L'avenir est dans le pré

Offert par Les Affaires

Publié le 29/07/2017 à 09:50

L'avenir est dans le pré

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Publié le 29/07/2017 à 09:50

Par Claudine Hébert

Les voitures qui roulent sans conducteur font beaucoup jaser. Dans les champs, ça fait au moins cinq ans que les tracteurs évoluent de façon autonome.


Les voitures qui roulent sans conducteur font beaucoup jaser. Dans les champs d'Agri-Fusion 2000, ça fait déjà au moins cinq ans qu'une dizaine de gros tracteurs sèment, sarclent, récoltent et labourent de façon autonome les quelque 2 500 hectares de cultures 100 % bio de l'entreprise. «Il y a un conducteur à bord, mais il ne touche pas au volant. Tout est contrôlé désormais au centimètre près par ordinateur et par GPS», soutient Gilles Audette, président de l'entreprise Agri-Fusion 2000, à Saint-Polycarpe.


Tracteurs autonomes à 500 000 $


Ces tracteurs signés John Deere et Fendt impressionnent par leur taille... et par leur prix. Des machines colossales qui coûtent au bas mot 500 000 $ en moyenne, auxquelles l'entreprise greffe des systèmes GPS et d'autres équipements destinés aux champs. Parmi les toutes dernières acquisitions, Gilles Audette souligne avec fierté l'achat de trois sarcleurs dotés de caméras qui permettent d'enlever mécaniquement toutes les mauvaises herbes dans les champs avec une précision étonnante. Des appareils de marques autrichienne et anglaise qui coûtent chacun 60 000 $. «On ne fabrique pas ce type de machinerie en Amérique du Nord. Les producteurs traditionnels préfèrent encore utiliser le Roundup...», indique M. Audette.


L'entreprise est née en 2000 du regroupement de quatre producteurs qui souhaitaient rentabiliser l'achat de leurs équipements agricoles. «En agriculture, ce ne sont pas les équipements qui coûtent cher. C'est le manque de possibilités de les rentabiliser qui fait augmenter les coûts», soutient cet ancien producteur laitier devenu adepte de la culture bio.


Aujourd'hui, Agri-Fusion 2000 cultive une dizaine de cultures biologiques, notamment le maïs destiné à la production animale, le maïs sucré, le soya, le blé, l'épeautre, les pois de conserverie, les haricots de conserverie, les haricots secs, le brocoli. S'ajoutent les carottes pour la saison 2017.


Depuis qu'Agri-Fusion 2000 a fait le pari de cultiver du bio à grande échelle en 2006, son chiffre d'affaires grimpe en flèche. L'entreprise, qui emploie une trentaine de personnes, dont une vingtaine à temps plein, réalise plus de 10 millions de dollars (M$) de revenus annuels. Et ça continue de croître d'au moins 5 % chaque année, souligne Gilles Audette. De plus, ajoute-t-il, les institutions financières ne sont pas difficiles à convaincre lorsque son entreprise a besoin d'un coup de main. Notamment pour prendre de l'expansion.


Grâce aux revenus que génère la culture bio (le double du coût par tonne), l'entreprise peut justement se permettre d'acheter de nouvelles terres malgré le coût astronomique de ces dernières en Montérégie-Ouest (plus de 45 000 $ l'hectare). Au cours des deux dernières années, elle a investi 15 M$ pour l'achat de 300 hectares dans sept paroisses de la Montérégie-Ouest, ainsi que du côté de l'est de l'Ontario, où le prix des terres présente encore de belles occasions, signale le producteur.


Et oubliez le panier de légumes vendu en kiosque au bout du rang. L'entreprise se spécialise dans le bio 3.0. Sa production, vendue par semi-remorques de 30 tonnes, est destinée à des entreprises telles La Milanaise et Bonduelle. «C'est nous qui avons convaincu Bonduelle, le transformateur européen de légumes en conserve, de se lancer dans le bio. Parce qu'elle n'avait pas réussi à s'approvisionner en Europe, Bonduelle croyait que ce type de production à grande échelle était impossible. On lui a démontré le contraire», conclut M. Audette.


La traite robotisée


Depuis 2009, ­Sabrina ­Caron peut compter sur un robot pour traire ses vaches.


La machinerie agricole ne se modernise pas que dans les champs. Elle s'installe également dans les étables. Parlez-en à Sabrina Caron qui, depuis 2009, n'a plus besoin d'installer une trayeuse deux fois par jour sur les pis de son troupeau de vaches. Qui s'en occupe ? Un robot. En fait, deux robots depuis 2015.


La fermière de Laurierville et son père Roland ont investi 1,4 M$ dans la construction d'une étable en stabulation libre pouvant accueillir le troupeau (qui compte aujourd'hui 85 vaches laitières), les robots de traite et le nouveau système automatisé d'alimentation. «J'ignore quand j'aurai terminé de rembourser cet investissement mais, depuis que j'en profite, ma qualité de vie a complètement changé», indique la productrice, maman de trois jeunes enfants.


Chaque appareil, qui peut traire sept vaches l'heure, accomplit au moins 150 traites par jour. Et tout peut être commandé à distance avec le téléphone intelligent. Alors qu'elle produisait moins de 65 kg de lait par jour avant son investissement, Sabrina Caron en produit aujourd'hui 122 kg au quotidien. «Et je continue d'acheter des quotas pour atteindre éventuellement les 140 kg de lait par jour que ma ferme robotisée me permet de produire», dit-elle.


Selon Marc Fecteau, directeur des ventes chez Milkomax, un fabricant de robots de traite de Nicolet, plus de 10 % des 5 500 fermes laitières du Québec sont maintenant équipées de ces appareils. Le coût d'un robot varie de 225 000 $ à 400 000 $ en fonction du fabricant. «Cet appareil permet non seulement de faire le travail à la place du fermier, mais aussi d'obtenir un rendement de lait de 15 à 20 % plus élevé», signale M. Fecteau.


10 %


C'est la proportion de fermes, parmi les 5 500 que compte le Québec, qui seraient maintenant équipées de robots de traite.


 


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