Duel du ciment entre les familles Desmarais et Beaudoin-Bombardier

Publié le 29/01/2014 à 07:06

Duel du ciment entre les familles Desmarais et Beaudoin-Bombardier

Publié le 29/01/2014 à 07:06

Par Yannick Clérouin

Deux des plus puissantes familles du Québec Inc. s’affronteront dans le marché du ciment.

Le projet de construction d’une super cimenterie en Gaspésie verra le jour, après plus de dix ans de discussions.

Les médias d’affaires québécois ont été convoqués à une conférence de presse vendredi au cours de laquelle le gouvernement Marois annoncera qu’il allonge 350M$ pour financer la construction de la cimenterie de Port-Daniel, en Gaspésie, a appris La Presse.

Le projet est évalué à plus de 1G$. Ciment McInnis et le groupe Beaudier, la société d’investissement privée dirigée de la famille Beaudoin-Bombardier, ont conclu une entente avec Québec au sujet du financement du projet.

Ciment McInnis a été formée après l’acquisition de Cimbec par le groupe Beaudier, en décembre 2011.

La construction de l’usine devrait entraîner l’embauche de 2000 personnes, tandis que son exploitation devrait générer 400 emplois. Le début des travaux est prévu en 2014.

Opposition de Lafarge

L’ajout important de capacité dans le marché du ciment au Québec n’est en rien pour réjouir la famille Desmarais, qui, par l’entreprise du conglomérat Power Corporation, possède une participation de 21% dans la multinationale française du ciment Lafarge.

Lafarge exploite notamment des cimenteries et des bétonnières au Québec.

En octobre dernier, Argent rapportait que Lafarge Canada craignait que la cimenterie de McInnis ne sature le marché québécois, qui se trouve déjà en situation de surplus.

«Si nous ne pouvons maintenir nos activités suite à ce surplus, nous devrons malheureusement couper des postes à notre usine de St-Constant pour demeurer concurrentiels», avait dit à Argent Alex Wojciechowski, directeur de la cimenterie Lafarge de St-Constant, dans une lettre.

La faiblesse de la demande dans le marché de la construction au Québec avait déjà forcé Lafarge à éliminer des postes.

McInnis avait alors affirmé qu’elle avait plutôt l’intention de vendre le ciment qu’elle produirait à des bétonnières étrangères, notamment aux États-Unis, où il y a une reprise notable dans le marché de la construction.

23 ans plus tard dans l'Est du Québec

C'était au milieu des années 1990; le taux de chômage dépassait allègrement les 10% au Québec. En Gaspésie, il atteignait des niveaux astronomiques. L'annonce d'un projet de 307 M$ à Port-Daniel, dans l'une des MRC les plus pauvres au Québec, était une vraie bénédiction. Imaginez: 200 emplois à temps plein, sans compter les emplois liés à la construction.

Il restait bien des études à réaliser avant de construire une cimenterie, mais son promoteur de l'époque, Guy Rousseau, optimiste comme tous les promoteurs, se disait sûr «à 100 %» que le projet se réaliserait. Joint par Les Affaires, il s'était tout de même montré réservé. Et ça se comprend: à l'été 1991, un homme d'affaires d'Odanak, dans la région de Sorel, Réjean Aucoin, avait annoncé la construction d'une cimenterie de 800 M$ à Port-Daniel.

Vingt-trois ans après l'annonce de M. Aucoin, le projet de cimenterie de Port-Daniel refait surface. Souhaitons aux Gaspésiens que M. Rousseau ait finalement vu juste !

Avec Dominique Froment

 

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