Ils sortent des sentiers battus

Publié le 28/11/2009 à 00:00

Ils sortent des sentiers battus

Publié le 28/11/2009 à 00:00

Par Pierre Théroux

Fonderie BSL

Une PME qui fait du sur-mesure

À l'ère où la création d'entreprises a lieu principalement dans les secteurs des technologies, le lancement de la Fonderie BSL apparaît comme un anachronisme. " Il y a un marché pour une fonderie comme BSL, soit celui qui a été délaissé par les grandes fonderies ", dit un des propriétaires, André Langis.

La Fonderie BSL entend faire sa marque en fabriquant des pièces en acier coulé (steel casting) faiblement alliée et inoxydable, d'un poids variant de 1 à 1 000 livres. " Nous ciblons les petites commandes, celles qui nécessitent une fabrication complexe et sur-mesure, ou qui doivent être fabriquées d'urgence ", souligne l'entrepreneur.

La production vise plusieurs secteurs d'activité, notamment les industries minières, forestières et des pâtes et papiers, les alumineries et les usines pétrochimiques, le transport, de même que les fabricants de machinerie.

Des visées à l'exportation

L'entreprise, qui compte déjà des clients dans l'ensemble du Québec, vise aussi les marchés de l'Ontario et du nord des États-Unis. Elle aura une belle carte de visite : ses actionnaires-gestionnaires comptent plusieurs années d'expérience dans l'exploitation et la gestion d'usines dans le secteur métallurgique.

Diplômé en génie métallurgique, André Langis a travaillé près de 25 ans pour plusieurs fonderies, notamment Norcast, de Mont-Joli, où il a été directeur de production pendant sept ans. Également diplômé en génie métallurgique et ancien de Norcast où il était ingénieur en chef, Dennis Slater compte près de 30 ans d'expérience dans le domaine.

Le lancement de cette fonderie a nécessité un investissement de près de 3 millions de dollars, auquel Desjardins Capital de risque, le Fonds Soutien Bas-Saint-Laurent et le Fonds régional de solidarité FTQ ont participé.

Installée dans l'ancienne usine de Produits métalliques PMI (qui a déménagé dans le parc industriel de Rimouski), l'entreprise devrait compter une quinzaine d'employés dès la première année, et prévoit en embaucher une cinquantaine d'ici trois à cinq ans.

innoVactiv

Crèmes antirides d'origine marine

Le secret de la jeunesse trouverait-il sa source dans les eaux du fleuve Saint-Laurent ? Sans être la fontaine de Jouvence, le fleuve semble regorger d'organismes qui auraient des propriétés régénératrices de plus en plus appréciées par les fabricants de crèmes antirides.

" Les secteurs de la cosmétique et du nutraceutique s'intéressent de plus en plus aux ingrédients actifs d'origine marine pour la formulation de nouveaux produits ", affirme Patrice Dionne, président-directeur général de la société innoVactiv.

La petite biotech rimouskoise a justement vu le jour pour produire et commercialiser des ingrédients actifs puisés dans la biomasse marine vivant en eau froide dans l'estuaire et dans le golfe du Saint-Laurent.

En septembre 2005, quelque 18 mois après son lancement, l'entreprise, alors appelée Biotechnologies Oceanova, mettait en marché son premier ingrédient actif développé dans les laboratoires du Centre de recherche sur les biotechnologies marines (CRBM) à partir d'une combinaison d'extraits d'algues.

Lorsqu'il est utilisé dans des formulations cosmétiques, cet ingrédient breveté sous la marque Aldavine contribue à protéger la peau contre l'apparition prématurée des signes du vieillissement. Il est distribué par Unipex Innovations, une filiale d'Atrium Innovations.

Le marché des nutraceutiques

Plus récemment, l'entreprise lançait deux ingrédients actifs d'origine marine, InSea et PeptiBal, destinés à l'industrie des suppléments alimentaires. L'InSea, également issu d'une combinaison d'extraits d'algues, " peut contribuer à réduire l'absorption des glucides chez les personnes qui ont une alimentation riche en amidon et en sucre ", explique Patrice Dionne.

En août, innoVactiv con-cluait une entente commerciale avec l'américaine Life Extension pour l'utilisation de cet ingrédient nutraceutique dans une gamme de produits. Deux semaines plus tard, l'entreprise signait une autre entente de partenariat avec la société taïwanaise Wedar Biotechnology pour la commercialisation d'InSea à Taïwan et en Chine.

Ces associations " nous permettront d'accroître de façon significative la notoriété de ce produit à l'échelle internationale ", dit M. Dionne.

L'ingrédient PeptiBal vise pour sa part à stimuler l'équilibre du système immunitaire intestinal. Cet ingrédient est composé d'un mélange de peptides naturels obtenus à partir de protéines de poisson puréfiées. Une nouvelle étude réalisée par l'Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels de l'Université Laval vient de démontrer les effets bénéfiques du PeptiBal sur le système immunitaire.

Nouvelle appellation

En plus de ces deux nouveaux ingrédients actifs nutraceutiques, le portefeuille d'innoVactiv est composé de 16 ingrédients cosméceutiques.

Les ingrédients de cette gamme, certains commercialisés sous le nom Homeosta-Sea, visent principalement l'hydratation et le raffermissement de l'épiderme et la régénération des cellules de la peau.

Cependant, ces ingrédients nutraceutiques ne sont pas tous issus d'algues marines. Certains d'entre eux sont composés de plantes utilisées depuis longtemps par les populations autochtones nord-américaines. D'où la décision, en juillet dernier, de changer le nom de Biotechnologies Océanova pour innoVactiv. " L'ancienne dénomination tendait à indiquer que nos activités étaient confinées au seul secteur des biomasses marines ", dit M. Dionne.

Sa mission reste la même : développer des ingrédients actifs pour les industries de la nutraceutique et des cosmétiques, en tissant des partenariats d'affaires à l'échelle mondiale par l'établissement d'ententes de co-développement ou par l'obtention de licences.

InnoVactiv a récemment signé une entente de partenariat avec une société française de Bretagne, Algues et Mer, spécialisée notamment dans la valorisation des algues.

Ferme Le Biscornu

Élever des moutons dans le respect de leur nature

Ils sont une cinquantaine à paître dans les prés en ce début d'automne. De grosses boules de laine aux couleurs et motifs variés de noir, brun, blanc, crème et caramel, qui se nourrissent des herbes fraîches du pâturage. Ce sont les moutons de race Icelandic de la Ferme Le Biscornu, située sur le chemin Saint-Joseph, à Rimouski.

" Nos moutons mangent ce qu'ils doivent manger, soit l'herbe qui pousse ", dit Justin Audet, en regardant son troupeau de moutons élevés sans grain ou moulée, ni hormones ou antibiotiques. Pas question d'en faire un élevage de parcs d'engraissement. " Les moutons sont élevés dans le respect de la nature, mais aussi de leur nature ", souligne sa conjointe, Natalie Chartier.

D'autant qu'il s'agit d'une race qui, pendant des siècles, s'est reproduite et développée au fourrage exclusivement. Importé en Amérique du Nord en 1985 par Stefania Dignum, une Ontarienne d'origine islandaise, l'Icelandic est élevé à la fois pour la viande, pour sa laine et pour son lait.

Encore très peu répandu au pays, " le mouton islandais a une viande très maigre et tendre, sans ''goût de laine'' ", dit Mme Chartier.

La Ferme Le Biscornu ne vend que la viande. Et pas seulement les gigots. " On n'élève pas un mouton juste pour ses parties jugées plus nobles ", dit Natalie Chartier en précisant que la clientèle, composée de consommateurs ou de restaurateurs, doit donc acheter l'agneau en entier.

Retour à la terre

C'est en 2004 que le couple a réalisé son rêve d'avoir son coin de terre. Le projet de fermette à la campagne est devenu une activité à temps plein. " On s'est dit que tant qu'à avoir des bêtes, aussi bien en vivre ", dit Justin Audet, originaire de Québec, où il a rencontré sa conjointe.

Après avoir découvert le Bas-Saint-Laurent lors de vacances, ils s'y installent dans une ferme de 40 hectares. C'est au hasard d'une lecture sur les moutons Icelandic que le choix de l'élevage se décide. " Ce fut le coup de foudre ! C'était le mouton idéal pour réaliser notre projet ", dit Justin Audet.

Le couple acquiert d'abord une vingtaine de brebis en provenance du troupeau de Stefania Dignum. Aujourd'hui, avec sa centaine de bêtes, la Ferme Le Biscornu est le premier éleveur de moutons Icelandic en importance au Québec. " Nous prévoyons limiter notre troupeau à 100 brebis ", dit M. Audet, en soulignant vouloir ainsi préserver les principes qui ont amené le couple à se lancer dans ce projet. Comme la liberté de laisser paître le troupeau aux champs.

Les sols aussi profitent des pâturages. Les animaux enrichissent naturellement la terre, ce qui élimine le besoin de fertilisants chimiques. Sans compter que les pâturages nécessitent moins de travail du sol, donc moins d'utilisation de machineries, de consommation d'énergie et de production de GES.

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