Aubainerie: nouvelle entité, nouvelles ambitions de croissance

Offert par Les Affaires


Édition du 07 Novembre 2015

Aubainerie: nouvelle entité, nouvelles ambitions de croissance

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Édition du 07 Novembre 2015

Par Martin Jolicoeur

« Chez Aubainerie, on ne fonctionne pas par coup de cœur ni par coup de tête », dit J. Pedro Lopez, pdg.

Près d'un an après son entrée en fonction, le nouveau pdg J. Pedro Lopez ne s'en cache plus. La chaîne Aubainerie, déjà présente dans à peu près toutes les régions du Québec, passe en mode croissance.

Croissance par acquisition. Croissance par diversification. Croissance par vente électronique. Croissance par création de nouvelles enseignes. Croissance, enfin, par élargissement de son territoire.

Parler de croissance tous azimuts serait un brin exagéré, laisse entendre J. Pedro Lopez, le patron de cette entreprise québécoise fondée en 1944. Mais à l'évidence, à peu près toutes les options de croissance semblent ouvertes pour celui qui a surtout fait carrière dans le pharmaceutique (Familiprix, Uniprix, McKesson) et l'automobile (H. Grégoire) avant de se joindre à Aubainerie à partir de 2013.

Déjà, dans la plus grande discrétion, l'entreprise a avalé en août 2014 son plus important fournisseur de vêtements, le Groupe Boyz. L'entreprise, située rue Louvain, dans Ahuntsic, fabriquait déjà le cinquième des vêtements vendus sous différentes marques maison par Aubainerie.

«Maintenant, nous pouvons mieux contrôler nos standards de qualité et de production, tout en profitant de nouvelles sources de revenus. Zara le fait, pourquoi pas nous?» demande M. Lopez, qui parle ouvertement de cette acquisition pour la première fois. C'est qu'en plus d'Aubainerie, Boyz produit des vêtements pour d'autres détaillants concurrents, tels que Costco et FGL Sports.

Au moment de son acquisition, Boyz enregistrait un chiffre d'affaires de moins de 5 millions de dollars, chiffre qui aurait presque doublé depuis, grâce entre autres à une percée mexicaine, indique le dirigeant. Les ventes du réseau de franchises Aubainerie avoisineraient, elles, les 300M$. L'entreprise compte 2 600 employés.

Création d'un holding

Pour mieux intégrer l'entreprise manufacturière à ses activités de ventes au détail, la société a créé une toute nouvelle entité du nom d'AUB Corp qui, à titre de holding, chapeautera dorénavant à la fois le Groupe Boyz, les 58 magasins Aubainerie (41 magasins et 17 entrepôts), et toute nouvelle entité dont pourraient rêver ses propriétaires.

Ce faisant, la société a enrichi le conseil d'administration de neuf personnes - dont cinq marchands franchisés - de nouveaux venus pour veiller à la bonne gouverne de l'entreprise. Parmi les nouvelles têtes, on retrouve Jacques Nantel, professeur de marketing et vice-président principal de Léger, Patrice Vachon, avocat spécialisé en franchisage chez Fasken Martineau, et Denis Labrecque, fondateur de Norcap, spécialisé en fusion et acquisition d'entreprises.

«Le but est de passer d'une entreprise strictement familiale à une dont la structure est beaucoup plus corporative», dit M. Lopez.

Parmi les projets prioritaires sur lesquels planche la direction figure celui de sortir d'ici 2017 des frontières du Québec. «Nous n'avons pas encore atteint notre point de saturation. Mais disons qu'il n'y aurait guère plus de place au Québec que pour 4 ou 5 Aubainerie. Nous entrevoyons plus de croissance à l'extérieur du Québec.»

AUB Corp ne vise pas encore l'étranger, mais souhaiterait étendre sa présence partout ailleurs au Canada, à commencer par les provinces maritimes. Sur ces marchés principalement anglophones, on n'utilisera pas le nom Aubainerie, même si on empruntera à l'entreprise l'essentiel de son concept.

Bien que réfléchie, la partie ne s'annonce pas gagnée d'avance. Comme au Québec, AUB devra composer avec la concurrence de grands noms comme Reitmans et Walmart. Celle aussi, dans une autre catégorie, de Tigre Géant et de Rossy. Également, enfin, celle de Joe Fresh, qu'on retrouve aussi dans toutes les enseignes alimentaires de Loblaw.

Contrairement au Québec par contre, ces nouveaux magasins d'Aubainerie ne seront pas franchisés. Pour débuter, AUB Corp entend aussi miser sur des emplacements d'environ 10 000 pi2 à l'intérieur de centres commerciaux de catégorie B, plutôt que de type entrepôt, comme en retrouve dans les mégacentres du Québec.

Combien de ces magasins compte-t-il avoir d'ici cinq ans ? Le pdg esquive la question, prétextant que la santé financière de l'entreprise primera la taille du réseau qu'il saura développer. «L'ADN de notre entreprise est de gérer sainement, avec prudence. Ici, on ne fonctionne pas par coup de coeur ni par coup de tête.»

Nouvelles enseignes au Québec

Cette prudence n'est pas synonyme d'un manque d'ambition de la part de celui qui a succédé à Norman Décarie (maintenant à la direction de Sail Pein Air après 16 ans chez Aubainerie). Bien au contraire.

Alors qu'il travaille à l'intégration et à l'expansion de Boyz, de même qu'au développement d'une nouvelle chaîne au Canada anglais, J. Pedro Lopez songe à mettre sur pied de nouvelles enseignes au Québec, quitte à procéder par acquisitions.

«Oui, nous sommes acheteurs, confirme M. Lopez, ajoutant vouloir devenir un «incontournable de la mode». On sait que plusieurs entreprises du détail sont actuellement en difficulté. On nous appelle. Il y a des occasions qui méritent d'être analysées.»

Le pdg est d'avis que les difficultés ou fermetures des Mexx, Parasuco, Jacob, Laura et bien d'autres, ces dernières années, ont laissé en plan plusieurs milliers de clients devenus orphelins. C'est à ceux-ci que le holding pense lorsqu'il envisage la gestion de nouvelles chaînes.

La présence importante d'Aubainerie partout dans la province empêche le patron d'envisager la création d'une nouvelle enseigne généraliste sans risquer de cannibaliser son réseau de franchisés.

Par contre, M. Lopez ne ferme pas la porte au lancement d'une nouvelle enseigne ciblant des créneaux plus spécifiques, comme ceux de la femme ou de l'enfant.

«Je suis convaincu qu'il y a encore de la place au Québec pour des magasins ciblant la bonne clientèle et offrant des produits de qualité.»

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