Airbus Canada pourrait embaucher 500 personnes pour produire plus de A220

Publié le 10/11/2021 à 07:58

Airbus Canada pourrait embaucher 500 personnes pour produire plus de A220

Publié le 10/11/2021 à 07:58

Par La Presse Canadienne

La multinationale française produit mensuellement 5 appareils de l’ex-C Series de Bombardier, soit 4 à Mirabel et 1 à Mobile en Alabama. Le nombre total devrait passer à 6 par mois en 2022. L’objectif est d’augmenter progressivement le rythme à 14 par mois en 2025, avec 10 appareils assemblés au Québec et 4 aux États-Unis. (Photo: La Presse Canadienne)

Mirabel — Airbus Canada a mis de côté l’idée de construire deux autres usines à Mirabel pour accueillir de nouveaux projets, mais elle veut toujours accélérer la cadence de production de l’A220, ce qui entraînerait la création d’au moins 500 nouveaux emplois dans la ville des Laurentides. 

La multinationale française produit mensuellement 5 appareils de l’ex-C Series de Bombardier, soit 4 à Mirabel et 1 à Mobile en Alabama. Le nombre total devrait passer à 6 par mois en 2022. L’objectif est d’augmenter progressivement le rythme à 14 par mois en 2025, avec 10 appareils assemblés au Québec et 4 aux États-Unis. 

Ce plan de croissance nécessitera des embauches, a dit Benoît Schultz, président-directeur général d’Airbus Canada, lors d’un breffage avec les médias à Mirabel. S’il n’a pas voulu donner de cibles précises, il a dit que l’effectif de 2500 employés à Mirabel passerait éventuellement «la barre des 3000».

Même la valeur de la participation de 25% du gouvernement du Québec est maintenant considérée comme «nulle», selon le dernier rapport du Fonds du développement économique, M. Schultz est «extrêmement optimiste» quant à «l’ambitieuse feuille de route» prévue pour l’A220.  

Si l’industrie aérienne est toujours plombée par la pandémie, le dirigeant voit poindre la reprise. «Les discussions que nous avons avec nos clients et nos clients potentiels sont beaucoup plus actives qu’il y a six mois. Ce qu’on voit, c’est que nos clients regardent de nouveaux vers l’avant. Ils regardent la planification stratégique de leur flotte.» À la fin octobre, Airbus avait déjà livré 179 appareils sur un carnet de commande de 643 avions.

Le programme devrait atteindre la rentabilité en 2026. «Il faut garder en tête que ce n’est pas du tout une trajectoire inhabituelle. Ce n’est pas atypique par rapport aux autres programmes que nous avons développés.»

La rentabilité de l’A220 sera liée à l’augmentation de la production, explique M. Schultz. «Il faut du volume. Nos équipes de vente sont très actives. Il faut le produire en plus grande quantité et avoir des économies d’échelle, c’est ce qu’on fait avec l’accélération de la production.»

Le développement d’une version allongée du A220 pouvant accueillir plus de 160 passagers, évoquée à plusieurs reprises par des dirigeants de la société et des clients, demeure une possibilité, mais ce projet n’est pas envisagé dans l’immédiat, répond le PDG. 

«On reste concentrés sur nos quelques priorités de programme: satisfaire nos clients qui ont déjà les avions, continuer à préparer la montée en cadence de la production et continuer à rendre le programme efficace.»

 

Pas de nouvelles usines à Mirabel

Airbus Canada a également abandonné l’idée de construire deux nouvelles usines à Mirabel qui auraient accueilli un programme d’avions de chasse pour l’armée canadienne et un programme de satellite pour Télésat. 

Simon Jacques, président d’Airbus Défense et Espace Canada, avait évoqué cette possibilité au début de l’année 2019. L’entreprise ne s’était pas prononcée sur ce projet depuis.

Après s’être qualifié et avoir mené des discussions avec les gouvernements provinciaux et fédéraux, Airbus a décidé de se retirer du processus d’appel d’offres de remplacement de la flotte de F18 de l’armée canadienne, a répondu M. Jacques. Il n’a pas précisé pour quelle raison Airbus s’est désistée, mais souligne que l’entreprise doit prendre en compte «les risques et les coûts» quand vient le temps d’analyser les projets dans le secteur de la défense.

Quant au contrat de Télésat, Airbus avait envisagé Mirabel ou la Floride pour l’assemblage, mais la décision a été prise de le faire en Europe.  

Airbus Défense, dont le siège social canadien est à Ottawa, a obtenu son premier contrat d’envergure en 2016. Le fédéral lui a commandé 16 avions de recherche et de sauvetage. Il s’agit d’un contrat de 3,7 milliards $, en incluant l’entretien pour une durée de 20 ans. Sept appareils ont été livrés jusqu’à maintenant et la totalité devrait être livrée en 2022.

Airbus fait des démarches pour obtenir un contrat afin de remplacer la flotte de Polaris A310 de l’Aviation royale canadienne (ARC) par des A330 MRTT. L’entreprise négocie avec le fédéral afin de voir quelles composantes de l’appareil seront produites au Canada. «C’est un avion qui est déjà en opération dans 13 nations. Une chose est sûre, le contrat va être fait d’une façon à ce qu’il y ait des retombées économiques au Canada.»

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