Entrepreneurs, prenez soin de votre santé mentale cet été

Offert par Les Affaires

Publié le 14/06/2021 à 16:56

Entrepreneurs, prenez soin de votre santé mentale cet été

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Publié le 14/06/2021 à 16:56

Défi-Évasion

Alors que son entreprise s’apprête à rouvrir physiquement et que la majorité des employés ont été réembauchés, Dave Welsh estime que ce coup dur l’a profondément changé. « C’est comme si j’avais une nouvelle entreprise», avoue le cofondateur et président de Défi-Évasion. (Photo: courtoisie)

SANTÉ MENTALE. « C’est la première fois que j’ai ressenti la vraie peur », avoue Dave Welsh, cofondateur et président de Défi-Évasion. Malgré sa personnalité positive et optimiste, l’entrepreneur de Québec ne cache pas les difficultés qu’il a vécues au cours des 15 derniers mois. 

Et pour cause : le 15 mars 2020, il a été contraint de fermer ses 10 salles de jeu d’évasion de Québec et de Lévis pour respecter les restrictions sanitaires, et donc de remercier une bonne partie de ses 70 employés. Une expérience d’autant plus stressante qu’il est en affaires avec sa conjointe, Véronique Girard. « Tout ce qu’on avait était sur pause », résume-t-il. 

Au lieu de baisser les bras, les deux associés ont redoublé d’efforts pour lancer une version en ligne de leur jeu d’énigmes. Un vrai succès : 80 000 droits d’accès ont été vendus l’an passé. 

Aujourd’hui, alors que Défi-Évasion s’apprête à rouvrir physiquement et que la majorité des employés ont été réembauchés, Dave Welsh estime que ce coup dur l’a profondément changé. « C’est comme si j’avais une nouvelle entreprise, indique celui qui a été élu Jeune personnalité d’affaires 2020 par la Jeune Chambre de commerce de Québec. On a mis en place de nouvelles procédures et on a remanié certains postes. » 

« J’ai aussi l’impression d’être plus à l’écoute envers mon équipe et ma santé mentale, poursuit-il. Quand les choses vont bien, on est peut-être un peu plus insouciant et déconnecté de la réalité ; ce fut une belle prise de conscience. » Désormais, il bloque plus de temps dans son calendrier pour la famille et le sport. Il s’est par exemple inscrit à deux demi-marathons cet été, alors qu’il n’en avait pas couru depuis deux ans. 

Comme Dave Welsh, de nombreux entrepreneurs ont décidé de prendre davantage soin de leur santé mentale depuis l’apparition de la COVID-19. « La pandémie aura au moins eu le mérite de tirer la sonnette d’alarme sur ce qu’est vraiment le fardeau psychologique de l’aventure entrepreneuriale et de briser le tabou de la santé mentale », fait remarquer Pierre Graff, PDG du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ). 

En octobre dernier, la RJCCQ a d’ailleurs publié une lettre ouverte sur le sujet. Celle-ci présentait des propositions « pour une relève d’affaires résiliente » telles « la nomination d’un ministre délégué à la santé mentale ou la mise en place d’une plateforme de soutien psychologique par des professionnels et par les pairs ».


Accorder de la place à ses besoins psychologiques

Au printemps dernier, 60 % des 15-34 ans rapportaient effectivement une détérioration de leur santé mentale depuis le début de la pandémie, selon une enquête de Statistique Canada menée du 24 avril au 11 mai 2020. 

Des indicateurs qui ne surprennent pas Dre Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue clinicienne et professeure associée à l’Université du Québec à Montréal. « L’incertitude, l’imprévisibilité et l’impossibilité de pouvoir avoir du contrôle sur son quotidien ont un effet très anxiogène, d’autant plus dans un contexte d’affaires », explique-t-elle. Sans compter la frustration de certains de besoins psychologiques essentiels, comme ceux d’appartenance — se sentir connecté aux autres —, d’autonomie — se sentir libre de faire ses choix — et de compétence — se sentir efficace. 

Pour les entrepreneurs comme pour les employés, la levée progressive des mesures sanitaires doit être l’occasion de repenser son rythme de vie, estime Dre Geneviève Beaulieu-Pelletier. « Il va être important de reprioriser des activités qui nourrissent nos besoins psychologiques, note-t-elle. Autrement dit, il faut penser inclure durablement des moments de plaisir dans nos semaines. » Planifier des rencontres sociales significatives ou écouter de la musique qui rappelle son adolescence, par exemple. 

Un remède également prescrit par Jacques Charland, responsable aux communications d’Écoute Entraide, un organisme montréalais qui offre un service d’écoute téléphonique et des groupes d’entraide aux personnes en détresse psychologique. « La question du déconfinement va être : suis-je capable de créer des espaces pour ma santé mentale dans mon agenda ? avance-t-il. Le travail ne doit effectivement pas être l’unique identité d’un entrepreneur. » Son conseil pratique ? Refaire le monde les samedis matin en terrasse avec des amis en coupant son téléphone.


Les manières de prendre soin de sa santé mentale sont multiples. Guillaume Lett, PDG et cofondateur de l’entreprise i/Collective – qui administre une plateforme intelligente de gestion des compétences – a par exemple décidé de travailler cet été de manière nomade, en voyageant de Montréal au Yukon en passant par Vancouver à partir de juillet. « Je le fais pour changer mes habitudes, explique l’entrepreneur montréalais. Au lieu de rester à la maison derrière mon ordinateur, je vais faire complètement l’inverse : être dehors, me reconnecter à moi-même et à la nature, en accordant du temps à mon entreprise quand je le décide. »

En terminant, une bonne nouvelle pour les prochains mois : la santé mentale des entrepreneurs s’améliore progressivement, d’après une série de sondages menés par Étienne St-Jean, professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la carrière entrepreneuriale. Ainsi, 17,4 % des entrepreneurs interrogés se considéraient comme étant « épuisés professionnellement » en février 2021, comparativement à 28,9 % en octobre 2020 et à 31,2 % en juillet 2020. Le taux d’entrepreneurs qui souffrent parfois ou souvent de solitude est quant à lui passé de 47,3 % en octobre 2020 à 24,6 % en février 2021.

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