Herbalife marque des points face au milliardaire Bill Ackman

Publié le 27/07/2014 à 11:10

Herbalife marque des points face au milliardaire Bill Ackman

Publié le 27/07/2014 à 11:10

Par AFP

La société américaine de compléments alimentaires et de produits minceur Herbalife marque des points dans son bras de fer avec le milliardaire américain Bill Ackman qui l'accuse de fraude pyramidale.

M. Ackman, diplômé de Harvard, âgé de 48 ans et au look de playboy, spécule depuis décembre 2012 sur l'effondrement de la société californienne. Mais il vient d'échouer à lui porter le "coup mortel" qu'il avait annoncé.

Pendant une présentation de trois heures mardi à New York, diffusée en direct sur internet, il a pourtant mis le paquet.

Il a comparé le spécialiste des produits de régime au courtier en énergie Enron, au coeur d'un scandale financier dans les années 2000, et à l'escroc Bernard Madoff.

"Les gros mensonges sont utilisés par les régimes totalitaires et par les nazis et par beaucoup de gens et les gens y croient souvent parce qu'ils sont bien élaborés, de sorte qu'il est difficile de penser qu'ils soient faux", affirme-t-il

Herbalife est traitée d'"entreprise criminelle", son patron, Michael Johnson, de "prédateur".

Herbalife écoule dans plus de 80 pays ses substituts de repas et ses barres énergétiques sous le modèle du Tupperware, c'est-à-dire par un réseau de distributeurs qui pratiquent cette activité à domicile en conviant parents et amis à des réunions de présentation. Pour Bill Ackman, la société gagne de l'argent non en vendant ses produits aux particuliers mais en recrutant sans cesse de nouveaux revendeurs obligés d'acquérir ces produits.

Il affirme qu'Herbalife est une fraude "pyramidale", consistant à piocher dans les finances des nouveaux revendeurs pour rétribuer ou rembourser les revendeurs plus anciens.

"Il est temps de fermer cette entreprise", conclut Bill Ackman, à la tête du fonds d'investissement Pershing Square, gérant plus de 11 milliards de dollars d'actifs.

Or, pendant son réquisitoire, l'action Herbalife monte, monte et finit par gagner plus de 25%. M. Ackman, qui a parié 1 milliard de dollars en vendant à découvert plus de 20 millions de titres qui se valorisent si l'action chute, perd 250 millions de dollars.

"Le bond de 25,5% de l'action indique que les investisseurs ignorent les accusations de Bill Ackman pour se concentrer sur les fondamentaux de l'entreprise", expliquent les analystes de la banque Barclays.

 

"Aboiements" et "morsures"

Herbalife, fondée en 1980 et qui a réalisé un chiffre d'affaires de 4,8 milliards de dollars l'an dernier pour un bénéfice net de 527,5 millions, a toujours rejeté ces accusations.

Elle affirme que sa croissance dépend bel et bien de la vente effective de ses aliments à des millions de consommateurs.

Son directeur financier, John DeSimone, rétorque que les "aboiements" du milliardaire sont "plus nocifs" que ses "morsures". La société menace de poursuivre en justice l'investisseur.

Sollicité par l'AFP, Pershing n'a pas donné suite.

M. Ackman affirme avoir dépensé 50 millions de dollars pour enquêter sur Herbalife. Il a créé un site internet (factsaboutherbalife.com) qui mêle documents et témoignages de victimes présumées.

Son angle d'attaque porte sur les "clubs de nutrition", la vache à lait de Herbalife, lieux où les consommateurs vont tester les produits.

Ces "clubs" sont, selon lui, des entreprises de recrutement des personnes démunies et des hispaniques qui se retrouvent prisonniers de ce système.

Les autorités américaines semblent avoir donné corps à ces allégations en ouvrant des enquêtes. C'est le cas de la Commission fédérale du commerce, un des gendarmes des marchés.

Pour l'instant, aucune malversation n'est reprochée à Herbalife, qui dispose du soutien d'un autre grand nom de Wall Street, l'investisseur Carl Icahn (17,33% du capital au 31 mars).

Herbalife, stigmatisée dans de nombreux pays, avait été condamnée en Belgique en 2011 pour ses pratiques mais la décision a été renversée en appel en décembre.

Bill Ackman, qui a monté son premier fonds d'investissement, Gotham Partners, à 26 ans, jette rarement l'éponge.

Son premier fait d'armes remonte en 2002 quand il a spéculé sur l'effondrement du rehausseur de crédit américain MBIA, survenu six ans plus tard.

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