Énergie NB demande un permis de 25 ans pour la centrale nucléaire de Point Lepreau

Publié le 24/01/2022 à 08:00

Énergie NB demande un permis de 25 ans pour la centrale nucléaire de Point Lepreau

Publié le 24/01/2022 à 08:00

Par La Presse Canadienne

La centrale de Point Lepreau a ouvert ses portes en 1983 et a fonctionné jusqu’en 2008, date à laquelle elle a été fermée pour une remise à neuf majeure destinée à prolonger sa durée de vie de 25 ans. (Photo: La Presse Canadienne)

Fredericton — Le permis de la seule centrale nucléaire du Canada atlantique expire en juin, et la société d’État du Nouveau-Brunswick qui exploite le réacteur CANDU-6 vieillissant cherche à le renouveler pour une durée sans précédent de 25 ans.

Les deux derniers permis d’exploitation de la centrale nucléaire de Point Lepreau, située à environ 40 km au sud-ouest de Saint-Jean au Nouveau-Brunswick, étaient d’une durée de cinq ans chacun.  

«Nous demandons un permis de 25 ans, ce qui serait une première au Canada, compte tenu de certaines améliorations apportées par l’organisme de réglementation, mais aussi du très bon rendement en matière de sûreté et de fiabilité que nous avons constaté dans toutes les centrales nucléaires canadiennes», a déclaré le directeur des affaires réglementaires et externes d’Énergie NB, Jason Nouwens, lors d’une séance d’information vendredi.  

La Commission canadienne de sûreté nucléaire a prévu la première phase de l’audience de la demande mercredi à Ottawa.  

Gail Wylie, de la Coalition pour le développement responsable de l’énergie, a qualifié la demande de permis de 25 ans de «vraiment absurde».

Gail Wylie sera l’une des intervenantes publiques lorsque la Commission de sûreté tiendra la deuxième phase des audiences à Saint-Jean, en mai.  

«Nous sommes très intéressés par les énergies renouvelables parce que nous savons qu’elles sont propres et nous connaissons les problèmes et l’histoire de l’énergie nucléaire ici, a-t-elle déclaré lors d’une entrevue. Le nucléaire a ses risques et produit des déchets radioactifs».

Mme Wylie craint que la prolongation de la durée de vie du générateur nucléaire de 660 mégawatts ne ralentisse la transition vers ce qu’elle appelle des formes d’énergie renouvelable plus propres et moins coûteuses.

La centrale de Point Lepreau a ouvert ses portes en 1983 et a fonctionné jusqu’en 2008, date à laquelle elle a été fermée pour une remise à neuf majeure destinée à prolonger sa durée de vie de 25 ans. Elle a été reconnectée au réseau électrique en octobre 2012.  

Selon Mme Wylie, la demande de permis d’Énergie NB jusqu’en 2047 dépasse les objectifs de durée de vie annoncés après la remise à neuf. Elle a dit qu’elle prévoyait poser des questions sur la façon dont l’entreprise de service public gère les niveaux de dotation en personnel pendant la pandémie de COVID-19, les menaces de cyberattaques et les impacts du changement climatique.   

Mme Wylie souhaite également savoir comment les projets de développement de petits réacteurs nucléaires modulaires avancés (SMR) sur le site de Lepreau affecteront le fonctionnement du réacteur principal. Deux entreprises, Moltex et ARC, travaillent avec Énergie NB pour développer la technologie des réacteurs portables.  

M. Nouwens a toutefois précisé que la demande de permis n’inclut pas le développement des réacteurs mobiles.  

«Le processus de renouvellement de la licence de Point Lepreau est complètement distinct de tout processus d’octroi de licence pour les réacteurs SMR, a-t-il déclaré. Le renouvellement de notre permis pour 25 ans couvre la portée de ce qui se trouve actuellement à Point Lepreau et ce que seraient les plans pour l’exploitation de notre centrale actuelle.»  

Gordon Dalzell, militant pour l’assainissement de l’air basé à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick, a longtemps été un opposant à l’énergie nucléaire, mais sa position a changé.

M. Dalzell croit que l’énergie nucléaire a un rôle à jouer pour aider à répondre à la demande d’énergie alors que la province tente de faire la transition vers des sources plus renouvelables comme l’éolien et le solaire.  

Il estime toutefois que le renouvellement du permis pour 25 ans est trop long.  

«Il est dans l’intérêt du public de le faire pendant peut-être 10 ans, a-t-il déclaré lors d’une récente entrevue. C’est à ce moment-là que nous allons en apprendre beaucoup plus sur les petits réacteurs modulaires, leur développement et leur relation avec Point Lepreau.»

Mais M. Nouwens défend la demande de 25 ans, notant que de nombreux autres pays ont des licences plus longues. Les États-Unis accordent des licences de 40 ans pour les nouveaux réacteurs nucléaires, note-t-il.

Il a ajouté que la commission de sécurité dispose d’un personnel permanent sur le site de Point Lepreau qui peut arrêter la centrale nucléaire s’il estime que quelque chose n’est pas sûr.  

Comme Mme Wylie, M. Dalzell a dit qu’il prévoyait également poser des questions sur le changement climatique et sur la façon dont l’emplacement de Point Lepreau, sur la côte de la baie de Fundy, pourrait être affecté par l’élévation du niveau de la mer et les phénomènes météorologiques extrêmes.

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