Des ponts à péage pour réduire la congestion à Montréal

Publié le 02/11/2015 à 06:05, mis à jour le 02/11/2015 à 09:54

Des ponts à péage pour réduire la congestion à Montréal

Publié le 02/11/2015 à 06:05, mis à jour le 02/11/2015 à 09:54

Par François Normand

Pour réduire la congestion dans le Grand Montréal, la Commission de l'écofiscalité du Canada propose dans un rapport publié ce lundi de créer un projet pilote de tarification routière, car les embouteillages coûtent 1,7 milliard de dollars par année à l'économie de la Métropole.

Créée en novembre 2014, la commission formée d'éminents économistes canadiens est dirigée par Chris Ragan, professeur d'économie à l'Université McGill. Sa mission est de formuler des recommandations à tous les ordres de gouvernement, particulièrement ceux des provinces et des municipalités.

Le rapport qu'elle publie aujourd'hui s'intitule «Congestion fluide en vue – Tarifer la congestion pour mieux la combattre».

Dans un entretien avec Les Affaires, l'un des auteurs du rapport, Paul Lanoie, spécialiste en développement durable et en gestion de l'environnement à HEC Montréal, est allé un peu plus loin que les recommandations du rapport.

Celui qui a analysé la tarification dans plusieurs villes dans le monde estime que les gouvernements devraient envisager à terme d'instaurer des péages sur tous les ponts de la métropole, y compris le nouveau pont Champlain, tout en investissant dans le transport en commun.

Cela stimulerait l'économie et la productivité des entreprises.

Selon le rapport, les coûts de 1,7 G$ entraînés par la congestion routière se traduisent notamment par des pertes de productivité, une surconsommation de carburant et des délais de livraison des marchandises.

Ce qui représente grosso modo 1% du PIB du Grand Montréal.

La congestion a aussi un impact sur les transporteurs routiers.

En 2012, une étude réalisée conjointement par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et SECOR montrait que chaque heure perdue dans les embouteillages entraînait un manque à gagner de 65$ à 85$ par camion, soit entre 12,5% et 13,5% des revenus générés.

De toutes les villes qui ont des péages dans le monde, Paul Lanoie estime que Montréal devrait s'inspirer de Stockholm pour tenter de corriger l'impact négatif de la congestion par le biais d'une tarification.

Stockholm a réduit la congestion de 20%

La capitale suédoise a réussi à réduire la congestion sur son réseau routier en instaurant un système de péage à 18 points de contrôle stratégiques.

«Le tarif n'est pas énorme, mais il a permis de réduire de 20% le trafic à l'heure de pointe», souligne Paul Lanoie, en précisant que la ville a aussi bonifié son offre de transport en commun (80% des revenus générés par la tarification routière ont servi à financer des projets).

Ainsi, pour entrer dans la capitale suédoise, les automobilistes doivent payer un tarif oscillant de 10 à 20 couronnes suédoises (soit de 1,50$ à 3,06$ CA), et ce, entre 6h30 et 18h30.

À l'extérieur de cette période (soit de 18h31 à 6h29), aucun tarif n'est facturé aux automobilistes.

Pour l'ensemble des ponts donnant accès à l'île de Montréal, Paul Lanoie estime que l'on pourrait s'inspirer du tarif de 3,16$ en période de pointe facturé actuellement sur le pont de l'A25, reliant Laval à Montréal.

«Cela pourrait être un ordre de grandeur intéressant», dit-il.

Selon le rapport de la Commission de l'écofiscalité du Canada, les temps de déplacement sont plus longs à Montréal que presque partout ailleurs au pays.

La moitié des Montréalais consacrent chaque jour au moins deux heures à l’aller-retour entre le travail et la maison.

Le rapport souligne aussi le fait que la congestion routière a des impacts sur la santé des Montréalais, car elle accroît la pollution atmosphérique causée par les véhicules.

Ce qui crée des problèmes de santé comme l’asthme, l’hypertension artérielle, les affections cardiovasculaires, le diabète et le stress.

Selon l'Association médicale canadienne, les effets néfastes de la pollution sur la santé - maladies et décès prématurés - entraîneront des coûts de 228 milliards de dollars à l'économie canadienne entre 2008 et 2031, pour une moyenne de 10G$ par année.

Dans son rapport, la Commission de l’écofiscalité du Canada recommande d'ailleurs de mettre sur pied des projets pilotes de tarification routière dans les grandes villes canadiennes.

 

 

 

 

 

 

 


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