07/08/2018 à 11:54

Par François Normand

[Photo: Getty images]

Les tensions diplomatiques entre le Canada et l’Arabie saoudite ne se régleront pas à court terme, affirme la société américaine spécialisée dans l’analyse en risque politique Eurasia Group.


«La désescalade de la crise diplomatique prendra du temps; le nouveau leadership saoudien utilise des outils économiques et politiques pour envoyer un message à ses partenaires, à savoir que l’intervention dans ses affaires intérieures ne sera pas tolérée», écrit dans une note Ayham Kamel, un spécialiste du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord chez Eurasia Group.


Le Canada subit les foudres diplomatiques de l’Arabie saoudite depuis qu’Ottawa a demandé à Riyad de «libérer immédiatement» des femmes et des intellectuels qu’il a emprisonnés la semaine dernière.


Le royaume saoudien a notamment expulsé l’ambassadeur canadien, gelé les relations commerciales avec le Canada et rapatrié son ambassadeur à Ottawa, sans parler du transfert prochain vers d’autres pays des quelque 7 000 étudiants saoudiens au pays.


Selon Eurasia Group, cette crise survient dans un contexte où les États-Unis ont moins «d’appétit» pour la promotion des réformes démocratiques dans le monde, sans parler de la montée en puissance de régimes autoritaires comme la Russie et la Chine.


Une situation qui incite des dictatures telles que l’Arabie saoudite à se montrer moins tolérante qu’auparavant face aux critiques de l’Occident en ce qui a trait aux droits de la personne.


 Peu d’impact économique


Cela dit, l’impact de cette crise diplomatique sur l’économie canadienne sera mineur, car l’Arabie saoudite n’est pas un partenaire commercial important du Canada.


En 2017, les exportations canadiennes de marchandises à destination de ce pays du Moyen-Orient se sont élevées à 1,5 milliard de dollars canadiens, selon Statistique Canada.


C’est l’équivalent des exportations du Québec en Floride.


Le Canada exporte principalement en Arabie saoudite des véhicules militaires (43% des exportations totales vers ce pays), du minerai de fer et des véhicules de tourisme.


En 2014, General Dynamics Land Systems, une entreprise de London en Ontario, a signé un contrat de 15 G$CA pour exporter ses blindés légers en Arabie saoudite.


Pour l’instant, rien n’indique que ce contrat soit menacé par les tensions entre Riyad et Ottawa.


Par ailleurs, nos importations en provenance du royaume saoudien ont atteint 2,6 G$CA l’an dernier.


Le Canada importe essentiellement du pétrole, de même que du minerai de cuivre et de l’aluminium sous forme brute.


Là aussi, rien n’indique que les approvisionnements en pétrole du Canada soient menacés.


 


 


 


 


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