"C'est le citoyen qui doit être le boss"

Publié le 03/03/2011 à 00:00, mis à jour le 03/03/2011 à 06:34

"C'est le citoyen qui doit être le boss"

Publié le 03/03/2011 à 00:00, mis à jour le 03/03/2011 à 06:34

Par Mathieu Lavallée

Charles Sirois [Photo : Gilles Delisle]

Charles Sirois est libéré du carcan médiatique imposé par le lancement officiel, le 21 février, de la Coalition pour l’avenir du Québec, mouvement qu’il a cofondé avec l’ancien ministre péquiste François Legault. Il s’est confié à l’équipe éditoriale de Les Affaires pour faire le point sur son engagement dans ce projet.

Même si la Coalition et son manifeste ont reçu un accueil tiède, Charles Sirois n’a rien perdu de sa motivation. Voici quelques-unes des positions exprimées par un homme d’affaires passionné par le Québec.

Sur l’accueil réservé au manifeste et à la Coalition

Pour Charles Sirois, le manifeste est un point de départ, non une destination. C’est avec les consultations des prochains mois que la Coalition entend déterminer trois mesures concrètes pour chacun des quatre volets de sa réflexion : l’éducation, la culture, les services publics et l’économie.

Sur l’absence de figures connues dans la Coalition

Douze signatures, c’est peu, mais la Coalition n’a pas cherché à en obtenir beaucoup, précise Charles Sirois. François Legault et lui ont consulté bien des personnes qui ne pouvaient se joindre à la Coalition en raison de leurs obligations professionnelles. L’objectif de la Coalition n’est pas de récolter des signatures, mais d’élaborer un plan contenant des mesures concrètes.

Sur la place des jeunes

Chaque fois qu’un projet est conçu au Québec, il l’est selon les anciennes façons de faire. Il faut donner aux jeunes une plateforme politique pour qu’ils puissent mettre en place le futur qu’ils veulent. « C’est pour ça qu’il n’y a pas de noms connus parmi les signataires. Nous ne voulions pas que la Coalition soit composée de ceux qui ont pensé le Québec il y a 30 ans. »

Sur l’entrepreneuriat

La question de l’entrepreneuriat recoupe celle de l’éducation, dit-il. La richesse future du Québec et la cohésion de la société en dépendent. Le système d’éducation doit être à la fine pointe, il doit pouvoir compter sur la participation des parents pour encourager les jeunes à passer à l’action, à oser. « C’est un état d’esprit à cultiver. Il faut même laisser à l’occasion les gens se “casser la gueule”. »

Sur la culture

Faire de la culture québécoise une marque mondiale, voilà une des missions que pourrait se donner la Coalition de M. Sirois. « L’un de mes amis, gérant des Rolling Stones, m’a confié qu’il vient chercher ses employés à Montréal, parce que c’est ici qu’il trouve les meilleurs. Nous sommes des champions du show-business. Pourrions-nous capitaliser sur nos réussites pour bâtir une industrie d’envergure internationale ? Sans compter le fait que le facteur francophone est unique. »

Sur le rôle du citoyen

Le collectif (l’État) a accompli de grandes choses au Québec depuis la Révolution tranquille, mais le citoyen québécois doit reprendre les devants. Il occupe une place centrale, mais il ne s’en sert pas. Il doit agir lui-même et ne pas se contenter de faire des constats en attendant que les autres agissent pour lui.

« C’est un peu ce que je reproche aux Lucides [Pour un Québec lucide est un manifeste signé par 12 personnalités québécoises, dont l’ex-premier ministre du Québec Lucien Bouchard]. Ils ont fait une série de constats et ont demandé à l’État d’agir. Mais c’est le citoyen qui est le boss, celui qui décide ce que l’État devrait être. »

Sur l’obligation de redonner

Les personnes qui ont réussi sont redevables envers la société québécoise. Une partie de leur succès peut être attribuée aux gestes qu’elles ont posés, mais plusieurs facteurs qu’elles ne contrôlent pas les ont aussi aidées. Ces personnes se doivent donc de redonner.

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