La SQDC croit avoir arraché près de la moitié du marché illicite

Publié le 15/10/2020 à 09:34

La SQDC croit avoir arraché près de la moitié du marché illicite

Publié le 15/10/2020 à 09:34

Par La Presse Canadienne

(Photo: Ryan Remiorz pour La Presse canadienne)

Deux ans après l’ouverture de ses premières boutiques, la Société québécoise du cannabis (SQDC) estime avoir arraché près de la moitié du marché illicite et prévoit atteindre l’objectif de verser un dividende de 50 millions $ dans les coffres de l’État à la fin de son année financière.

Les problèmes de démarrage — marqués par des tablettes vides à travers ses 12 points de vente à l’époque et de nombreux produits en rupture de stock — étant chose du passé, le président-directeur général de la société d’État, Jean-François Bergeron, souhaite maintenant mettre de l’avant une série d’initiatives destinées à mieux accompagner les consommateurs et à réduire les contacts physiques dans le contexte de la crise sanitaire.

« Le 50 % (du marché noir), on le voyait peut-être plus au cours de la troisième année », a-t-il expliqué au cours d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne visant à souligner la date du 17 octobre qui marque la légalisation de la consommation du cannabis à des fins récréatives au Canada.

« C’est plus agressif que l’on pensait. Je pense qu’on peut atteindre 75 % (du marché illicite) dans deux ans. »

La SQDC évalue sa part de marché en estimant qu’il se consomme environ 150 millions de grammes de marijuana en une année au Québec.

Selon M. Bergeron, la société d’État a pu convaincre davantage de consommateurs de se tourner vers elle en proposant plus de 200 produits différents dans chaque succursale, un prix « concurrentiel » qui était de 6,67 $ le gramme (taxes incluses) au premier trimestre, un réseau dont l’empreinte s’élargit ainsi qu’un service−conseil apprécié.

« Je ne dis pas que le marché noir n’offre rien, mais le revendeur dans la rue, il n’a pas 200 produits dans son manteau », a-t-il lancé.

Le réseau de 46 boutiques devrait passer à environ 70 points de vente au terme de l’exercice, en mars, avant d’atteindre près de 100 établissements vers 2023. La pandémie de COVID-19, qui a temporairement paralysé l’activité sur les chantiers de construction au printemps, a ralenti l’ouverture de succursales, mais la SQDC met les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu.

Tous ces éléments font en sorte que la société d’État devrait générer un dividende de quelque 50 millions $, a indiqué M. Bergeron. Il s’est toutefois montré prudent lorsqu’interrogé sur la possibilité que cette cible soit dépassée. Au premier trimestre terminé le 20 juin, la SQDC avait multiplié ses profits par sept, à 9,74 millions $.

Les profits de la SQDC doivent être consacrés à la prévention et à la recherche en matière de cannabis.

Pandémie oblige

Le secteur du commerce de détail n’a pas été épargné par les secousses provoquées par la propagation du nouveau coronavirus et cela oblige la société d’État à s’adapter à la montée grandissante du commerce en ligne.

Déployé à Montréal il y a quelques mois, le service de livraison le jour même a été implanté à Laval et s’étendra dans d’autres régions, où les succursales pourraient être sollicitées pour expédier la marchandise, a expliqué M. Bergeron.

De plus, dans quatre boutiques, la SQDC teste un service où le consommateur peut appeler pour parler à un conseiller et lui demander de préparer sa commande. Le nouvel outil « ma succursale » permet également à un consommateur de choisir son point de vente pour y vérifier les stocks disponibles.

« Ce sont des façons de rendre l’expérience d’accompagnement agréable, mais avec moins de contacts physiques, a illustré M. Bergeron. Si tout va bien, nous pourrions étendre le service de réservation à grande échelle et éventuellement effectuer la livraison depuis les boutiques. »

Celui-ci aimerait également mettre sur pied une plateforme virtuelle qui permettrait aux consommateurs d’avoir une idée des produits qui se trouvent dans les contenants scellés et que les conseillers ne peuvent ouvrir. La SQDC a déjà commencé à analyser certaines informations dans ce dossier, a précisé M. Bergeron.

Lentement, les produits comestibles se sont installés à la SQDC, mais contrairement à d’autres provinces, on ne retrouve pas de chocolats, jujubes et autres confiseries en raison du cadre législatif plus restrictif au Québec. L’offre devrait continuer à se limiter à des thés, différents types d’eau gazéifiée ainsi que du haschich. La catégorie des breuvages représente moins de 3 % des ventes, selon M. Bergeron, qui a ajouté que ces produits sont néanmoins appréciés.

 


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