Il faut bonifier les conditions de travail des infirmières, plaide un rapport

Publié le 16/09/2021 à 10:56

Il faut bonifier les conditions de travail des infirmières, plaide un rapport

Publié le 16/09/2021 à 10:56

Par La Presse Canadienne

Parmi les mesures proposées, on demande de stabiliser les équipes de soins en évitant «autant que possible» le recours aux agences de placement. (Photo: La Presse Canadienne)

Québec doit améliorer les conditions de travail des infirmières en adoptant une série de normes à travers la province.

C’est l’une des 31 recommandations des commissaires Francine Ducharme, professeure honoraire à la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal, et Robert Salois, ancien Commissaire à la santé et au bien-être au gouvernement du Québec, dans un rapport de 104 pages publié jeudi au terme d’états généraux sur la profession.

«Nous croyons qu’il est essentiel que les établissements de santé démontrent une volonté réelle de mettre un terme aux dysfonctionnements organisationnels et d’instaurer des conditions favorables à la valorisation et à l’utilisation des compétences des infirmières et des infirmiers.», peut-on lire dans le rapport.

Parmi les mesures proposées, on demande de stabiliser les équipes de soins en évitant «autant que possible» le recours aux agences de placement. Il est suggéré d’établir un nombre d’heures maximales de travail pouvant être effectué par jour et par semaine. 

Il faudrait également mieux planifier la composition des équipes selon les besoins de différents types de clientèle. On suggère également l’instauration d’un ratio infirmier-patient «permettant d’offrir les soins appropriés, au bon moment, à la bonne personne».

 

Une formation universitaire obligatoire

Une autre recommandation phare est de faire du baccalauréat le seul diplôme donnant accès à un permis d’exercice de la profession au Québec d’ici cinq ans.

«Pour que les infirmières et infirmiers prennent pleinement leur place et occupent le rôle qui leur revient, le fait de détenir une formation universitaire qui les placerait sur un pied d’égalité avec leurs collègues des autres professions de la santé, pour qui une formation universitaire est requise, y contribuerait assurément, en plus de crédibiliser leur expertise», commente le commissaire Robert Salois, dans un communiqué.

Le parcours DEC-Baccalauréat serait une autre avenue pour obtenir le permis d’exercice, mais il nécessiterait tout de même une formation universitaire. Les commissaires recommandent des mesures transitoires pour les étudiants qui suivent actuellement la formation au collégial ainsi que pour les quelque 32 000 infirmières et infirmiers (43% de la profession) qui détiennent un DEC.

Derrière la recommandation de suivre une formation universitaire se trouve le principe plus large d’une reconnaissance des compétences des infirmières. La Loi prévoit 17 activités qui leur sont réservées. «L’exercice a clairement démontré que les compétences et les savoirs des infirmières et infirmiers ne sont pas utilisés à leur plein potentiel», déplore Francine Ducharme.

«Concrètement, cela signifie que ceux-ci continuent d’effectuer des soins de nature procédurale qui pourraient être accomplis par d’autres membres de l’équipe de soins. C’est alors tout le sens donné à leur travail qui s’en trouve affecté», poursuit-elle. 

 

Une pénurie mise en doute

La publication du rapport survient tandis que le gouvernement Legault s’inquiète du manque d’infirmières dans le réseau de santé publique. Le premier ministre a dit «travailler jour et nuit» pour trouver des solutions. Il a ouvert la porte à une augmentation de la rémunération des infirmières pour attirer celles qui se sont tournées vers le secteur privé.

Malgré la pénurie dans les hôpitaux, le nombre d’infirmières et d’infirmiers en exercice est en hausse, selon le rapport des commissaires. Elles sont 74 467 en 2020-2021, contre 69 776 en 2015-2016. «Objectivement, il y a lieu de croire que nous ne manquons pas d’infirmières et d’infirmiers, mais plutôt de soins infirmiers». 

L’enjeu se trouverait donc du côté de l’organisation du travail, toujours selon les commissaires. «Si les infirmières et infirmiers faisaient réellement ce qu’ils sont autorisés à faire et délaissaient les actes pouvant être faits par d’autres, le problème de la pénurie pourrait se résorber.»

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