Croissance modérée ne veut pas dire récession

Offert par Les Affaires


Édition du 23 Février 2019

Croissance modérée ne veut pas dire récession

Offert par Les Affaires


Édition du 23 Février 2019

Par Mathieu D'Anjou

EXPERT INVITÉ — Les derniers mois de 2018 ont été marqués par une poussée d'inquiétude à l'échelle internationale, qui a entraîné une chute spectaculaire des places boursières. Alors que le cycle de croissance américain fêtera bientôt son dixième anniversaire, certains commentateurs n'hésitent pas à dire qu'une récession est imminente. Est-ce que ces craintes sont fondées ?

Au commencement de 2018, les perspectives pour l'économie mondiale semblaient particulièrement favorables. Une accélération généralisée de la croissance économique avait été observée en 2017 et le niveau élevé des indices de confiance ainsi qu'une importante réforme fiscale américaine laissaient entrevoir que la croissance resterait robuste pour encore plusieurs trimestres. La performance économique de la planète a effectivement été solide en 2018, le PIB mondial progressant à un rythme similaire à celui de 2017 selon nos dernières estimations. Toutefois, cette bonne performance s'est surtout appuyée sur une accélération de la croissance aux États-Unis, alors que la plupart des autres économies avancées ont ralenti l'an dernier. Les manoeuvres protectionnistes de l'administration américaine et certains développements politiques préoccupants ont assombri les perspectives de croissance, en particulier du côté de la Chine et de l'Europe. Les craintes d'un resserrement trop rapide des politiques monétaires ont également contribué à une forte dégradation de l'humeur des investisseurs au cours des derniers mois de 2018.

Les perspectives demeurent solides pour l'économie américaine

En ce début de 2019, il y a donc de bonnes raisons d'être plus préoccupé de la situation économique internationale. Il faudra en particulier surveiller la situation en Europe, alors que même la puissante économie allemande montre des signes de faiblesse. Il faut cependant comprendre qu'il est tout à fait normal d'observer une croissance économique relativement faible en Europe et au Japon puisque le potentiel de croissance de ces régions est limité par le vieillissement important de leur population.

Les perspectives demeurent toutefois plus favorables en Amérique du Nord. La chute des marchés boursiers et la fermeture partielle du gouvernement américain ont entraîné une baisse des indices de confiance des ménages au tournant de l'année, mais le rebond important des indices boursiers depuis le commencement de 2019 ne laisse pas entrevoir que la tendance baissière se poursuivra. L'excellente performance du marché du travail américain est aussi encourageante pour la suite des choses. Le récent recul des taux obligataires, alors que la Réserve fédérale promet maintenant d'être patiente avant de modifier à nouveau sa politique monétaire, devrait aussi favoriser la consommation et l'investissement. On devrait tout de même observer une modération de la croissance américaine cette année puisque les effets des baisses d'impôts seront moins importants qu'en 2018. Il y a tout de même lieu de croire que la progression de l'économie américaine demeurera relativement vigoureuse à moins qu'un important choc négatif ne survienne. Les craintes d'une récession imminente aux États-Unis nous semblent ainsi grandement exagérées et il faut noter que les quatre variables qui pourraient signaler un renversement du cycle économique américain continuent toutes de progresser.

L'économie canadienne est actuellement désavantagée par les difficultés des producteurs de pétrole de l'Ouest canadien, mais la situation du marché du travail et des ménages demeure aussi favorable de ce côté de la frontière. Une demande américaine robuste et une pause dans l'augmentation des taux d'intérêt sont également encourageantes pour la suite des choses au Canada.

EXPERT INVITÉ
Mathieu D’Anjou
, CFA, est économiste en chef adjoint aux Études économiques du Mouvement Desjardins.

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