Approvisionnement tout-terrain

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Septembre 2021

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Par Emmanuel Martinez

Rocky Mountain songe même à faire elle-même une partie de l’assemblage final si cela peut permettre de livrer plus rapidement ses produits aux détaillants. (Photo: courtoisie)

APPROVISIONNEMENT. La pandémie de COVID-19 a forcé ou favorisé des transformations en matière d’approvisionnement. Que ce soit pour garantir de ne manquer de rien, pour se démarquer ou par souci de l’environnement, toutes les raisons sont bonnes pour s’adapter.

Chez le concepteur de vélo Rocky Mountain, les acquisitions de pièces en Asie pour la fabrication de bicyclettes, aussi réalisée dans cette région du monde, se font maintenant deux ans à l’avance.

« Les délais pour obtenir certaines pièces sont passés de 90 à 500 jours en raison de la pandémie et de la forte demande, donc on a repensé nos périodes d’achats pour être certains de pouvoir livrer les vélos aux détaillants, explique la directrice générale de l’entreprise située en Beauce, Katy Bond. On a fait nos achats jusqu’en 2023 même si on n’a pas d’indicateur de marché. »

« Pour acheter, il faut savoir ce qu’on va vendre, donc on a poussé l’accélérateur en développement de produits », ajoute-t-elle.

L’entreprise appartenant à Raymond Dutil a donc augmenté du cinquième le nombre d’employés pour passer à travers la crise sanitaire et l’explosion de la demande pour des vélos. Elle emploie environ 125 personnes, dont 80 au Québec et le reste en Colombie-Britannique.

La PME conçoit les vélos et s’occupe du marketing. Tous les composants, tels les pneus ou les dérailleurs, sont faits en Asie par de grands joueurs, comme Shimano, qui n’arrivent pas à répondre à l’énorme demande. Puisque tous les fabricants du monde s’approvisionnent à la même source, il n’est pas facile d’avoir sa part du gâteau, surtout lorsqu’on est un petit joueur.

« La guerre, c’est d’être les premiers, mentionne Katy Bond. On n’est pas parmi les plus gros, donc il faut avoir plus de flexibilité ou d’agilité. On sait naviguer dans les eaux troubles. On est en bonne position. »

Cette nouvelle stratégie d’approvisionnement s’accompagne d’une planification de production avec la société partenaire qui fait l’assemblage en Asie.

« Ils doivent savoir quand les pièces vont arriver. Il faut un ajustement de la chaîne au complet », souligne-t-elle.

La PME québécoise songe même à faire elle-même une partie de l’assemblage final si cela peut permettre de livrer plus rapidement ses produits aux détaillants.

 

Casse-tête avec les conteneurs

La pandémie a également provoqué bien des soucis pour l’expédition des produits finis.

« Il y a eu beaucoup de problèmes avec les conteneurs, rapporte Katy Bond. Le port de Los Angeles est débordé. On doit changer de route de livraison. On passe davantage par Tacoma [dans l’État de Washington] et Vancouver. »

La grève des débardeurs au port de Montréal cette année et les pépins au canal de Suez ont aussi nui.

« On a dû augmenter le nombre de transporteurs pour être plus flexibles, soutient la dirigeante de Rocky Mountain. On a même dû faire affaire avec FedEx. Transporter des vélos par avion, c’est exorbitant, mais on l’a fait pour certaines situations spéciales. »

Elle peut toutefois se consoler en constatant que la demande pour ses produits a explosé.

« On va croître de 40 % au cours des deux prochaines années. C’est inespéré », dit celle qui croit que cette hausse marquée va se poursuivre pour au moins trois ans.

« C’est une opportunité extraordinaire… mais qui vient avec des défis extraordinaires. »

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