Climat: fin de COP tendue en Pologne

Publié le 14/12/2018 à 06:50

Climat: fin de COP tendue en Pologne

Publié le 14/12/2018 à 06:50

Par AFP

(Getty)

Entre retards, désaccords et pressions de toutes parts, la 24e conférence climat de l'ONU (COP24) s'est engagée vendredi vers un finish intense, avec peut-être à la clé l'espoir d'un accord ambitieux pour l'application du pacte de Paris.

Prévue pour se terminer vendredi, la COP de Katowice devrait respecter la tradition et se prolonger quelque peu, anticipaient déjà les négociateurs, qui ont sous les yeux un projet d'accord dont ils doivent encore trancher les points clés.

Leur mission: trouver le mode d'emploi de l'accord de Paris, qui vise à limiter le réchauffement à 2°C, voire 1,5°C, par rapport au niveau pré-industriel.

Ce sprint final arrive après deux semaines agitées, crispées par un contexte géopolitique défavorable à la cause climatique, marquées par une controverse imprévue sur le rapport scientifique du Giec et par le retour des divisions entre pays du Nord et du Sud, point récurrent des négociations climat.

Alors ces dernières heures suffiront-elles? «Il faut réussir le test de la COP24», rassure le négociateur malien Seyni Nafo, porte-parole du groupe Afrique. En 2015 à Paris, «les étoiles étaient alignées. Aujourd'hui, on est dans une situation plus compliquée, mais les choses vont peut-être rebondir en 2020-21. Entretemps, qu'au moins on produise des règles crédibles. C'est un signal que la communauté internationale enverrait à Donald Trump ou Jair Bolsonaro, qui se préparent déjà à faire des tweets. Il ne faut pas leur donner cette occasion!»

Les implications du «mode d'emploi» ne sont pas anecdotiques. En vertu de l'accord de Paris, les engagements des pays pour réduire les gaz à effet de serre sont volontaires. Mais leur suivi doit être multilatéral, avec des règles de transparence, comme autant de «poutres» garantissant la solidité de l'édifice.

À Katowice, cette discussion sur la manière dont les États devront rendre compte de leurs actions, a notamment été l'affaire des États-Unis et de la Chine. Le premier poussant, avec d'autres pays riches, pour des règles de suivi strict, et le second pour la flexibilité accordée aux pays en développement. Mais comment traduire cette flexibilité? Faut-il y attacher un délai?

La question des financements des politiques climatiques est l'autre préoccupation des pays pauvres, notamment la manière dont va s'organiser la montée des fonds promis par le Nord à partir de 2025.

Tocsin

Le mode d'emploi n'est pas le seul objet de controverse. Les délégués doivent encore régler un hic survenu autour de la mention du dernier rapport du groupe des experts de l'ONU (Giec) dans la décision finale. Arabie Saoudite, Russie, Etats-Unis, refusent le terme «accueille favorablement», que les petites îles en particulier réclament absolument.

Publié tôt vendredi matin, le projet de décision propose que la COP «invite les parties à faire usage de l'information contenue dans le rapport» du Giec. «La COP reconnaît le rôle du Giec, chargé de fournir les données scientifiques pour informer les parties», ajoute le texte.

À la table des pourparlers, il y a aussi «l'ambition»: comment pousser les États, dont les engagements formulés en 2015 pour réduire les gaz à effet de serre sont notoirement insuffisants, à présenter d'ici 2020 des plans renforcés?

Dans le projet de décision, la COP «réitère sa demande» de «mise à jour» de leur contribution d'ici 2020, les mêmes termes que l'accord de Paris, rien de plus.

«C'est un début, mais l'entreprise est inachevée», a réagi Jennifer Morgan, pour Greenpeace. «Il nous faut un signal plus clair en faveur de l'ambition et nous appelons les pays à oeuvrer pour une décision les engageant à relever leurs contributions».

Le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres était attendu vendredi à Katowice pour la troisième fois. Mercredi, il appelait à intensifier l'action, devant un réchauffement "galopant".

Les promesses nationales présentées en 2015 conduisent à un monde à +3°C. Le Giec a dressé le tableau des impacts déjà en cours, à + 1°C aujourd'hui, et montré l'ampleur de ceux à venir à +1,5.

En Silésie, les pays les plus vulnérables ont aussi sonné le tocsin face au «risque d'extinction» qui les menace. «C'est le temps du leadership, pas de la lâcheté», a dit le Philippin Emmanuel de Guzman.

Des leaders qui manquent cruellement, ont regretté les ONG. «Le secrétaire général met la pression sur la Chine pour qu'elle assume ce rôle de leader», souligne Camilla Born, du think tank E3G.

Quant à la Pologne, présidente de cette COP24 organisée au coeur de sa capitale du charbon, elle se concentre sur le mode d'emploi, mais n'a jamais eu à son programme le renforcement des engagements.


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