«Il faut mettre le marché du carbone sur les stéroïdes», dit Christiana Figueres, devant le CORIM

Publié le 29/09/2014 à 10:35

«Il faut mettre le marché du carbone sur les stéroïdes», dit Christiana Figueres, devant le CORIM

Publié le 29/09/2014 à 10:35

Par Julie Cailliau

Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la convention-cadre des Nations-Unis [Photo: CORIM]

C’est un appel vibrant, pressant, urgent que Christiana Figueres a lancé au Québécois, et en particulier au secteur privé, fin septembre à Montréal.

La secrétaire exécutive de la convention-cadre des Nations-Unis sur les changements climatiques était invitée vendredi dernier par le CORIM à venir expliquer le processus qui devrait conduire à la signature d’une politique internationale de lutte contre le réchauffement de la planète, à Paris, en décembre 2015.

Voyant les changements climatiques comme «la plus grande menace, mais aussi la plus grosse occasion [de développement économique]», elle a invité l’assistance à créer «une économie totalement différente, faible en carbone». Ce «changement de perspective majeur» touche tous les secteurs, soutient Mme Figueres. Foresterie, agriculture, transport, finance, assurances… Tous les représentants de ces secteurs réclament «un prix sur le carbone», affirme la diplomate.

Le Québec fait partie des chefs de file, a-t-elle rappelé, reconnaissante. Le marché du carbone du Québec et celui de la Californie sont reliés depuis le 1er janvier dernier, une première mondiale pour des états fédérés de pays différents. La première mise aux enchères conjointe de droit d’émissions de gaz à effet de serre aura lieu le 19 novembre.

«Mais ce n'est pas assez. Il faut continuer à tisser le réseau qui va nous amener plus loin […] Il faut mettre le marché du carbone de Montréal sur les stéroïdes.»

Pour Mme Figueres, ces initiatives locales doivent être renforcées et reliées entre elles pour constituer les piliers qui soutiendront le cadre politique international. «Les villes et les régions doivent mettre en place les politiques et les infrastructures pour porter la structure internationale qui sera signée à Paris. […] Tout le monde doit monter a bord. Oui, nous le faisons pour la planète, mais aussi car c'est dans notre intérêt direct. Il faut construire des ponts vers ceux qui n'ont pas encore compris ça.»

Pour les organisations subnationales, les provinces notamment, c’est «une occasion stratégique de se faire entendre», fait valoir Mme Figueres, car les gouvernements auront besoin d’idées et d’arguments à présenter à la table des négociations d’ici à la conférence de Paris sur le climat.

«C’est un processus très difficile», reconnaît-elle. De fait, la rencontre de Paris sera la 21e du genre.

Mais elle trouve des raisons d’espérer. Le Congrès des Nations-Unies sur le climat, le 23 septembre à New York, a été l’occasion d’une forte mobilisation non seulement des citoyens (« 2060 événements dans quelque 162 pays , a-t-elle recensé), mais aussi des entreprises. «Tous les secteurs de l’économie se sont engagés fermement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020. » En particulier, six sociétés pétrolières (Statoil, BG Group, ENI, Pemex, PTT et Southwestern Energy) ont annoncé qu’elles formaient une coalition pour réduire leurs émissions de méthane. Et un groupe d’investisseurs majeurs, dont la fondation des frères Rockefeller, a annoncé qu’il désinvestirait 50 milliards de dollars du secteur pétrolier, dans un geste de lutte contre les changements climatiques.

«Il y a quelque chose dans l’air quand les Rockfeller [emblématiques de l’industrie du pétrole] font une telle sortie!»

«Ce qui est en jeu est l'avenir de l'humanité. Sans exagération... Sans exagération…», a répété Mme Figueres. Et pour elle, un compte-à-rebours de 15 mois d’ici Paris est commencé.

 


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