L'Î-P-É championne de l’achat local, suivie du Québec

Publié le 02/09/2021 à 13:25

L'Î-P-É championne de l’achat local, suivie du Québec

Publié le 02/09/2021 à 13:25

Par La Presse Canadienne

De façon plus générale, l’achat local a considérablement augmenté partout au Canada, confirme le chercheur. (Photo: La Presse Canadienne)

De toutes les provinces canadiennes c’est à l’Île-du-Prince-Édouard qu’on retrouve la plus grande proportion de gens qui achètent majoritairement des aliments locaux, soit 39,5% de la population. 

Cette province de l’Atlantique est suivie ex aequo par le Québec et la Nouvelle-Écosse, dont près du tiers (30,7%) de la population s’alimente principalement en produits locaux.  

C’est ce que révèle une enquête publiée jeudi par des chercheurs canadiens du secteur de l’agroalimentaire de l’Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse. 

L’Ontario se classe en quatrième position, suivi de la Colombie-Britannique. 

À l’inverse, cette province de l’ouest se classe bonne première dans la catégorie des provinces où l’on consomme le plus de fruits et légumes (31,4%), tandis que l’Ontario (31%) fait bonne figure en se hissant au deuxième rang, selon les données compilées par l’équipe du Dr Sylvain Charlebois. Quant au Québec, qui détient la troisième place, on y compte 30,7% d’adeptes de fruits et légumes. 

L’Île-du-Prince-Édouard, ainsi que Terre-Neuve-et-Labrador finissent pour leur part en queue de peloton. 

En d’autres mots, l’Île-du-Prince-Édouard a beau être la championne de l’achat local, on y mange beaucoup moins de fruits et de légumes sur une base quotidienne. 

De façon plus générale, l’achat local a considérablement augmenté partout au Canada, confirme le chercheur. 

Chaque année, les chercheurs de l’Université Dalhousie sondent la population pour évaluer si elle achète une quantité suffisante de fruits et de légumes par rapport aux recommandations du Guide alimentaire canadien. 

Or, moins du tiers des Canadiens, à peine 29,3% consomment la quantité recommandée tous les jours. 

Toutefois, 43,1% des Canadiens achètent suffisamment de fruits et légumes pour correspondre à la quantité recommandée par le Guide alimentaire canadien, quelques jours par semaine.

Par ailleurs la majorité des Canadiens, soit 86,6%, achètent leurs fruits et légumes à l’épicerie alors que 4,6% optent plutôt pour un marché fermier.

 

Pesticides

La question des pesticides a préoccupé bien des Canadiens ces derniers jours, jusqu’à s’immiscer dans le débat public. 

Ainsi, 63% des Canadiens s’inquiètent de la quantité de pesticides qui pourrait se retrouver dans leurs fruits et légumes achetés à l’épicerie. 

Ce pourcentage baisse à 47% pour ceux qui s’approvisionnent dans les marchés publics. 

Ces chiffres indiquent donc que les gens tendent à penser qu’on retrouve moins de pesticides dans les produits achetés directement des marchés fermiers. 

Mais, doit-on réellement s’inquiéter des pesticides?

«Pas tant que ça», répond M. Charlebois qui précise que seulement une infime portion de résidus se retrouve dans les aliments que l’on achète. De plus, les résidus disparaissent facilement en lavant adéquatement les produits achetés. 

 

Le facteur prix

Le sondage effectué auprès de plus de 10 000 Canadiens indique que 39,5% des personnes sondées citent le prix comme un frein à la consommation de fruits et légumes. 

Dans le même ordre d’idée, le sondage révèle que 30,5% des gens rapportent que la préparation qu’impliquent les aliments est la principale raison pour laquelle ils renoncent à acheter plus de fruits et légumes frais. 

«Les gens voient les fruits et légumes comme du travail», résume M. Charlebois.

En d’autres termes, l’idée de couper des fruits et légumes découragerait certains Canadiens à en consommer plus. 

Or, moins on mange de fruits et de légumes, plus on est enclin à tomber malade, selon le professeur d’agroalimentaire à l’Université Dalhousie.

Son collègue, le Dr Vasantha Rupasinghe, déplore que si peu de personnes sont au fait des valeurs nutritionnelles des différents aliments et de leurs propriétés spécifiques. 

«Même à l’école de médecine, cet aspect est peu abordé», souligne-t-il. 

D’après le titulaire de la chaire Killam sur les aliments fonctionnels et nutraceutiques, consommer de bons ingrédients peut réellement aider à prévenir les maladies et renforcer le système immunitaire. 

Il espère que la pandémie aura pour effet d’inciter les Canadiens à s’intéresser davantage à la façon dont les aliments peuvent aider à maintenir une bonne santé. 

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