Comment Harvard a réussi à amasser 33 G$ US


Édition du 22 Février 2014

Comment Harvard a réussi à amasser 33 G$ US


Édition du 22 Février 2014

Hélène Chalifour-Scherrer

Grâce aux dons de toutes sortes, Harvard jouit d'un trésor de guerre de 33 milliards de dollars américains. Et la célèbre université américaine est en pleine campagne de collecte de fonds, avec un objectif de 6,5 G$ US.

Christian Bolduc, pdg de BNP Stratégies, une firme montréalaise de conseil en gestion philanthropique, se disait que ces gens-là devaient savoir comment aller chercher de l'argent. Grâce à un client en relation avec une personne du bureau de développement et de l'Association des diplômés d'Harvard, il s'est fait inviter pendant deux jours, en octobre, avec sa vice-présidente au développement, Hélène Chalifour-Scherrer, ancienne ministre du Patrimoine canadien.

Ce qu'ils ont vu et entendu les a surpris et ravis : «Ils [les Américains] sont vraiment en avance sur le Québec. Il faut absolument adopter leur approche», estime M. Bolduc, avocat de formation.

Adopter, mais aussi adapter, parce que le contexte est différent : une armée de 650 personnes travaille à recueillir des fonds pour Harvard, ce qui est impensable au Québec. En outre, 98 % des étudiants d'Harvard vivent sur le campus, avec un professeur et sa famille dans chacune des résidences, ce qui crée un extraordinaire sentiment d'appartenance. Et on peut parier que les diplômés d'Harvard ont des revenus supérieurs à ceux des universités québécoises.

Quoi qu'il en soit, il y a sans doute des leçons à tirer de cette expérience au coeur de la Mecque de la philanthropie américaine.

Pas de sollicitation d'entreprises

Au Québec, on dit souvent que ce sont les entreprises qui ont de l'argent. Et elles sont effectivement très sollicitées. «Beaucoup de chèques de dons viennent des entreprises au Québec», dit M. Bolduc. L'Université Harvard, elle, ne sollicite jamais les entreprises. Étonnant !

«Harvard tient absolument à développer des relations avec les individus, et non avec les organisations, explique Mme Chalifour-Scherrer. Après tout, Jean Coutu, personnellement, a peut-être plus d'argent à donner que le Groupe Jean Coutu.»

Pour Harvard, les individus ciblés sont essentiellement ses diplômés et ses professeurs. Des diplômés qui ne sont pas tous millionnaires, mais qui ont des revenus bien supérieurs à la moyenne. «Au Québec, il faudrait que même les écoles secondaires restent en contact avec leurs anciens élèves, dit Mme Chalifour-Scherrer. Mais on n'a pas ce réflexe.»

«Chez nous, tous les organismes sollicitent les mêmes entreprises ; il y a des limites. Pourquoi ne pas solliciter personnellement le pdg et les vice-présidents de ces entreprises ? demande M. Bolduc. Quand un pdg annonce un don de son entreprise, lui, personnellement, a-t-il mis la main dans sa poche ?»

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