Canada : l'économie n'est pas si fragile

Publié le 02/09/2008 à 00:00

Canada : l'économie n'est pas si fragile

Publié le 02/09/2008 à 00:00

Par François Rochon

Tenir compte de l'enrichissement

Le PIB est la mesure la plus utilisée dans le monde pour évaluer la vigueur d'une économie. La version exprimée en termes réels retranche les effets des fluctuations des prix et représente le volume de production d'une économie.

Le hic, c'est qu'en éliminant complètement l'effet des variations des prix, le PIB réel ne tient pas compte des changements des termes de l'échange, soit du rapport entre les prix des exportations et des importations d'un pays.

Or, une augmentation des termes de l'échange améliore habituellement le bien-être d'une population.

Ainsi, depuis quelques années, la hausse des prix des matières premières exportées par le Canada augmente les revenus, tandis que la baisse des prix des biens et services importés réduit les dépenses.

Bref, les Canadiens obtiennent plus en payant moins.

Pour remédier à cette lacune du PIB réel, plusieurs mesures sont disponibles.

La plus connue est lerevenu intérieur brut (RIB) réel, qui corrige le rapport entre les exportations et les importations à l'aide du même indice de prix. Techniquement, le RIB réel est obtenu en appliquant l'indice des prix de la demande intérieure pour corriger le PIB nominal.

De cette manière, le RIB réel tient compte des fluctuations des termes de l'échange ainsi que des variations dans le volume de production.

Historiquement, la progression du RIB réel et du PIB réel a été assez similaire au Canada; cependant, on note un écart sensible entre ces deux mesures depuis 2003, c'est-à-dire depuis que les prix des matières premières ont commencé à s'apprécier.

Ainsi, le RIB réel a progressé de 21,4 % depuis le début de 2003, par rapport à 13,8 % pour le PIB réel. Cela se traduit par un écart moyen d'un peu plus de 1 % (à un rythme annualisé) par trimestre.

Le RIB réel dresse donc un portrait plus optimiste de l'économie canadienne que ne le laissent croire les récentes données sur le PIB réel.

Les provinces exportant des matières premières et, surtout, du pétrole et du gaz, comme l'Alberta, affichent une progression du RIB réel beaucoup plus élevée que d'autres. Tout comme pour le PIB, l'évolution du RIB réel confirme les difficultés économiques de l'Ontario et, dans une moindre mesure, du Québec.

L'auteur est économiste en chef au Mouvement des caisses Desjardins

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