La passion du bois pour résister face aux grandes surfaces

Publié le 16/06/2015 à 19:10

La passion du bois pour résister face aux grandes surfaces

Publié le 16/06/2015 à 19:10

Au début des années 1990, le magasin Langevin & Forest s’est trouvé un créneau : le bois. Depuis, ce commerce situé dans l'est de Montréal est devenu la référence des ébénistes et des entrepreneurs qui utilisent ce matériau. Henri Turcot, propriétaire depuis 1988, a amorcé ce virage. Cibler une niche s'est avéré payant. « Je ne crois pas que l'entreprise aurait survécu sinon », dit Marc-André Belisle, aujourd'hui directeur général de l'entreprise.

Dans les années 1980 et 1990, l'arrivée des grandes surfaces provoquait la fermeture de plusieurs magasins et bannières pourtant bien établis dans le domaine de la quincaillerie et des matériaux de construction. Langevin & Forest s'est lancé dans la vente du bois franc indigène et exotique, après avoir embauché deux personnes spécialisées en la matière dont le commerce avait fait faillite. « Aujourd'hui, tous les jours, il y a des gens qui franchissent la porte et disent avoir été recommandés par des employés de magasins concurrents», assure M. Belisle.

Langevin & Forest a voulu se positionner comme le magasin offrant le plus grand choix de bois francs et de bois résineux au Québec. Au départ, certaines cours à bois fournissaient les entreprises et les ébénistes. Langevin & Forest a décidé de devenir « un guichet unique pour les ébénistes, les amoureux du bois, les artisans, les entrepreneurs et le grand public », explique Marc-André Belisle.

Cette formule demeure relativement unique. « Si on regarde l'outillage qu'on vend, il y a des entreprises au Québec qui ne vendent que ça. Même chose pour les produits de finition, de teintures, etc. Chez nous, le grand public vient pour poser des questions et repartir avec tout ce dont il a besoin ».

Avec les années, l'espace dédié à la quincaillerie traditionnelle a progressivement laissé sa place au bois et aux accessoires. Langevin & Forest offre aujourd'hui plus de cent essences différentes de bois dans un magasin de 7000 pieds carrés et une cour extérieure s'étalant sur 100 000 pieds carrés.

Sur 8 000 produits en vente dans le magasin, environ 80 % sont du bois et 15 % sont des outils et des accessoires pour le travailler. Langevin & Forest continue d'exploiter cette portion de manière indépendante, alors que sa section de quincaillerie traditionnelle, qui représente 5 % de son inventaire, opère sous la bannière de BMR.

Réseau international de fournisseurs

Se concentrer sur une telle spécialité n'est pas sans défi. « Il faut maintenir un réseau international d'approvisionnement, souligne Marc-André Belisle. On achète dans tous les coins du monde. Donc, il a fallu développer des contacts privilégiés avec certains distributeurs. Et il faut constamment entretenir ce réseau ».

Une niche exige aussi un travail particulier auprès des clients potentiels. Langevin & Forest s'assurent d'être visibles auprès de son public cible en commanditant, entre autres, les activités des écoles d'ébénisterie ou d'associations d'artisans.

« Étant un magasin de destination, on va loin, très loin pour chercher notre clientèle ». M. Belisle aimerait bien ouvrir un autre magasin, mais « ce n'est pas évident parce qu'on développe une bonne expertise. Il faut que je m'assure qu'on ait des gens capables de bien conseiller les clients».

Engouement pour le bois de construction

Grâce à sa boutique en ligne, qui donne accès à près de 7 000 produits, Langevin & Forest commence tout de même à réaliser des ventes auprès de clients en Ontario et au Nouveau-Brunswick.

Vis-à-vis le grand public, il y a « un combat quotidien pour convaincre le client que les prix sont compétitifs », puisque, selon lui, la perception erronée selon laquelle un magasin spécialisé vend ses produits plus cher demeure tenace.

En se concentrant autour d'un créneau, n'y a-t-il pas un risque de devenir vulnérable aux aléas de la mode ? « Comme le coeur de notre entreprise est le bois, on touche une clientèle variée, rétorque M. Belisle. C'est surprenant de voir que lorsque les entrepreneurs achètent moins, ce sont les artisans qui achètent plus. Donc, cela nous permet tout de même de diversifier notre risque ».

S'il remarque que l'industrie de l'ébénisterie semble ralentir depuis une quinzaine d'années, il note en parallèle un engouement pour le bois dans les constructions commerciales en raison de ses vertus écologiques. « Cette clientèle est de plus en plus intéressée à avoir du bois responsable. Je pense que c'est un beau créneau ».

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