GES: Québec garde le cap pour les émissions industrielles

Publié le 14/12/2011 à 13:03, mis à jour le 15/12/2011 à 10:25

GES: Québec garde le cap pour les émissions industrielles

Publié le 14/12/2011 à 13:03, mis à jour le 15/12/2011 à 10:25

[Photo : Bloomberg]

Le Canada a beau s'être retiré du protocole de Kyoto, les entreprises québécoises devront tout de même atteindre leurs cibles de réduction d'émissions de gaz à effet de serre, selon Pierre Arcand, ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec.

«Nous, nous voulons quand même poursuivre nos efforts, dit-il. Il y a un coût au réchauffement climatique. Si nous agissons plus tard, ce coût sera plus élevé.»

Pierre Arcand rejette la logique qui a mené le Canada à devenir le premier État à se retirer officiellement du protocole de Kyoto, «une décision regrettable», selon lui. Le ministre croit que le Québec doit prêcher par l'exemple. Le gouvernement provincial compte toujours mettre en œuvre dès le 1er janvier l'entente qui lie les provinces et États américains membres de la Western Climate Initiative (WCI). Le Québec, l'Ontario, le Manitoba, la Colombie-Britannique et la Californie se sont regroupés au sein de cette organisation pour mettre en place un système de plafond d'émissions et d'échange de crédits de carbone. Ces cinq juridictions doivent établir des plafonds d'émissions pour toutes les usines émettant plus de 25 000 tonnes d'équivalent CO2 par année.

En principe, les industries de ces provinces participantes et de la Californie doivent commencer le 1er janvier à diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), ou à vendre des crédits de carbone pour les plus performantes.

Mais à deux semaines de cette échéance, les cibles industrielles n'ont pas encore été publiées. Selon le ministre Arcand, la plupart des industries concernées connaissent cependant les objectifs que Québec leur imposera. «Nous sommes rendus là, dit-il. On a une centaine de grands émetteurs industriels de GES du Québec. Nous avons discuté avec la plupart de ces compagnies-là.»

Après son entrevue avec LesAffaires.com, le bureau du ministre a fait parvenir aux médias une invitation pour une conférence de presse le 15 décembre, soit le lendemain de la publication de cet article. Il y est question d'«une importante annonce concernant la réduction des GES au Québec».

Pierre Arcand a aussi fait des propositions au ministre des Finances, Raymond Bachand, pour que son prochain budget comporte des mesures qui le rendront plus vert.

Préoccupations de l'industrie

Depuis le début des discussions sur la diminution de leurs émissions, les grandes industries québécoises ont toujours insisté pour faire reconnaître leurs efforts réalisés depuis 1990, mais avant la mise en œuvre (avortée) du protocole du Kyoto et l'année de référence de l'entente du WCI, soit 2005.

Car globalement, les grands émetteurs industriels du Québec ont déjà atteint les cibles du protocole de Kyoto pour le Canada, soit une diminution de 6 % des émissions, par rapport au niveau de 1990. «Les entreprises, de façon générale, ont diminué de 25 % leurs émissions de GES» depuis 20 ans, souligne Pierre Arcand.

Le ministre s'engage à reconnaître ces diminutions, notamment en distribuant des crédits de carbone au début de la période de réductions prévues à l'entente du WCI.

Les secteurs industriels les plus importants de la province sont parvenus à améliorer considérablement leur bilan en perfectionnant leur technologie depuis 1990. C'est le cas, par exemple, du secteur de l'aluminium. «Entre 1990 et 2009, les alumineries québécoises ont diminué leurs émissions de 21 %», signale Jean Simard, pdg de l'Association de l'aluminium du Canada. Et ce, tout en augmentant la production de 120 % ! «On considère qu'on a livré ce qu'on avait à livrer», dit-il. En fait, Québec impose à ce secteur des diminutions d'émissions depuis 2001.

L'industrie des pâtes et papier a elle aussi beaucoup diminué ses émissions, en grande partie à cause des fermetures d'usines. Mais les installations qui survivent rejettent elles aussi beaucoup moins de GES, surtout à cause du remplacement du mazout et du gaz naturel par des chaudières à la biomasse.

Dans le cadre du WCI, le Québec s'est engagé à diminuer ses émissions de GES de 20 % sous le niveau de 1990, d'ici 2020.

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