"Dans le doute, il ne faut pas s'abstenir"

Publié le 17/05/2007 à 15:30

"Dans le doute, il ne faut pas s'abstenir"

Publié le 17/05/2007 à 15:30

Par lesaffaires.com

Face aux nombreux défis posés par la protection de l'environnement, il faut encourager la croissance économique, mais l'encadrer de manière stricte afin qu'elle soit vivable, viable et équitable.

C'est la thèse de l'économiste français Bernard Bobe, professeur à l'École nationale supérieure de chimie de Paris. Il est de passage au Québec cette semaine afin de faire une présentation devant le congrès annuel de l'Association des économistes québécois, qui porte sur l'économie et le développement durable.

 

Dans une entrevue accordée au journal LES AFFAIRES, M. Bobe affirme qu'il faut faire du progrès technologique, de l'innovation et de la capacité entrepreneuriale les piliers d'une société durable. Il s'oppose à ce qu'il appelle l'écologie dénonciatrice : "Certains écologistes sectaires veulent arrêter la croissance ou prônent la croissance négative, ce qui ferait des millions de chômeurs, des révolutions et tout ce qu'on voudra. Plutôt que de proposer une croissance négative, poussons l'innovation avec une taxe sur le carbone et un mécanisme d'échange de crédits afin de permettre au niveau de vie de croître dans nos sociétés tout en préservant l'environnement."

Pour M. Bobe, l'incertitude scientifique entourant la question des changements climatiques ne doit pas servir à justifier l'inaction. "Contrairement à l'expression, dans le doute, il ne faut pas s'abstenir, il faut agir et faire comme si les changements climatiques étaient une réalité", affirme-t-il.

Une taxe sur le carbone

Pour faire face au dérèglement du climat, il faut selon lui réorienter l'innovation avec un système de prix plus efficace, qui permettra d'internaliser les coûts externes, comme la pollution et les gaz à effet de serre. La croissance économique accélérée et les progrès technologiques ont contribué aux problèmes environnementaux.

"Le défi est maintenant de renverser la vapeur en stockant le dioxyde de carbone, en misant sur les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique, notamment." Pour y arriver, ajoute-t-il, il faut encourager la capacité entrepreneuriale et l'innovation," notamment par une collaboration accrue dans le domaine de la recherche entre les universités et les entreprises. Pour citer le grand économiste Joseph Schumpeter, "l'entreprise qui n'innove pas meurt !".

La fixation d'un prix qui tient compte des effets externes permettra de stimuler l'innovation de manière importante tout en changeant les comportements : "Nous mangerons des fraises à la saison des fraises, et non plus toute l'année durant", signale M. Bobe, qui concède que la taxe sur le carbone devra être relativement élevée pour avoir un véritable impact, "probablement entre 30 et 50 euros la tonne de GES".

Si certaines habitudes sont difficiles à changer, des nouvelles récentes lui permettent d'être optimiste : "En Europe, mais également aux États-Unis, il y a de plus en plus d'entreprises pour qui réduire les émissions de GES est une question d'affaires". Bernard Bobe croit au progrès scientifique et technologique." Mais il ne faut pas attendre cette percée technologique, il faut mettre beaucoup d'argent dans la recherche de manière à accélérer son développement et éviter le piège de la solution unique. "Il existe un éventail de mesures que nous pouvons prendre", conclut-il.

Cet article paraît dans l'édition du 19 mai du journal Les Affaires.


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