Crise financière : Steve Forbes accuse

Publié le 10/10/2008 à 00:00

Crise financière : Steve Forbes accuse

Publié le 10/10/2008 à 00:00

Par François Normand

Parmi ses cibles, la Réserve fédérale et sa politique de faibles taux d'intérêt qui a créé la bulle immobilière à l'origine de la crise. "Ça nous a menés à la catastrophe", a déclaré Steve Forbes dans un discours prononcé dans le cadre des conférences Allstream Global Forum, le 30 septembre.

Dans un entretien avec Les Affaires, celui qui fut candidat à la chefferie du Parti républicain en 1996 et en 2000, sans succès, a aussi pourfendu le gouvernement Bush pour sa gestion de la crise financière, tout en proposant ses propres solutions.

Journal Les Affaires - La crise financière sonne-t-elle le glas de l'ère Reagan-Thatcher de déréglementation et de laissez-faire économique qui a commencé il y a une trentaine d'années ?

Steve Forbes - En fait, la cause de la crise actuelle est la non-application des règles en vigueur, et aussi des erreurs majeures commises par la Fed, qui a trop réduit les taux d'intérêt depuis 2004.

Pour sa part, la Securities and Exchange Commission (Commission des valeurs mobilières) n'a jamais appliqué efficacement la loi régissant les ventes à découvert [une opération hautement spéculative qui mise sur la chute d'un titre boursier].

Enfin, les principaux instigateurs des prêts hypothécaires à haut risque sont deux quasi-sociétés d'État, Fannie Mae et Freddie Mac [deux géants américains du refinancement hypothécaire que Washington vient de mettre sous tutelle], qui étaient pourtant supervisées par une agence fédérale et par le Congrès américain.

Depuis des années, des gens sonnaient l'alarme pour dire que cette bulle immobilière ne pouvait pas durer éternellement et que la fin ne serait pas heureuse.

JLA - Quel rôle a joué la presse économique et financière dans cette crise, en recommandant par exemple des actions de banques d'affaires qui sont aujourd'hui en faillite ou qui ont été rachetées ?

S.F. - Je crois que les médias ont essayé de rapporter ce qui se passait dans le marché. Pour ce qui est de Merrill Lynch [en avril 2008, Forbes écrivait que l'entreprise était en très bonne forme], l'ex-patron de cette entreprise, John Thain, a fait du bon boulot.

Il a résolu le problème des prêts hypothécaires à haut risque chez Merrill Lynch, et ceux dont il n'a pu se débarrasser ont été vendus à bas prix. C'est pourquoi Bank of America était prête à acheter cette entreprise.

Les médias économiques ont plutôt bien fait leur travail. Si vous voulez la perfection, vous ne l'aurez jamais. Cela dit, je ne crois pas que les médias aient commis des erreurs aussi graves que la Réserve fédérale.

JLA - Que pensez-vous du programme de 700 milliards de dollars du gouvernement Bush ? Est-ce une bonne solution ?

S.F. - C'est un bon plan dans les circonstances. Il fallait faire quelque chose : le système du crédit était au bord de l'arrêt cardiaque. Les banques ne se prêtent plus entre elles. Elles augmentent les taux d'intérêt auxquels elles s'empruntent de l'argent, ce qui signifie qu'elles ne se font plus confiance.

De leur côté, les émetteurs de cartes de crédit limitent le crédit, et des entreprises empruntent de l'argent dont elles n'ont pas besoin en ce moment, simplement parce qu'elles craignent de ne plus pouvoir le faire plus tard !

JLA - Si vous étiez président, quelle serait votre solution pour sauver le système financier et relancer l'économie ?

S.F. - Plusieurs choses doivent être faites immédiatement. L'une est de renforcer le dollar américain. L'administration Bush a de facto une politique de dollar faible, ce qui est un désastre. Par ailleurs, je modifierais les règles du mark-to-market qui, dans leur forme actuelle, obligent les entreprises à ajuster la valeur comptables de leurs actifs en fonction de leur cours sur les marchés. En forçant à réduire la valeur des actifs sous leur valeur réelle, ces règles ont accentué la crise financière. Je renforcerais aussi les règles sur certains types de ventes à découvert. Enfin, je proposerais des baisses massives d'impôt.

JLA - Comment voyez-vous l'avenir des médias écrits ? Aujourd'hui, on dit qu'un magazine possède un site Web. Le prochain modèle sera-t-il qu'un site Web détient un magazine ?

S.F. - Les deux médias vont se développer, mais sur différentes plateformes. Il ne faut pas les utiliser de la même façon. Par exemple, 98 % du contenu du site Web de Forbes est différent de celui publié dans le magazine. Le Web et la presse écrite peuvent donc cohabiter. Les gens aiment lire les magazines; ces derniers ont une durée de vie plus longue que les quotidiens. De plus, les magazines donnent une meilleure vue d'ensemble qu'un article affiché à l'écran d'un ordinateur.


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