L'accès à l'eau, un droit pour les entreprises ? Oui, répond Jean Simard

Publié le 28/09/2010 à 00:00, mis à jour le 28/09/2010 à 11:29

L'accès à l'eau, un droit pour les entreprises ? Oui, répond Jean Simard

Publié le 28/09/2010 à 00:00, mis à jour le 28/09/2010 à 11:29

Par Hugo Joncas

L’exploitation de l’eau reste un sujet tabou au Québec. C’est pourquoi Les Affaires, en collaboration avec divers partenaires, présente le Forum québécois sur l’eau les 25 et 26 octobre prochains à Montréal.


Au menu, un débat sur la gestion de l’eau et son exploitation durable. En préambule, nous vous proposons une série d’articles pour résumer les enjeux.


Les industriels considèrent souvent l'or bleu comme une ressource naturelle, tandis que les écologistes y voient d'abord une parité primordiale des écosystèmes.


Les Affaires - Quel est l'apport de l'eau à la société québécoise ?


Jean Simard, pdg de l'Association de l'aluminium du Canada - Son apport considérable prend plusieurs formes. Eau potable, rente énergétique, outil d'attraction industriel, etc. Pour mesurer son impact, il faudrait commencer par établir comment l'eau a contribué au développement économique du Québec au cours de son histoire, puis évaluer la valeur de cette contribution selon des paramètres internationalement connus et acceptés. Mais c'est une question complexe et plusieurs réponses sont possibles selon la perspective retenue. On commence à peine à s'interroger sur la façon d'y répondre. Les Nations Unies, dans le Rapport du millénaire, ont abordé pour la première fois cette notion dans le cadre d'une initiative visant l'évaluation de la santé de l'écosystème de la planète.


L.A. - Le Québec doit-il utiliser l'eau pour son développement économique, au même titre que l'Alberta le fait avec le pétrole ?


J.S. - Oui, et il le fait déjà. En imposant des redevances et par d'autres mécanismes, il redistribue la richesse ainsi créée à partir d'une ressource renouvelable. Mais contrairement au pétrole, l'eau n'est pas une ressource renouvelable. Elle l'est d'autant plus quand elle est utilisée à des fins de production électrique et qu'elle n'est pas l'objet de consommation. De toute façon, pour le moment, l'eau n'est pas une denrée. Elle n'est pas exportée vers les marchés limitrophes à l'aide de tuyaux. Il y a une limite à la comparaison avec le pétrole.


L.A. - Peut-on refuser de partager la ressource avec les peuples qui en sont privés ?


J.S. - Non, mais ce n'est pas la bonne question à poser. Il faut plutôt se demander pourquoi des gens sont privés d'eau potable. Il nous appartient de trouver comment on peut rétablir le cycle de l'eau dans ces pays autrement qu'en y exportant des bouteilles qui vont s'accumuler et polluer l'environnement.


L.A. - Qui parle au nom des générations futures dans ce débat ?


J.S. - Personne, comme ce fut le cas pour nous. C'est une vue de l'esprit. Notre responsabilité consiste à préserver le plus d'options possible, pour laisser une marge de manoeuvre aux prochaines générations.


PLUS : L'accès à l'eau, un droit pour les entreprises ? Non, répond Karel Mayrand


PLUS : Les Affaires présente le premier Forum québécois sur l’eau


 


 


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