Indice entrepreneurial québécois 2015: les grands centres rêvent, les régions foncent

Publié le 29/04/2015 à 13:23

Indice entrepreneurial québécois 2015: les grands centres rêvent, les régions foncent

Publié le 29/04/2015 à 13:23

Par Matthieu Charest

La culture entrepreneuriale québécoise n’est pas seulement en train de changer. Elle connaît en fait un bouleversement radical, révèle la Fondation de l’entrepreneurship dans l’édition 2015 de son Indice entrepreneurial québécois, présenté par la Caisse de dépôt et placement du Québec et réalisé en partenariat avec HEC Montréal. À ce chapitre, toutes les régions du Québec ne sont pas égales.

Lire notre article complet à ce sujet

En 2009, selon la Fondation de l’entrepreneurship, 7,1 % des Québécois avaient l’intention de se lancer en affaires. Six ans plus tard, la proportion a presque triplé, pour atteindre 20,1 %, révèle l’Indice publié en collaboration avec la Caisse de dépôt et placement du Québec (document complet à télécharger ci-contre).

La grande nouveauté dans cette 7e édition, c’est le déplacement du champ d’analyse. Plutôt que de comparer le Québec au Canada, l’Indice se livre à une introspection. Ce sont les régions du Québec, ainsi que les milieux urbains et ruraux, qui sont étudiés.

Un angle neuf qui permet de constater que les différences interrégionales sont marquées. À l’égard des quatre facteurs mesurés par l’Indice (intentions, démarches, propriétaires, fermetures), le Québec est une mosaïque hétérogène.

Au chapitre des intentions, ce sont les « métropoles » (les villes de plus de 250 000 habitants, selon la définition de l’Indice), qui tiennent le haut du pavé. À Montréal, Québec, Gatineau et Laval, 24,2 % des personnes sondées ont déclaré avoir l’intention d’entreprendre un jour. C’est non seulement le plus fort pourcentage au Québec, où la moyenne est de 20,1 %, mais c’est aussi largement supérieur aux villages (moins de 2 500 habitants) qui ferment la marche, avec seulement 13,8 % d’intentions entrepreneuriales.

Mais si autant de citadins rêvent d’entreprises, la proportion de ceux qui passent aux « démarches » diminue considérablement, pour atteindre 11,6 % (soit très près de la moyenne, qui est de 10,2 %). Pire, seuls 7,5 % des « métropolitains » parviennent à devenir « propriétaire », soit moins que la moyenne québécoise, qui est de 7,9 %. Par ailleurs, ils sont aussi plus nombreux à avoir connu une fermeture (13,6 % par rapport à 12,3 % dans l’ensemble de la province). Autrement dit, le rêve s’effrite rapidement.

« À Montréal [ou dans les quatre grandes villes], il y a peut-être plus d’occasions de décrocher un emploi qui nous convient, avance Gabriel Chirita, directeur, recherche et transfert de connaissances, à l’Institut d’entrepreneuriat Banque Nationale – HEC Montréal, partenaire de la Fondation, pour expliquer cette situation. Et dans les grands centres, l’environnement est plus compliqué, sinon perçu comme étant plus difficile pour se lancer en affaires. »

Les zones rurales sont en feu

Si les grands centres urbains rêvent, ce sont les villages et les petites villes (moins de 10 000 habitants) qui passent à l’action. Sous la moyenne québécoise sur le plan des intentions (18,2 % pour les petites villes et 13,8 % pour les villages, par rapport à une moyenne de 20,1 %), ils surpassent la moyenne lorsqu’il est question d’entreprendre des démarches (respectivement 11,7 % et 11,1 %, comparativement à une moyenne de 10,2 %) et de devenir propriétaires (respectivement 11,6 % et 10,2 % ; moyenne de 7,9 %).

« En région, le passage à l’action est plus rapide, moins complexe, plus pragmatique. Il est peut-être facilité du fait que les gens se connaissent plus qu’en ville. Ce sont des “faiseux” », résume Rina Marchand, directrice principale, contenu et innovation, à la Fondation de l’entrepreneurship.

Autre fracture entre régions et milieux urbains : le moyen envisagé pour se lancer en affaires. Les champions dans la création de nouvelles entreprises sont les métropoles, à 73,5 %. Tandis que les petites villes et villages se démarquent dans la relève d’entreprise : à 32,5 % et 36,5 % respectivement, alors que la moyenne québécoise est de 18,7 % pour cette catégorie.

Bonne nouvelle pour les régions, 69,7 % des Québécois souhaitent entreprendre dans la région où ils demeurent. Cependant, près du quart des répondants de la Côte-Nord (24,4 %) et 18,8 % des Lanaudois pensent s’exiler pour se lancer en affaires.

Entre les métropoles, où l’on rêve, et les zones rurales (ou faiblement peuplées), où l’on agit, il reste les villes « grandes » et « moyennes », soit celles qui comptent de 10 000 à 250 000 habitants. Dans ces dernières, les indicateurs mesurés par l’Indice sont tous situés sous la moyenne québécoise. « S’il y avait un coup de barre à donner, ce serait probablement là, s’entendent pour dire Gabriel Chirita et Rina Marchand. Toutefois, nous n’avons pas les données pour expliquer le phénomène. »

C’est peut-être un effet de « ville-dortoir », où Longueuil et Lévis abritent des travailleurs ou entrepreneurs de Montréal et Québec.

Statistiques:

• 46,9 % des Québécois pensent que les entrepreneurs sont « généralement honnêtes ». Le pourcentage le plus élevé est en Gaspésie (59,8 %) et le plus faible, en Montérégie (40,7 %).
• 92 % des répondants du Centre-du-Québec croient que les entrepreneurs sont des « créateurs de richesse » ; dans les Laurentides, ils sont 62,7 % à le penser.
• L’implication des entrepreneurs dans leur communauté est perçue positivement par 71,7 % des répondants de la Côte-Nord, mais par seulement 45,8 % des Montréalais.
• L’enrichissement des entrepreneurs « est sain », selon 82,8 % des personnes sondées en Estrie, mais seulement 57,5 % en Abitibi-Témiscamingue pensent la même chose.

En savoir plus: téléchargez le dossier complet dans la partie gauche de notre site ou directement sur le site de la Fondation de l’entrepreneurship.

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