Rite Aid: Jean Coutu pourrait céder ses actions

Publié le 10/04/2009 à 00:00

Rite Aid: Jean Coutu pourrait céder ses actions

Publié le 10/04/2009 à 00:00

Par François Rochon

" On a toujours suggéré que Jean Coutu donne ses actions de Rite Aid à ses actionnaires pour que la société n'ait plus à consolider tous ces résultats négatifs dans son bilan ", dit Alain Chung, gestionnaire de portefeuilles chez Claret.

Le 2 avril, Rite Aid a radié le solde de la valeur des écarts d'acquisition (1,81 milliard de dollars américains) liée principalement à l'achat des pharmacies Brooks Eckerd de Jean Coutu en 2008.

Cette charge se traduira par une perte par action de 3,16 $ pour le Groupe Jean Coutu, selon Ryan Balgopal, analyste chez Scotia Capitaux.

L'idée de donner les actions de Rite Aid aux actionnaires de Jean Coutu a été évoquée par le président et chef de la direction de celle-ci, François Jean Coutu, en novembre 2008. Il se donnait six mois pour trancher, délai qui expire ces jours-ci.

" Rien ne sera annoncé avant la publication des résultats trimestriels le 27 avril ", indique la porte-parole de la chaîne de pharmacies, Hélène Bisson.

Les experts croient encore à Jean Coutu

Que la société montréalaise se départisse ou non de sa participation dans Rite Aid, ça ne change rien à l'intérêt à l'égard du titre de Jean Coutu que manifestent les deux gestionnaires de portefeuilles à qui nous avons parlé.

" Le marché accorde une valeur nulle aux actions de Rite Aid. La partie qui a de la valeur chez Jean Coutu, c'est le Québec. Ce bijou fonctionne très bien et génère beaucoup de liquidités ", dit M. Chung.

" Nous avons acheté des actions à un cours de 9 $ et moins. On peut prévoir un rendement annuel entre 10 et 15 % pendant cinq ans ", ajoute-t-il.

Pierre Bernard, de IA Clarington, a lui aussi fait le plein d'actions du pharmacien. " C'est encore le temps d'en acheter. Jean Coutu est une valeur intéressante, affirme le portefeuilliste. Ce serait une erreur de penser que les dirigeants de Jean Coutu ont perdu l'art de gérer des magasins au Québec. "

Les analystes partagent cet optimisme. Le 3 avril, la Financière Banque Nationale a augmenté de 1 $ son cours cible d'un an, à 9 $, et ce, en dépit des piètres résultats dévoilés par Rite Aid.

Même si les perspectives de Jean Coutu aux États-Unis semblent anéanties, son potentiel de croissance reste intéressant au Canada, croient les experts.

" Jean Coutu doit continuer d'afficher de bons résultats au Québec, qui demeure un marché de croissance ", souligne M. Chung. Il ne s'inquiète pas de l'offensive de Pharmaprix/Shoppers Drug Mart au Québec, car il croit qu'il y a de la place pour deux grandes chaînes de pharmacies dans la province.

MM. Chung et Bernard jugent que Jean Coutu consolidera sa position au Québec avant de prendre de l'expansion dans le reste du Canada. " L'expansion s'y fera de façon progressive ", dit M. Bernard, compte tenu de l'expansion ratée aux États-Unis.

Achat d'actions au menu

Avec une dette de seulement 293 millions de dollars, Jean Coutu dispose de fonds excédentaires considérables lui permettant de racheter 12,3 millions de ses actions pour la période de 12 mois se terminant en juillet 2009, selon la Financière Banque Nationale.

M. Chung souhaite que la société poursuive dans la même veine.

Pierre Bernard penche plutôt pour une répartition des fonds entre l'amélioration et l'augmentation du réseau de magasins, le rachat d'actions, le paiement du dividende et la constitution d'une réserve pour pouvoir saisir les occasions d'acquisition.

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