Frima s'associe à des investisseurs pour une grande poussée de croissance

Publié le 08/04/2015 à 12:43

Frima s'associe à des investisseurs pour une grande poussée de croissance

Publié le 08/04/2015 à 12:43

Par Valérie Lesage

Le studio Frima, la plus grande entreprise indépendante de jeux vidéo au Canada, accueille pour la première fois de nouveaux partenaires dans son actionnariat pour soutenir une croissance par acquisitions. Le Fonds de solidarité FTQ et le groupe franco-belge d’édition Média-Participations, qui comprend des maisons prestigieuses comme Dupuis, Dargaud et Mediatoon, investissent 7,5 M$ dans le studio de Québec.


«L’argent qu’on reçoit nous servira à faire des acquisitions. On peut ainsi aller chercher de belles entreprises avec un grand savoir-faire. On peut même aller chercher une entreprise de la taille de la nôtre et, pourquoi pas, aller vers le 100 M$ de chiffre d’affaires?» rêve le président de Frima, Steve Couture.


C’est lui qui a approché Média-Participations, un groupe de divertissement constitué de quelque 60 PME et qui n’avait jamais auparavant pris de participation minoritaire.


«Notre culture d’entreprise est très proche de celle de Frima. Frima a un savoir-faire et des technologies plus avancées que nous, ainsi qu’une ouverture sur le marché américain que nous n’avons pas. Nous avons en revanche une implantation européenne et asiatique qui peut être mise au service de leurs personnages», analyse Claude Saint Vincent, dg de Média-Participations et président de Dargaud (Lucky Luke, Boule et Bill).


Steve Couture a soigneusement analysé le marché avant de choisir ses partenaires investisseurs. Un partenariat avec une maison états-unienne aurait mis à risque des relations avec ses clients Disney, Lego, Mattel, Activision et Warner.


«S’associer avec un partenaire européen ne fâche personne et nous ouvre des portes sur un immense marché», explique l’entrepreneur, qui avait établi ces dernières années des liens avec Dupuis, filiale de Média-Participations, pour animer le personnage de Petit Poilu dans une série télé (toujours en développement).


Frima et Média-Particpations partagent le même désir de bâtir un patrimoine, selon une vision de long terme, précise Steve Couture, qui ne souhaitait pas s’associer avec un investisseur gourmand et impatient.


«Par exemple, les investisseurs de Silicon Valley que j’ai rencontrés voulaient avoir un plan de croissance agressif pour atteindre rapidement le milliard de chiffre d’affaires. C’est tout à fait incompatible avec la philosophie de bâtir un patrimoine à long terme. Beaucoup de gens veulent aller très vite dans le jeu vidéo, mais nous, on ne veut pas être un «one hit wonder».»


Le président de Frima a négocié pendant 18 mois avec Média-Participations et le Fonds de solidarité. Il a fallu notamment rassurer l’éditeur franco-belge sur la patience du partenaire financier FTQ.


Concrètement, les deux entreprises chercheront à mettre en valeur le patrimoine de l’une et de l’autre. Si les créatifs de Frima ont l’idée d’un jeu avec des personnages du catalogue de Média-Participations, les portes seront ouvertes. Et quand Frima mettra au monde de nouveaux personnages, son partenaire évaluera les possibilités d’en faire des livres et/ou dessins animés.


Fondé en 2003 à Québec, le studio Frima emploie 350 personnes. Il est fournisseur pour les grands de l’industrie du jeu vidéo, mais développe aussi ses titres originaux, comme Nun Attack, Zombie Tycoon et A Space Shooter.


Médias-Participations, le troisième groupe français d’édition, a un chiffre d’affaires d’un demi milliard de dollars. Il est actif dans la bande-dessinée, la presse magazine, les livres jeunesse et le dessin animé.


 


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