Aedifica stimule sa créativité en attaquant l'international


Édition du 06 Mai 2017

Aedifica stimule sa créativité en attaquant l'international


Édition du 06 Mai 2017

Aedifica a notamment travaillé sur l’hôpital Saint-Michel de Jacmel, en Haïti.

Série 1 de 3
Les Affaires vous présente des entreprises québécoises actives à l’international qui ont su faire de la mobilité leur plus grand atout.

Faire des affaires hors du Canada comporte son lot de défis et de difficultés : bouleversements politiques, complexité culturelle, risques financiers. Malgré cela, l'aventure internationale peut être un catalyseur pour l'innovation et une manière d'accroître sa rentabilité financière et sociale. Et c'est précisément ce que recherche Aedifica, une firme montréalaise d'architecture, de design et d'ingénierie.

En 2010, la terre a tremblé en Haïti, détruisant une bonne partie du pays. Aedifica, qui participait à la reconstruction, était responsable des travaux sur les hôpitaux de Gonaïves et de Jacmel. Elle devait entre autres mettre en place un nouveau système de traitement des eaux résiduelles. Les autorités haïtiennes voulaient un dispositif électro-mécanique classique, sauf qu'un tel système coûte cher et demande beaucoup d'entretien. La firme montréalaise a plutôt proposé une solution innovatrice et autonome de marais filtrant qui fonctionne sans électricité, par gravité, avec des filtres naturels de plantes et de graviers, et dont résulte une qualité d'eau qui respecte les normes canadiennes.

«Au Canada, tout est encadré et strictement réglementé. Ça freine la créativité. Faire affaire en Haïti nous a enseigné qu'il y avait d'autres façons de faire les choses. Ça nous a sortis de notre zone de confort et nous a poussés à innover», dit le directeur du développement international, Lenin Cruz.

Avant Haïti, l'expérience internationale d'Aedifica se résumait à sa présence aux États-Unis depuis 20 ans. Les pays émergents, que l'entreprise essaie maintenant de développer, sont une autre paire de manches. L'instabilité politique, notamment, engendre des risques financiers. Un coup d'État pourrait par exemple faire dérailler un projet, ce qui se traduirait par des pertes dues à des contrats non payés. La fluctuation du taux de change peut également donner des maux de tête aux responsables, tout comme les restrictions migratoires, qui rendent parfois difficile l'obtention d'un visa de travail.

Tisser des liens d'affaires

L'envers de la médaille est que ces difficultés repoussent bien des firmes. Comme l'offre est faible, que le marché n'est pas saturé et que la nature des travaux demande souvent d'innover, les contrats dans les pays émergents permettent souvent d'obtenir de fortes marges de profits. Ils présentent également une meilleure rentabilité sociale.

«Reconstruire un hôpital en Haïti et participer au transfert de connaissances, c'est valorisant. Ça fait une grande différence dans la vie des gens. C'est bien de repartir en laissant du savoir, pas seulement du béton», dit Lenin Cruz.

Tisser des liens d'affaires avec des gens installés de l'autre côté du globe est par contre souvent difficile. Les rencontres payantes sont d'ailleurs parfois le fruit d'un mélange de bonne fortune et de préparation. En octobre dernier, Aedifica a par exemple décidé de participer à un événement adressé aux Canadiens d'origine camerounaise ayant pour but d'inciter la diaspora à investir dans le logement au Cameroun. Il s'agissait du Forum de l'habitat et de l'immobilier africain en Amérique du Nord. Flairant une occasion, l'entreprise montréalaise a décidé d'y participer. Bonne décision, puisqu'elle y a rencontré des hauts fonctionnaires camerounais, qu'elle a invités dans ses bureaux. L'événement s'est avéré une occasion en or pour l'entreprise d'enrichir ses connaissances de la culture d'affaires camerounaise, de faire connaître sa propre culture d'entreprise et d'élargir son réseau de contacts en vue d'un développement futur des affaires au Cameroun.

De plus, la technologie facilite l'entretien des relations professionnelles. «Il y a 10 ans seulement, Internet était souvent très lent dans les pays émergents. Pareil pour le courriel : parfois ça marchait, parfois pas. Aujourd'hui, Internet est plus performant», dit Lenin Cruz. En Haïti, par exemple, les architectes d'Aedifica déployés sur le terrain ont pu profiter de technologies de communication comme Skype pour coordonner les travaux avec les bureaux canadiens, mais aussi avec l'entrepreneur pour le projet, qui était en Espagne, et avec les décideurs de la firme d'ingénierie, qui étaient au Japon.

L'an dernier, Lenin Cruz a passé 35 % de son temps hors du pays, contre 85 % en 2015. Maintenir des liens avec sa famille est devenu important. Surtout maintenant qu'il a des enfants.

«Ils veulent me voir, et je veux les voir», dit-il. En s'appelant tous les jours, Lenin Cruz et sa famille ont trouvé une façon de faire fonctionner son choix de carrière, qu'il apprécie. Parce que travailler à l'international peut être une corvée pour certains, mais un idéal pour d'autres.

«Dans mon cas, c'était un choix, dit Lenin Cruz. J'ai quitté le Mexique en 2005 pour travailler à l'international. Quand je suis longtemps au pays, voyager me manque un peu parce que c'est une source quotidienne de nouveaux défis, autant culturels que professionnels.»

Aedifica en bref

Chiffre d'affaires (2016) : 20,6 M$ (dont 4 M$ hors Canada)

Employés
160 : Montréal
55 : États-Unis
10 : Haïti
Fondation : 1979

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