Pizza Pizza s'attaque au Québec


Édition du 11 Mars 2017

Pizza Pizza s'attaque au Québec


Édition du 11 Mars 2017

Chez Pizza Pizza, une franchise requiert un investissement de base de 325 000 $ à 350 000 $, dont un versement initial minimum de 100 000 $ en argent.

Déjà passablement engorgé, le marché québécois de la pizza promet de se resserrer encore davantage alors que la torontoise Pizza Pizza bombe le torse et annonce son intention d'accroître significativement sa présence au Québec.

Pizza Pizza Royalty Corp (Tor, PZA), qui compte déjà plus de 730 pizzérias au pays, dont 552 en Ontario seulement, connaît une croissance rapide et entend ouvrir à Montréal de «8 à 10 pizzérias» supplémentaires au cours des onze prochains mois. C'est ici, plus que nulle part ailleurs, que l'entreprise planifie sa croissance des prochaines années.

«Le Québec constitue pour nous un marché fantastique où nous espérons ouvrir nombre de nouveaux restaurants, tant à Montréal et dans ses environs que dans les autres régions de la province», dit en entrevue avec Les Affaires Sebastian Fuschini, vice-président principal des franchises chez Pizza Pizza.

À ce jour, l'entreprise ontarienne compte pas moins de 50 restaurants au Québec, dont 16 comptoirs express, situés tant à Montréal et à Gatineau qu'à Rouyn. En 2016, grâce à l'ouverture de six restaurants, ses ventes ont grimpé de 23 % à Montréal. Toutefois, la pizzéria demeure encore absente de territoires aussi importants que Sherbrooke, Trois-Rivières ou Québec.

Une situation qui ne saurait durer si l'on se fie aux efforts qu'elle déploie pour courtiser les franchiseurs du Québec. Chez Pizza Pizza, une franchise requiert un investissement de base de 325 000 $ à 350 000 $, explique M. Fuschini, dont un versement initial (down payment) minimum de 100 000 $ en argent. Par la suite, les redevances au franchiseur s'élèvent à 6 % des revenus du franchisé, et les dépenses de publicité, à 4 % à Montréal et à 6 % ailleurs.

Pizza Pizza refuse de dévoiler à combien s'élèvent les ventes moyennes par restaurant, un indicateur de performance clé dans l'industrie. Tout au plus, l'entreprise parle, pour son exercice 2015-2016, de ventes de 533,8 M$ au pays. Des revenus qui dépendent à 60 % de son service de livraison à domicile.

Si elle compte plus de 500 succursales dans la province voisine, combien pourrait-elle en avoir au Québec ? Pizza Pizza, qui a déjà ouvert 22 restaurants et comptoirs au cours des trois dernières années dans la province, refuse de révéler son jeu.

Le hic, c'est qu'en débarquant dans la seconde province du pays sur le plan de la population, la torontoise ne s'attaque pas à un territoire vierge. Domino's Pizza, qui occupe la part du lion aux États-Unis, est présente au Québec depuis des années. Il en va de même des Double Pizza, Boston Pizza, Mikes et Pizza Hut.

Et c'est sans compter le créneau des pizzérias indépendantes ou régionales, comme Pizzaiolle, F+F Pizza, Pizzéria No. 900, La Brigade, Pizzeria 67, lesquelles occupent aussi des parts particulièrement importantes dans la province. «C'est une autre caractéristique distinctive du Québec, confirme Martin Vézina, porte-parole de l'Association des restaurateurs du Québec (ARQ). Pas moins de 65 % des restaurants d'ici sont dits indépendants [non liés à une grande chaîne]. À titre de comparaison, en Ontario, les indépendants ne comptent que pour 52 %.»

Qu'à cela ne tienne. Malgré une concurrence déjà féroce, Jordan Lebel, professeur de marketing alimentaire à la John Molson School of Business de l'Université Concordia, est d'avis que le marché du Québec peut survivre aux ambitions expansionnistes de Pizza Pizza. En d'autres mots, Montréal et le reste de la province n'auraient pas encore atteint leur niveau de saturation.

Il en va de même de la lecture de Derek J. Lessard, analyste financier chez TD Valeurs mobilières. Dans un rapport publié en 2010 sur les possibilités d'expansion de Pizza Pizza au pays, il estimait qu'avant d'atteindre son niveau de saturation, le Canada pouvait encore accueillir 535 nouvelles pizzérias, incluant 265 au Québec. Du nombre, la torontoise pouvait espérer s'accaparer au moins le tiers des ouvertures envisagées avant d'atteindre le niveau de saturation, estimé alors par l'analyste à une pizzéria par 15 000 habitants.

Les pizzas sont tendance et sont de plus en plus présentées comme des aliments santé. Selon le professeur Lebel de l'Université Concordia, le seul problème de Pizza Pizza se rapporte à la notoriété. «Aussi importante soit-elle au Canada, sa marque demeure encore peu connue au Québec.»

Pour parvenir à exploiter son plein potentiel, Pizza Pizza devra, selon M. Lebel, s'atteler à augmenter sa notoriété spontanée. Comme les Rôtisseries St-Hubert lorsqu'on parle de poulet, «elle doit aspirer à devenir la première marque à surgir dans l'esprit des Québécois lorsque vient le temps de commander une pizza.»

Sinon, pour accroître ses parts de marché, il reste à l'entreprise à envisager le créneau des pizzas surgelées, duquel elle demeure absente, ou encore la voie de l'acquisition d'entreprises existantes, comme elle l'a fait en 2007 avec Pizza 73, dans l'ouest du pays.

Au Québec, plusieurs cibles, dont la montréalaise Double Pizza, seraient à sa portée. La torontoise n'a pas voulu commenter.

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