Renaud-Bray met la main sur Archambault

Publié le 19/05/2015 à 10:52, mis à jour le 19/05/2015 à 17:36

Renaud-Bray met la main sur Archambault

Publié le 19/05/2015 à 10:52, mis à jour le 19/05/2015 à 17:36

Par Denis Lalonde

Si le Bureau de la concurrence approuve la transaction, Archambault deviendra la propriété de Renaud-Bray.

Québecor vend ses 14 magasins Archambault à Renaud-Bray pour un montant qui n’a pas été révélé. 

L’entente inclut également le portail archambault.ca ainsi que la librairie de langue anglaise Paragraphe. 

Le Bureau de la concurrence devra toutefois approuver la transaction pour qu’elle puisse se concrétiser. D’ici là, Québecor continuera d’assurer la gestion du Groupe Archambault.

«Le secteur de la vente au détail a dû relever d'importants défis en raison de l'évolution des technologies et de l'apparition des plateformes numériques, des bouleversements qui ont provoqué un changement des habitudes chez les consommateurs. Aujourd'hui, la concurrence ne se retrouve plus de l'autre côté de la rue chez le détaillant, mais provient de grands joueurs internationaux», a déclaré le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Dion, dans un communiqué. Ce dernier s’est dit satisfait qu’Archambault demeure la propriété d’une entreprise québécoise.

À l'issue de cette transaction, Renaud-Bray entend maintenir la bannière Archambault comme entité distincte.

«Par cette acquisition, nous sommes fiers non seulement de préserver la pérennité de l'entreprise et son contrôle par des intérêts québécois, mais aussi de pouvoir assurer une plus grande vitalité à notre secteur d'activité et, par le fait même, à l'ensemble de la chaîne du livre, a ajouté le président de Renaud-Bray, Blaise Renaud.

Fondée en 1965, Renaud-Bray compte 30 librairies, en plus d'une boutique virtuelle et un entrepôt Web.

Québecor avait procédé à l'acquisition d'Archambault en 1995, encore une fois pour un montant qui n'avait pas été révélé.

Martin Tremblay, Vice-président, Affaires publiques, Québecor Média, précise que l’entreprise conserve le distributeur de musique et de vidéo Select, de même que la maison de disques Musicor. La société garde aussi ses 18 maisons d'édition, regroupées sous une autre filiale.

M. Tremblay affirme également que le nouveau chef du Parti québécois et actionnaire de contrôle de Québecor, Pierre Karl Péladeau, n'a pas été consulté sur cette transaction.

Trop de pouvoirs dans les mains d'un seul homme

Ce n'est pas une bonne nouvelle. Pour le public, la transaction ne changera pas grand-chose pour le moment, car la bannière Archambault va demeurer. Par contre, je suis inquiète pour la négociation des ententes commerciales avec les distributeurs. Renaud-Bray est en guerre avec le distributeur de livres Dimedia depuis plus d'un an. Quand un joueur détient 25% et bientôt près de 35% du marché du livre au Québec, il a un pouvoir d'acquisition ou de non-acquisition qui devient trop grand», affirme la directrice-générale de l'Association des libraires du Québec, Katherine Fafard.

L'ALQ compte 125 membres à travers le Québec et quelques-uns au Nouveau-Brunswick, en Ontario et en Alberta.

Mme Fafard précise que la transaction, pour l'industrie du livre au Québec, signifierait la concentration de trop de pouvoirs dans les mains du président de Renaud-Bray.

Des chiffres démentis par Renaud-Bray

Le président de Renaud-Bray, Blaise Renaud, soutient que son entreprise est moins dominante que ne le prétend Mme Fafard. Il raconte que le chiffre d’affaires de son entreprise est d’environ 120 millions de dollars annuellement, dont 25% provient de la vente de «produits autres que le livre», comme des jeux, des disques ou des films.

Selon cette estimation, les ventes de Renaud-Bray dans l’industrie du livre avoisineraient 90 millions de dollars par année, alors que l’industrie du livre neuf a généré des revenus d’un peu plus de 622 millions de dollars au Québec en 2014, selon des chiffres de l’Institut de la statistique du Québec. Cela donnerait, pour 2014, une part de marché d’un peu plus de 14% à Renaud-Bray.

«D’autre part j’ai toujours mis en doute l’exactitude de ces statistiques. Quand un consommateur québécois achète un livre sur Amazon.com, Amazon.ca ou chez la Fnac en France, ce sont des statistiques qui ne sont pas comptabilisées, ni comptabilisables, par les autorités de la statistique québécoise. On se retrouve donc année après année en situation de sous-estimation des ventes réelles», dit M. Renaud. 

Ce dernier n’a pas voulu préciser quelle serait la part de marché de son entreprise dans l’industrie du livre au Québec si l’acquisition d’Archambault était approuvée par le Bureau de la concurrence, expliquant que les ventes de la filiale de Québecor étaient confidentielles.

En ce qui concerne le conflit avec Dimedia, le président de Renaud-Bray a tenu à relativiser la situation, précisant que l’entreprise avait «plusieurs centaines de fournisseurs avec qui elle entretenait des relations cordiales et rentables pour les deux parties».

L'ADISQ souhaite qu'Archambault conserve sa vocation musicale

L'industrie musicale, qui vend plus de 50% de ses disques en magasins, espère que le mariage Archambault/Renaud-Bray se fera sans heurt pour les artistes de la province.

«Les magasins spécialisés comme Archambault, qui accordent une place importante à la musique, ont toujours constitué des partenaires de choix pour nous. On espère que l'importance de la musique sera maintenue par le nouveau propriétaire», raconte Solange Drouin, vice-présidente aux affaires publiques et directrice-générale de l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ).

Mme Drouin explique que la place de la musique a diminué beaucoup récemment chez Renaud-Bray, elle espère que la banière Archambault conservera sa signature distincte.

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